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La paix est l'affaire du Docteur Paul
Son nom complet est Kilari Anand Paul, mais il se fait appeler simplement Docteur Paul. En lui consacrant sa une en mai dernier, The New Republic posait la question: "Pourquoi l'évangéliste le plus populaire du monde n'arrive‑t‑il pas à percer en Amérique ?" Et le ton de l'article consacré à ce prêcheur "né hindou et disciple de Jésus" reste tout au long empreint de stupeur: peut‑on croire aux incroyables exploits qu'il se vante d'avoir accomplis au service de la paix dans le monde ? La journaliste a trouvé un peu ridicule ce petit bonhomme agité et vantard. Mais elle a honnêtement vérifié ses dires et ‑ surprise ‑ ils semblent correspondre pour une grande part à la réalité. Docteur Paul, donc, est le fondateur de la Global Peace Initiative, une ONG chrétienne basée aux Etats‑Unis. Outre d'importantes actions humanitaires dans le tiers‑monde et la tenue de meetings géants en Afrique ou en Asie, il s'est spécialisé dans l'évangélisation des dictateurs et autres chefs de guerre. Après avoir parlé trois heures avec Guy Philippe, le chef des rebelles haïtiens qui ont fait tomber Jean‑Bertrand Aristide en février 2004, il l'a convaincu de déposer les armes. Docteur Paul raconte la scène : "Je lui ai dit: 'Ecoute, tu veux vraiment la paix pour ton pays ou tu cherches à t'emparer du pouvoir ?' [ ... ] J'ai dit: 'Ça suffit, une âme vaut plus que toute la richesse du monde. Tu n'as pas le droit de tuer !' Il était en larmes. " Le représentant américain Bob Clement, qui était présent, confirme. La grande réussite de Docteur Paul est d'avoir persuadé le féroce Charles Taylor de renoncer au pouvoir au Liberia (devenu son guide spirituel, il l'a au téléphone plusieurs fois par semaine). Avec son Boeing privé, baptisé Gobal Peace One, il fait le tour du monde accompagné d'hommes politiques qu'il appelle "partenaires de la paix", comme le président éthiopien ou l'ancien président indien Deve Gowda. Mais, aux Etats‑Unis, son discours ne passe pas : trop culpabilisateur pour les riches, selon The New Republic. © Courrier International, droits réservés. |