L'arbre à palabre
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Simplice Aimé Biamba (28/05/2008) : Rencontré par pur hasard dans une gare en Hollande, cet ancien agent des renseignements centro, délie sa langue et livre ce qui suivra. Nous voulons mettre en exergue que c'est par pur souci d'informer que nous transmettons cette interview. En cette période de recherche de la réconciliation, toutes informations doivent être prise en valeur absolue. A chacun d'en apprécier la véracité des propos.
(Réalisé début Mars 2008 en Hollande par SB)

SB : Bonjour Big-Chef
Agent : Bonjour « C-Riva », appels moi « Delta-Alpha », le chef na plus sont importance depuis que je suis refugié en Scandinavie.
SB : Comment va le B2 ? (Bureau central des renseignements dans les années 80)
DA : Oh !, Bof, je ne sais plus, aucune idée, je me suis déjà reconvertis à autres chose
SB : En quoi précisément ?
DA : Ben !, Autres chose que ce milieu des renseignements
SB : Un agent comme vous peut-il perdre facilement son professionnalisme et camouflage ?
DA : (rire) Avec Dieu tout est possible,...
SB : Quand êtes vs entrer au B2
DA : Officiellement je ne margeais pas sur la liste des éléments de B2....
SB : Ah, bon (surprise)
DA : Ben ! oui, jai été recruté discrètement à l'époque par Panthère noire, (l'un des noms de camouflage du vaillant agent-chef selon lui) le défunt Babémon de la gendarmerie dont je loue et salue la mémoire, pour filer et faire le regroupement des infos fournies par les agents du B2.
SB : Une sorte de contre espionnage ?
DA : En quelques sorte, mais tu le sais bien ! C'est dans cette optique qu'on finançait certains de vos mouvements de la jeunesse dans les années 80, (bal des jeunes et autres....) pour revérifier certaines infos provenant du milieu de la jeunesse.
SB : Qu'est ce qui n'a pas marché pour qu'on en arrive là en Centrafrique ?
DA : Oh ! C'est une longue histoire. Tu sais, c'était pour une noble cause que je me suis engagé dans ce métier, pensant défendre notre pays en contribuant par ma modeste manière à l'épanouissement au sens large de la sécurisation de notre riche et beau pays la République Centrafricaine...
SB : Et alors... ?
DA : Peine perdue,...(geste de regret)... Bof !, qu'est ce que tu veux, ...c'est difficile d'en parler ?
SB : Sil vous plait, en quelques phrases, qu'est-ce qui na pas marché au sein de notre service de renseignement de l'époque et peut être aujourd.... ?
DA : Tu sais (beaucoup d'hésitation), tout ce qui arrive à notre pays aujourd'hui ne devrait pas l'être, si les instructions et les projections proposées à l'époque ont été suivies. La conférence nationale, la filassions et financements des milieux syndicaux par les instances extérieures, les grèves, les messes de minuit de l'opposition, les circuits Mlpciste d'Allemagne et France, l'autosuffisance alimentaire, même la dévaluation, etc... Tous les dossiers et les propositions des solutions sur une projection de 20 ans y compris les différents scenarios, étaient très bien ficelés bien avant la conférence de la Baule. Il ne manquait qu'une chose, LA VOLONTE POLITIQUE de l'époque pour la planification.

-silence, (signe de regret puis il continu)

DA : Et puis ce fameux Colonel Mention qui se prenait pour Papa Roméo....
SB : A quel moment tout a basculé,... ?
DA : Le découragement s'est installé, quand Mention commençait à manipuler « Papa Roméo » et réussi à avoir son approbation pour désorganiser tout le réseau de renseignement mise en place, en écartant ceux du CMRN (Comité de Redressement National mise en place le Général Kolingba en 81) qui maitrisaient déjà la méthode du Colonel Mention avec ces médiocres filatures et fiches bidons sur des hommes politiques inoffensifs....Il orientait les choses pour que la France ait la manivelle du CMRN.

