|
Reprise de la guerre : Les Fanci bombardent Bouaké Les premiers coups de feu de la reprise de la guerre ont été entendus hier à Bouaké. Les avions de combats des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire ont effectué plusieurs raids sur les positions des Forces nouvelles. Les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) sont passées à l'étape supérieure dans la gestion du conflit armé. Les militaires loyalistes ont effectué plusieurs raids sur la ville de Bouaké toute la journée d'hier. Trois bombardements des avions de type Sukhoi aux corridors sud et nord, au 3e bataillon et au quartier général des Forces nouvelles ont été les actions d'envergure en fin d'après-midi de la journée de jeudi 4 novembre. Une situation qui s'impose aux populations de Bouaké qui n'ont pas su lire les signes annonciateurs. Depuis trois jours, la capitale du centre est privée d'eau et l'électricité. Le téléphone portable n'y est plus fonctionnel… Les premières attaques sont intervenues à 7 heures du matin hier. Un second bombardement a eu lieu à 11h. L'après-midi a vu le 3e raid aux environs de 16 heures. Dans le même temps, des mouvements de troupe des Fanci sont annoncés sur tous les fronts. Toutes ces actions sont menées sous le commandement du colonel Philippe Mangou. Qui affirme que "ses hommes sont lancés et ne reculeront plus". Des opérations qui ont pour objectif final la libération des zones occupées annoncée le 22 octobre dernier par le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N'Guessan. A Abidjan, les mouvements patriotiques sont également entrés en action. Des centaines de jeunes étudiants ont pris d'assaut l'hôtel du Golf où logent les responsables des Forces nouvelles. Appuyés par les Forces de défense et de sécurité, ils ont tenté de déloger Dakoury Tabley, Michel Gueu, Issa Diakité, Youssouf Soumahoro. L'hôtel a été saccagé, le personnel contraint de quitter les locaux. L'eau et l'électricité ont été supprimées. Les éléments de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) ont répondu par moments par le gaz lacrymogène pour repousser les assaillants déchaînés. Mais les militaires des Fanci ont déplacé un armement lourd sur les lieux. Chars, véhicules avant blindés, des hommes d'élite, etc. ont encerclé le Golf. Et la nuit s'annonçait incertaine pour les dirigeants des Forces nouvelles pris pratiquement en otage. Une situation qui surprend Guillaume Soro, actuellement hors de la Côte d'Ivoire à Lomé sur invitation du président Gnassingbé Eyadéma. La réaction des Forces nouvelles, en cette première journée a été plutôt timide. Une riposte avec des armes anti-aériens a été observée au troisième raid des Sukhoi à Bouaké. Aucun bilan officiel n'est encore disponible. Notre correspond sur place à Bouaké confirme cependant la mort de 3 transporteurs au corridor sud. De nombreux blessés, environ une vingtaine de personnes atteintes par les explosions d'obus ont été transférées dans les centres de santé. Les jours prochains s'annoncent difficiles. Etant donné que les Forces nouvelles préparent la contre-attaque. Des volontaires à Bouaké ont exigé des armes des Forces nouvelles pour aller au front. C'est encore reparti, cette sale guerre.
© Le Jour, droits réservés. |