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Muammar Kadhafi : «Que fait l'armée française en Afrique?»
LIBYE Un entretien avec le Guide, qui
reçoit aujourd'hui pour la première fois à Tripoli un président de la
République française afin de développer des relations normalisées
LE FIGARO
Paris
Les murs de Tripoli annoncent la
couleur : en accueillant pour la première fois un président français,
Muammar Kadhafi reçoit un égal en ferveur révolutionnaire. Sur des
affiches de huit mètres de haut, des gravures d'époque illustrent les
principaux événements de 1789, accompagnées de légendes en français et en
arabe : «La prise de la Bastille par les révolutionnaires français» ou,
commentant le serment du Jeu de paume : «La liberté en premier.» Plus
loin, une autre affiche montre un drapeau tricolore et un drapeau vert
libyen enlacés. Elle salue «la rencontre des pionniers» entre «la première
République» et «la première Jamahiriya», le néologisme libyen désignant la
«République des masses». Kadhafi se pose en continuateur : ici, selon le
dogme, la démocratie a franchi un pas de plus puisque c'est le peuple qui
gouverne, avec Muammar Kadhafi comme Guide.
Ces fières déclarations envoient un signal : après avoir donné beaucoup de
gages à la communauté internationale, l'ex-«Etat paria» n'entend pas jeter
son idéologie avec l'eau du bain. Un exercice difficile pour le Guide, qui
tente de sauver les acquis tout en réformant de l'intérieur un système
vieilli. Son premier ministre, Choukri Ghanem, formé aux Etats-Unis, a
annoncé récemment la fin progressive de la subvention des produits de
base, de l'électricité à la farine, en échange du doublement de salaires,
tandis que le pays étend son empire financier à l'étranger, à travers des
holdings gérés par Seif el-Islam, le fils aîné de la deuxième femme du
Guide.
Mais ce dernier, qui à 63 ans peut compter sur la durée, se réserve la
grandeur. Recevant sous une tente plantée au milieu des hauts murs d'une
caserne de Tripoli, un troupeau de chameaux paissant tranquillement à
quelques mètres, Kadhafi demande son dû. Coiffé du bonnet noir
traditionnel, enveloppé dans un long manteau d'hiver marron, le Guide
reprend ses marques, argumentant posément, loin du personnage hiératique
qu'il compose parfois pour les caméras. Le discours est pragmatique.
Muammar Kadhafi enterre sans fleurs ni couronnes des ambitions nucléaires
dont il reconnaît volontiers qu'elles posaient plus de problèmes qu'elles
n'apportaient de solutions. Mais il attend de recevoir le prix de sa
collaboration au nouvel ordre mondial : un blanc-seing pour son système
politique. Ses allusions à la Syrie ou même à l'Irak de Saddam Hussein
sont assez claires : dans la région, les Etats forts restent à ses yeux un
rempart contre le développement du fondamentalisme musulman, terme qu'il
n'utilise pas lui-même, lui préférant toujours l'expression «idéologie
terroriste». Une formule qui, pour lui, englobe les djihadistes
internationaux aussi bien que certains Etats, en qui tout le monde
reconnaîtra certaines monarchies du Golfe, dont l'inimitié avec la Libye
n'est pas un secret.
Maintenant qu'elle est revenue dans le concert des nations et qu'elle a
renoncé à la bombe, plaide Kadhafi, la Libye doit retrouver tous les
moyens de sa puissance, sous protection internationale. Elle doit aussi se
voir reconnaître un rôle d'acteur prépondérant sur le continent africain.
Sur ce terrain, Muammar Kadhafi n'hésite pas à s'interroger sur la
présence militaire française en Afrique, à la veille de la visite de
Jacques Chirac. Et à opposer sa propre carte de la Méditerranée, qui ne
correspond pas vraiment à celle du processus de Barcelone.
LE FIGARO. – Qu'est-ce qui vous a poussé à renoncer brusquement à votre
programme d'armes nucléaires et chimiques ?
Muammar KADHAFI. – J'ai déjà expliqué cette décision devant le peuple
libyen et devant le monde entier. Ce programme avait été entamé il y a
longtemps. A l'époque, la mode était à la course à l'armement. Chaque Etat
se pavanait avec ses armes de destruction massive. Mais depuis, le monde
s'est développé, les coalitions ont changé, la mappemonde a changé. De
nouveaux défis sont apparus. Nous avons donc dû reconsidérer notre
programme. Nous nous sommes dit : si un pays comme la Libye fabrique la
bombe atomique, que veut-il en faire ? En outre, la Libye risquait de
s'engager dans une production d'armes qui n'était pas de son niveau. Car
ce genre d'armement nécessite une base solide, une grande connaissance
technologique, des vecteurs. Et ces moyens eux-mêmes doivent être
protégés. Et puis, dans quel domaine utiliser cette arme, sur quel théâtre
de combat ? En fait, je pense que cette question se pose à tous les pays
producteurs d'armes nucléaires. Chacun de ces pays se dit : où puis-je
utiliser cette arme que je possède ? Et puis nous, nous n'avons pas
d'ennemi assez défini pour que nous puissions nous dire : «Nous allons
utiliser cette arme contre lui.» Enfin, notre programme nucléaire a
provoqué la crainte chez nos voisins. Donc, la meilleure décision, la
décision la plus courageuse, c'était de le démanteler.