SB : Un instant, qui est Papa Roméo ?
DA : Ben !, c'est le PR, le Président de la République, « le Soleil », ... (mon étonnement..)... Grand K,
SB : ah !, ok, Mention vous connaissait personnellement.
DA : Non, je fais partie dune autre équipe officieuse, nous émargeons sur un autre fond de caisse contre espionnage autre que celui du B2. Même Papa Roméo. C'était très ingénieux..
SB : Pourquoi espionner encore la B2 ?
DA : C'était l'idée de Panthère Noire (Babemon), les agents officiels du B2 étaient très mal formés, recrutés çà et là sur le tas comme aujourd'hui dailleurs, très indiscrets et c'est le gros problème de notre pays. Le pays est très faible à cause de l'indiscrétion chronique à tous les niveaux de l'administration de notre pays. Pour le SEX, un grand homme d'état chez nous peut livrer un secret d'état sur la place publique, c'est vraiment dommage. Les USA sont fort à cause de la CIA, ne parlons pas de la DST, des polices des polices dans autres pays puissant et fort, c'est dommage chez nous. L'interpole était pourtant au top.

SB : Qu'est ce que vous reprochez au régime Grand K
DA : Trop humble pour un chef est un défaut. Je le comprends, mais on ne joue pas avec un adversaire, c'est son problème, et l'avenir nous a bien prouvé. Nous avons baissé nos armes quand il a commencé à réaliser des confrontations impensables à la base des renseignements qu'on lui fournissait de proche ou de loin, c'était inconcevable dans notre métier. Du coup, nos couvertures ne sont plus valables et pour nous préserver, nous nous résignons. Et pourtant nous avons nos systèmes de regroupement des infos. Le non suivi des renseignements au niveau de l'interpole et les contacts de l'extérieur, à découragé plus d'un. Son parti, le RDC était rempli à l'époque que par des aventuriers qui n'ont aucune conviction politique et Grand K avait tous ces renseignements, mais malheureusement il a laissé faire, et l'avenir continue de nous donner raison.
SB : Le MLPC était infiltré... ?
DA : Infiltré jusqu'à la moelle épinière. Les échanges des infos ont été parfaits. Au fait, les éléments qui ont basculé au régime MLPC après lélection 94 était une histoire de blanc-bonnet, bonnet-blanc. Après le coup d'état piégé de 82, (on était au courant depuis le début des préparatifs) Borro, Bébes, Gal Mbaïkoua,... (Silence) bref, où Patassé a été attrapé à l'époque où il projetait et tentait d'escalader l'ambassade d'Allemagne, bon bref,... Grand K a ordonné qu'on le laisse sortir du pays, ce qui a été fait... Mais il a été toujours filé dans tous ses déplacements et contact à l'extérieur jusqu'à son retour et prise du pouvoir.
SB : Ah, bon
DA : Grand K avait toutes les infos, et même les documents audio et vidéo de la plupart toutes ses activités et contacts depuis l'étranger. Même ses intentions secrètes.
SB : Pourquoi il ne les a pas utilisés pendant les campagnes de 94 ?
DA : Personne ne sait pourquoi, vraiment on ignore, ... (grand signe de regret)
SB : Comment vos informateurs dans les autres partis étaient récompensés à l'époque ?
DA : Diverses manières !... y compris des postes administratifs. Ils étaient déjà là dans le circuit, avant les événements du 1er septembre 81. Rien n'a été inventé de nouveau. Ils changent de veste quand le vent change de direction. Le grand Bravo et Kwa-na-kwa doivent être prudents. Les régimes changent, l'agent double est toujours double et restera toujours double, le chien ne change jamais sa manière de s'assoir. Ils tissent le bois, allument discrètement un feu, jouent le pompier et change de trajectoire quand tout va mal.
SB : Parole d'un doyen
DA : Non ! conseille d'un frère d'arme
SB : Quelques mots sur les mutineries ?
DA : Cette histoire m'énerve, quand j'y pense (silence puis).. Cétait une cause noble qui devait éviter les massacres de 2001 Mais...

SB : C'était quand même osé de défier un régime ?
DA : Non ! (rire) Nous sommes présentement presque à l'extrême nord du monde ; Quand l'hiver arrive, on cherche toujours une solution de protection de force, et on ne peut pas dire que c'est osé de défier le temps, mais c'est une histoire de survie !...
Vous savez bien qu'on dit souvent chez nous, qu'il n'y a pas de fumée sans feu le problème est que nos jeunes frères d'arme ont un problème de conviction, d'endurance et de patriotisme. Un fantassin est un fantassin doit être et rester fantassin. Je loue puissamment la mémoire de tous les vaillants frères d'arme tomber, armes à la main dans les 3 mutineries.

