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Centrafrique Carnet de route
La route du Cameroun.
Dans l'ouest de la République centrafricaine, notre envoyée
spéciale Carine Frenk, est allée à la rencontre des populations de cette zone
enclavée où l'instabilité politique, l'insécurité et la crise alimentaire
rendent la vie quotidienne extrêmement hasardeuse. «Les gens n'arrivent pas à envoyer leurs enfants à l'école de crainte que des bandits arrivent, puissent en prendre deux ou trois et demander une rançon.»
Depuis le mois de septembre, la Fomuc mène des
patrouilles mixtes avec les forces armées centrafricaines autour de Bozoum, à
450 km au nord-ouest de Bangui.
Au Sud, autour de Bozoum (photo) ou de
Bossangoa, des coupeurs de routes se sont organisés en bandes armées qui peuvent
aller jusqu'à 50 hommes. La brousse offre le meilleur des abris.
Avec un peu plus de 4000 hommes pour s'occuper
d'un territoire plus grand que la France, l'objectif est avant tout de sécuriser
les axes routiers.
«Le matin les enfants n'ont pas de petit-déjeuner, à midi ils ne mangent pas, les parents sont absents, les portes sont fermées, ils sont dehors, ils attendent que les parents reviennent le soir.»
Dans son petit village des environs de Bozoum,
Agathe pile le mil.
Jean-Pierre est instituteur à Bossentélé, à 300
km au nord-ouest de Bangui.
Dans l'attente d'une véritable réponse de la
communauté internationale, le système des Nations unies s'apprête à délivrer une
assistance alimentaire dans le nord-ouest du pays.
Les forces armées centrafricaines «Depuis deux ans, nous avons formé et équipé 3 bataillons, soit environ 1700 hommes, à travers des stages pour dispenser des savoir-faire tactiques et techniques, à différents échelons, sur le plan individuel puis collectif.»
En partenariat avec les autorités de Bangui, la
France a décidé d'apporter son concours : équipement et formation.
«Même si tu as le permis de conduire, l'assurance, tous les papiers du véhicule, il faut toujours de l'argent en plus. Si tu n'as pas d'argent tu ne peux pas passer.»
La route du Cameroun n'a rien d'une promenade
de santé. Côté centrafricain, plus de 200 kilomètres ne sont pas bitumés et le
reste est jalonné de nids de poule.
A cause de l'état désastreux de la route, le
coût du transport et donc celui des marchandises, augmentent tant à
l'importation qu'à l'exportation. C'est un frein au développement.
L'armée a mis en place de nombreux barrages. A
chaque passage, il faut verser son obole. par Carine Frenk Article publié le 24/02/2006 © RFI.fr, droits réservés. |