Qu'avez-vous obtenu en échange ?
A vrai dire, nous avons été un peu déçus par la réaction de l'Europe,
des Etats-Unis, du Japon. Ils n'ont pas vraiment récompensé la Libye pour
sa contribution à la paix internationale. Et nous sommes encore dans
l'expectative. Si nous ne sommes pas récompensés, d'autres pays ne vont
pas suivre notre exemple et démanteler à leur tour leur programme. Quand
nous nous sommes entretenus avec la Corée du Nord, et l'Iran, qu'on
soupçonne d'avoir des programmes nucléaires, ils ont dit : «Mais en ce qui
vous concerne, quelle est la rétribution ? Qu'est-ce que vous avez obtenu
de la communauté internationale ? Donc, pourquoi voulez-vous que nous
démantelions notre programme ?»
Quelles sont ces récompenses que la Libye n'a pas obtenues ?
Par exemple : normalement, un pays qui se débarrasse de ses armes de
destruction massive devrait au moins obtenir des garanties quant à sa
sécurité nationale de la part de la communauté internationale. Deu xiè -
mement, il faudrait peut-être aider ce pays à transformer ce matériel
militaire en matériel à usage civil. Et lui donner la technologie
pacifique en contrepartie de son abandon de la technologie militaire.
Qu'entendez-vous par des «garanties pour la sécurité nationale» de la
Libye ?
Je veux dire que tout pays qui abandonne de tels programmes doit
recevoir une garantie pour sa sécurité elle-même. Par exemple, que la
communauté internationale interdise l'emploi de l'arme nucléaire ou
chimique contre ce pays qui a de sa propre initiative démantelé son
programme. Qu'elle lui fournisse des armes défensives pour se prévenir
contre tout danger.
L'Ouest compte maintenant sur la Libye pour jouer un rôle dans la lutte
contre le terrorisme. Que pouvez-vous faire ?
En fait, je vois que ce problème n'est pas traité de façon appropriée.
Aujourd'hui, on mène une sorte de course derrière le terrorisme, et
parfois une sorte de fuite en avant. Tuer quelqu'un par-ci, en arrêter un
autre par-là, écouter des conversations téléphoniques, rechercher des
dépôts d'armes, observer les déplacements de personnes grâce à
l'électronique, ce n'est pas la meilleure façon de procéder. Cela ne
mettra jamais un terme au terrorisme. Car le terrorisme est idéologique,
et il y a une base pour cette idéologie. Il faut d'abord mettre un terme à
cette idéologie du terrorisme. Comme vous le savez, il y a des
institutions qui enseignent le terrorisme. Il y a aussi des ordres, qu'on
appelle les ordres de derviches, ou bien ordres religieux, dans le monde
islamique. Ces ordres, ces systèmes-là, ce sont eux qui répandent le
phénomène terroriste, qui financent le terrorisme en dehors de leur
territoire pour éviter qu'il se retourne contre eux. Et cette idéologie
est encore là. On l'enseigne. Il y a même des systèmes politiques qui sont
construits autour de ces idéologies. C'est l'une des causes principales du
terrorisme. L'autre cause, à mon sens, ce sont les politiques
occidentales. Elles sont contre les régimes de libération dans les pays
arabes et musulmans. Et cela a suscité une réaction.
Par exemple ?
Je vais vous donner un exemple : en Afghanistan, il y avait un régime
politique progressiste. Ce régime avait demandé l'assistance d'une
puissance qu'il considérait comme alliée, l'Union soviétique. C'était
normal à l'époque. L'Europe s'assurait la protection de l'Amérique parce
qu'elle considérait que l'Amérique était son alliée, et qu'elle partageait
la même idéologie. De la même façon, de nombreux pays africains alliés de
la France font appel aux forces françaises. Le régime afghan de l'époque
s'était donc assuré de l'assistance d'un allié. On a renversé ce régime.