SB : Qu'est-ce que vous leur reprochez exactement ?
DA : Mais regarde, par exemple, les responsables des 2 premières mutineries ont abandonné, livrés leur troupe à l'ennemi et sur le terrain en plein combat. C'est inconcevable et très grave pour une action militaire. La débandade est une honte dans l'armée.
Le cas des responsables de la dernière mutinerie est mirifique pour leur grade.
Comment une union des officiers, tête pensante dune armée peut-elle capituler aussi facilement comme un groupe des syndicalistes civils ? C'est impensable pour une armée ! Je félicite largement les Ivoiriens ! C'était du n'importe quoi chez nous! ( un peu nerveux) ces responsables, de surcroît des officiers ont vendu le mouvement dès le début, le reste n'était que de l'affairisme.

SB : J'étais à Bangui l'époque. A chaque réunion au niveau de l'organe dirigeant de la mutinerie, tout Bangui était au parfum !

DA : Mais oui,..je vous parlais tout à l'heure de manque chronique de la culture de discrétion dans notre pays, c'est grave. Dans notre ex-métier, la désinformation est une arme, mais l'indiscrétion est un crime. Eux-mêmes, ils monnayaient les infos avec le pouvoir qu'ils combattaient à l'époque, et ils étaient surpris, (les éléments innocents) dû fait que la MISAB ( Mission inter de surveillance des accords de Bangui) et l'armée française les ont attaqués. Quand l'adversaire connaît ton point faible, il frappe pour réduire au maxi ton orgueil et te faire fléchir devant la table de négociation. Si les gens pouvaient garder leur langue dans la poche en face dune bouteille de bière.

SB : Et le milieu français dans tout çà ?

DA : Oh ! Officieusement, c'était un combat de la gauche française contre la droite chiraquienne sur notre sol, sous le conseil du Gabon. Voyant l'incapacité notoire des responsables de la mutinerie à être tenace devant les menaces durant les négociations, les « Pour », au niveau français ont préférés laisser le combat pour le reprendre plus tard avec un vrai militaire, et atteindre l'objectif de la libération du peuple sous le joug de souffrance du régime Patassé.

SB : Le coup d'état de 2001
DA : Non, le TPI est là-dessus, je crois que très bientôt, je dirai même avant l'automne, le chef rebelle « Gbaka du Zaire» Bemba et les autres complices de chez nous, répondront de leur crimes, assassinat, viols, vols, etc. je n'aimerais pas trop m'y attarder. (Interview réalisé début mars 2008)
SB : Patassé est au Togo et Bemba ?
DA : Le TPI le trouvera facilement à Waterloo dans sa villa en Belgique
SB : Kolingba était-il vraiment l'auteur du coup ?
DA : Non, non, non. (hésitation)... le TPI vous éclaircira, ils ont tout le dossier. Ce que je peux dire, c'était plusieurs coups en préparation compte tenu de la désastreuse situation du pays qu'avait provoqué le régime MLPC de Patassé, du fait d'incompétence notoire de leur gestion. Le problème est que, les différents projets d'action avaient en commun les mêmes éléments. Le plus malin connaissant la date d'action des autres et a souhaité anticiper le sien mal préparé et le résultat, nous le connaissons, échec d'objectif..
SB : Mais Kolingba l'avait revendiqué ?
DA : Ce n'était pas encore la date de son action, sinon la réussite devrait être total. L'indiscrétion chronique et légendaire de certains de ces éléments cupides a permis à un autre d'être au parfum et d'anticiper précipitamment ce malheureux forfait.
SB : Mais pourquoi a-t-il revendiqué alors ?
DA : Son paternalisme de la fraternité d'arme est l'une des raisons, le reste, vous le saurez avec le TPI
SB : Et si l'autre n'avait pas anticipé ?
DA : Rien à faire, ça devrait être un passage transitoire en douceur, sans dégâts,
SB : Pourquoi les rebelles congolais ont égorgé la population, et
DA : C'était suite à l'appel de Patassé et ses proches. Vous avez encore en mémoire le discours du ministre de la défense de l'époque sur les ruines des villas du Général Kolingba à Ouango. C'était une action préméditée depuis des moments et le coup manqué a été une occasion en or. Personne n'ignore que Patassé est ancien 1er ministre de Bokassa, un compère de longue date des méthodes et pratique de la dictature. Dès son arrivé au pouvoir, le slogan de ses proches était que les yakoma devraient transporter du sable sur leur tête pour construire sa villa. Et.
SB : Je sais que vous vous réserviez, mais vous n'avez pas encore répondu à ma question. Pourquoi les Centrafricains sont égorgés ?
DA : En faisant cela, Bemba voulait prouver à Patassé que son mouvement collaborait pied et bec à son régime. Vous savez, son hélico, sa voiture blindée (ben détruite maintenant), certains de ses armes lourdes proviennent de la Lybie. Et notre aéroport était le tremplin du bizness transactionnel de la rébellion congolaise. Sans oublier les caissettes de viande de bœuf que Patassé fournissait à la rébellion. Le régime Patassé était une base arrière de la rébellion à l'époque..
SB : en contrepartie ?
DA : Beaucoup de choses, les militaires mutins qui fuyaient pour Zongo étaient rapatriés sans cœur morts ou vifs,.
SB : Pensez-vous vraiment que le TPI fera justice pour que « cette chose » ne se reproduise plus en Afrique centrale ?
DA :Le sang des innocents n'est jamais resté impuni. Il faut faire confiance au TPI. C'est un organe défenseur des veuves, des orphelins et des sans voix.
Le cas Charles Taylor est un exemple. Bemba, Patassé et tous leurs acolytes répondront un jour de leur actes et responsabilités devant les hommes et devant Dieu.
SB : Merci Delta Alpha
DA : C'est moi qui te remercie, que Dieu nous bénisse et que notre pays devient un jour majeur.
SB : Que Dieu nous bénisse.
DA : Amen.

