De Gujarat au Tamil Nadu

 

Depuis trois ans, des ONG indiennes travaillaient dans la région du Kutch, ravagée par un tremblement de terre. Elles sont arrivées au Tamil Nadu pour aider les victimes du tsunami à s'organiser.

THE TIMES OF INDIA
New Delhi

Les organisations humanitaires du Gujarat qui avaient organisé les secours et le travail de reconstruction lors du tremblement de terre du Kutch, en 2001, ont apporté leurs précieuses connaissances en matière de gestion des grandes catastrophes dans les régions du sud de l'Inde touchées par le tsunami.

De nombreuses ONG sont déjà installées dans les régions côtières du pays et certaines se préparent à partir pour l'Indonésie, où elles partageront avec les associations locales leur expérience du Kutch.

Quand des volontaires de Kutch Navnirman Abhiyan (KNA), une association regroupant 27 ONG du Kutch, de JanVikas et d'Unnati se sont rendus à Nagapattinam pour évaluer la situation, ils se sont rendu compte que c'était surtout le manque de coordination qui ralentissait l'action des ONG locales. "Nous sommes restés en dehors de l'agitation et nous avons centralisé le travail des volontaires grâce à la Fédération des sociétés de pêcheurs d’Inde du Sud (SIFFS) ", nous a déclaré au téléphone Mansi Anand, qui travaille pour KNA à Nagapattinain. Une centaine de bénévoles appartenant à 42 associations gujaraties différentes campent déjà au Tamil Nadu.

Alors que le KNA se concentre à Nagapattinam et ses environs, des organismes comme Citizen's Initiative sont installés à Cuddalore.

Actuellement, les ONG aident le gouvernement mais aussi les associations locales à mettre en place une cellule de coordination. Elles s'occupent également de la reconstruction, de fournir des repas et des soins médicaux aux sinistrés, elles prennent des mesures d'assainissement, se chargent de l'incinération des cadavres, viennent au secours des enfants (surtout les orphelins), organisent le bénévolat et des hébergements de fortune.

"Nous avons besoin de personnes pour aller dans les camps, parler aux victimes de la catastrophe. C'est très important qu'elles se sentent impliquées dans nos actions."

L'Inde n'est pas le seul pays à avoir besoin de leurs services : ces ONG sont très recherchées par les autres pays touchés par la catastrophe. Gagent Sethi, du Centre pour la justice sociale (CSJ), qui, lors du tremblement de terre du Kutch, a joué un rôle essentiel à Ahmedabad pour de nombreuses organisations humanitaires, a été invité par la Urban Poor Coalition, une association d'ONG qui travaillent en Indonésie. "Ils veulent que nous leur apportions une aide technique" explique Sethi. Trois membres du CSJ sont déjà partis en Indonésie.

La plupart des ONG du Gujarat menaient des actions de développement quand le tremblement de terre a frappé, en janvier 2001, et, depuis trois ans, elles aident les autorités et les ONG étrangères à affecter les secours aux victimes.

Selon Sethi, l'expérience de ces ONG gujaraties pourra être très utile dans plusieurs domaines, notamment la coordination entre le gouvernement et les ONG, les aspects juridiques de la catastrophe et la mise en place d'un réseau d'informations digne de ce nom. Une expérience acquise sur le terrain après avoir successivement essuyé plusieurs catastrophes naturelles, dont deux cyclones et un tremblement de terre.

Alors que la plupart des ONG comptent passer le relais aux associations locales, celles du Gujarat ont l'intention de s'établir un moment dans les régions touchées par le tsunami. Anand s'explique: "Après la catastrophe, la situation est toujours la même : l'aide afflue de toutes parts, mais c'est le chaos le plus complet. Là où les ONG du Gujarat peuvent vraiment faire toute la différence, c'est dans le domaine de la coordination "  dit‑elle.

Harit Mehta

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