Quel fut le résultat ? L'émergence des talibans et de Ben Laden. Un autre
exemple : le régime irakien. C'était un régime très fort, laïc, mené par
un parti Baas qui était contre les orientations religieuses, à tel point
qu'on l'accusait d'athéisme. Ce régime a empêché l'infiltration du
terrorisme sur son territoire, et même dans la sous-région. On l'a
attaqué, et ce rempart contre le terrorisme s'est effondré. D'où cet
afflux de terroristes de toutes parts. Et ils sont même partis d'Irak vers
d'autres régions. Voyez les combats qui se déroulent actuellement au coeur
de l'Arabie saoudite... Si le régime irakien était encore là, les
terroristes n'auraient pas pu venir dans la région. En même temps, les
régimes réellement construits autour d'idéologies terroristes étaient
protégés, on flirtait avec ces régimes, on les choyait, et c'est ce qui a
donné naissance au terrorisme. Et ces régimes existent toujours. Quand on
menace la Syrie, que veut-on ? Veut-on que la Syrie devienne comme l'Irak,
pour que les terroristes affluent en Syrie de toutes parts ? Le Hezbollah,
par exemple, ne peut pas agir à partir de la Syrie pour libérer les
hauteurs du Golan. Parce que le régime syrien ne le permet pas. Si on
attaque la Syrie, le résultat sera d'étendre le front du terrorisme.
Mais le Hezbollah opère quand même à partir du Liban contre Israël,
dans la zone disputée des Fermes de Sheba.
Oui, mais justement, il ne peut pas travailler à partir de la Syrie.
Si on démantèle le régime syrien, le Hezbollah va travailler en Syrie. On
va entendre parler de centaines de Zarqaoui et de Ben Laden.
Qu'entendez-vous par «systèmes politiques construits autour du
terrorisme» ? Parlez-vous d'Etats ?
Ceux qui mènent la guerre contre le terrorisme connaissent bien ces
régimes. Ils peuvent répondre à ma place.
Al-Qaida et les djihadistes internationaux peuvent-ils gagner la guerre
?
Si les deux causes que je viens de mentionner subsistent, évidemment,
ils vont gagner la bataille.
Et donc, quel peut être l'apport de la Libye dans ce combat ?
L'idéologie de la Libye est radicalement opposée au terrorisme. Il
faut que ceux qui combattent le terrorisme com - prennent bien le
bien-fondé de l'idéologie libyenne.
Quel bilan faites-vous de la vie de Yasser Arafat ? Comment voyez-vous
l'avenir des Palestiniens ?
Malgré des années de souffrances, Abou Ammar (NDLR : le nom de guerre
de Yasser Arafat) n'a pas pu trancher. Il tenait le bâton par le milieu
(NDLR : il cherchait à contenter tout le monde), et il voulait le tenir
ainsi jusqu'à la fin de ses jours. Aujourd'hui, la main qui tenait le
bâton par le milieu est morte, et le bâton est tombé à terre. Qui aura
l'audace de le ramasser et de le tenir, soit par un bout, soit par le
milieu ? Ou bien le bâton restera-t-il par terre ? On ne sait pas...
Avez-vous une solution ?
Il n'y en pas d'autre en dehors de la thèse que je présente dans mon
Livre blanc : une solution historique et radicale, qui va s'imposer, qu'on
le veuille ou non. Ce petit territoire ne peut supporter la présence de
deux Etats, adversaires qui plus est. Chacun des deux peuples considère
que l'autre partie lui appartient aussi. Les juifs considèrent que la
Cisjordanie est le coeur de la nation juive. Les Palestiniens considèrent
ce que l'on appelle actuellement Israël comme la terre de leurs ancêtres.
Donc l'établissement d'un seul Etat est vraiment la véritable solution.
Celui qui considère la Palestine comme la terre de ses ancêtres pourra y
vivre, et celui qui la considère comme la terre promise aussi. Cet Etat,
on l'appellera «Isratine».
Il y a cinq ans, vous aviez lancé l'idée des «Etats-Unis d'Afrique», et
créé à cette fin l'Union africaine. Mais les Etats-Unis d'Afrique
paraissent encore loin. Etes-vous déçu ?
Pour dire la vérité, je ne suis pas totalement déçu. Mais oui, je suis
un peu déçu. Je vois que le train a commencé à rouler, et personne ne peut
l'arrêter. Mais il ne va pas assez vite.
L'Union africaine peut-elle mettre un terme aux guerres en Afrique, en
particulier en Côte d'Ivoire ?
S'il y a une défense commune, une force unique pour l'Afrique, comme
l'Euroforce pour l'Europe, cette force, en s'appuyant sur les traités de
défense commune, et placée sous l'autorité du Conseil de paix et de
sécurité de l'Union africaine, pourra régler toutes les crises. Ce qui
importe pour moi, c'est de mettre un terme à toutes les armées nationales
en Afrique. Elles ne sont plus nécessaires. Il faut que l'armée africaine
unique les remplace. Toutes ces armées sont derrière les conflits, les
guerres, les coups d'Etat, les putschs...
Selon vous, la France a-t-elle encore un rôle militaire à jouer en
Afrique ?
Personnellement, je n'ai pas encore compris la raison de la présence
militaire de la France en Afrique. Qu'est-ce qu'elle veut y faire ? Notre
voisin le Tchad, par exemple, a vécu un conflit d'un quart de siècle. Je
n'ai pas vu de rôle pour les forces françaises. On ne comprend pas
pourquoi elles sont là. Et voyez ce qui se passe en Côte d'Ivoire : je
crains que cela n'ait une influence négative sur les relations
afro-françaises. Car il y avait une confiance mutuelle entre l'Afrique et
la France. Je crois que c'était une erreur d'intervenir en Côte d'Ivoire.
Maintenant, la confiance a disparu.
La Libye va-t-elle se rapprocher de l'Europe en intégrant le processus
de Barcelone ?
Il reste plusieurs points d'interrogation. Nous n'avons pas compris
s'il s'agissait de coopération économique, de développement,
d'environnement, de faire de la Méditerranée un lac de paix, ou bien s'il
s'agissait d'un nouveau plan de colonisation pacifique. Les pays européens
colonialistes veulent-ils récupérer leurs colonies à travers ce processus
de Barcelone ? Ou bien veulent-ils rendre service aux Israéliens, les
introduire dans la région sans régler le problème palestinien ? La partie
palestinienne, la partie israélienne, les Turcs, voilà les responsables de
cet assombrissement du climat de Barcelone, parce qu'ils ne veulent pas
dialoguer démocratiquement et pacifiquement, mais par le truchement des
armes. Donc ils ne sont pas qualifiés pour s'asseoir avec nous dans le
cadre de Barcelone. Il faut les laisser en dehors jusqu'à ce qu'ils
règlent leurs problèmes. En outre, ils appartiennent à la partie asiatique
de la Méditerranée. Confondre cette partie asiatique avec la partie
européenne ou la partie africaine, c'est de la confusion, du charabia.
Moi, je connais l'Union africaine et l'Union européenne. Il y a la
Méditerranée au milieu. Donc, la Méditerranée devrait être un trait
d'union entre les deux. Si l'Europe veut dialoguer avec la partie
asiatique, elle peut créer un autre processus de Barcelone, mais consacré
aux Asiatiques. Mais ce ne sera pas notre Barcelone à nous. Et que
l'Afrique fasse de même. Qu'elle trouve une autre Barcelone pour discuter
avec l'Asie.
L'adhésion de la Libye reste-t-elle à l'ordre du jour ?
Oui, mais il faut que le peuple libyen puisse voir les avantages de
cette adhésion. Adhérer, est-ce simplement rendre service au
néocolonialisme ? Et avec l'apparition de l'Union africaine, il y a une
nouvelle donne. L'Union africaine n'acceptera jamais que l'on découpe
l'Afrique du Nord pour l'adjoindre à l'Europe. Pourquoi ne pas coopérer
entre les deux entités, l'Union africaine et l'Union européenne, à travers
la Méditerranée ?
Quelle leçon tirez-vous de la réélection de Bush ?
C'est avec lui que la Libye s'est mise d'accord pour le démantèlement
de nos armes de destruction massive. Nous lui avons soumis une proposition
constru - ctive, et c'est lui qui s'est engagé à récompenser la Libye pour
cette démarche. C'est pourquoi nous, Libyens, nous considérons que la
réélection du président Bush est dans notre intérêt. Si l'on fait
abstraction de ce qu'il se passe en Palestine ou en Irak, évidemment.
Quelles relations souhaitez-vous entretenir avec la France ?
Comme vous le savez, les relations n'ont jamais été rompues, comme ce
fut le cas avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et d'autres pays
voisins. Rien n'a obscurci l'histoire des relations franco-libyennes, à
part le problème tchadien, qui appartient au passé. Le président Chirac a
pris des positions très positives, que nous saluons, sur le problème
palestinien, sur la guerre contre l'Irak. Et puisque la France a une sorte
d'obligation de présence en Afrique, et puisque la Libye est un pays
majeur en Afrique, qui peut l'influencer, comme elle l'a fait du temps des
mouvements de libération et comme elle le fait maintenant à travers
l'Union africaine, nos deux pays peuvent conjuguer leurs efforts pour
aider l'Afrique. C'est ce que j'appelle de mes voeux, et c'est peut-être
là-dessus que nous allons tomber d'accord avec le président Chirac. La
France est un pays qui mène l'Union européenne, et la Libye est un pays
qui mène l'Union africaine. Les deux Etats peuvent travailler dans
l'intérêt de l'Union.
Viendrez-vous en visite en France ?
Personnellement, j'y pense. Je n'ai pas d'objection
P. P.
[24 novembre 2004]
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