Djoudjou Nesco (31/05/2008) : Ces informations me semblent crédibles. L'histoire suit sont cours. Quand elle se répète, elle devient une ironie. Bemba est sous les verrous, d'autres passeront. Ils payeront cash.

Blaise Niari (04/06/2008) : Salut Simplice Aimé BIAMBA! A l'heure où nous parlons du dialogue politique inclusif dans notre pays, vous nous parlez du coup d'Etat manqué de 1982, des trois mutineries, du régime de PATASSE et de l'arrestation de BEMBA. Si KOLINGBA n'avait pas revendiqué un coup d'Etat je ne pensais pas que ses villas n'allaient pas partir en ruines comme vous le constatez et donc je ne crois pas que ça soit une action préméditée. Et si je ne me trompe pas lors du coup d'Etat de 1982, la maison de PATASSE a été mise à sac et si nous remontons à l'arrivée de DACKO en 1979 on parlait de "Grâce à Dacko". Alors un coup d'Etat manqué ou réussi a toujours des conséquences. L'arrivée de DACKO au pouvoir par les Français, la fuite de PATASSE en 82 et le coup d'Etat manqué, revendiqué par KOLINGBA ont la même conséquence que nous connaissons tous et qui est le saccage, alors je ne vois pas en quoi vous en voulez tant au président PATASSE. Surtout dire que le slogan des proches de PATASSE était que les YAKOMA devraient transporter du sable sur leur tête pour construire la villa de PATASSE c'est vraiment divaguer. Je pense que PATASSE c'est celui qui avait travaillé beaucoup plus avec les YAKOMA. L'heure est à la réconciliation nationale, arrêtons avec ces histoires ethniques ça ne nous fait pas avancer.
Tous les pays limitrophes de la Centrafrique sont loin, vous n'allez pas me dire le contraire.
A l'heure où dans les pays voisins on réclame les hausses de salaires et les meilleures conditions de travail, nous on réclame les arriérés de salaires. BEMBA a été appelé en rescousse par PATASSE pour défendre l'intégrité du territoire dont il est responsable parce qu'il a été démocratiquement élu par les centrafricains, donc il a assumé pleinement tout son rôle qui est celui de défendre les Centrafricains contre toutes agressions extérieures. Les victimes dans ces affrontements ce sont les civils Centrafricains. Les troupes de BEMBA et la rébellion centrafricaine ont toutes leurs responsabilités dans ces actes barbares. Aujourd'hui, il est normal que la justice
soit rendue pour ces victimes.
L'heure est à la réconciliation, au rassemblement de tous les Centrafricains quelles que soient leurs origines ethniques ou leurs appartenances politiques. Le tribalisme ne fait jamais avancer un pays, seule la compétence reste un outil nécessaire au développement de la Centrafrique. Je vous remercie cher compatriote.

Frédéric Djoniouango (05/06/2008) : Bonjour à tous
Avec votre permission, je voudrais revenir entre ces lignes pour répondre au compatriote Niari qui soutient un régime qui a plongé la RCA dans un état comateux, à savoir le régime de Patassé.
Il convient tout d'abord de faire comprendre à monsieur Niari que les coups d'Etat sont un fait de société en Afrique et interviennent la plupart des cas à bon escient pour sortir un peuple meurtri par les agissements crapuleux d'un dictateur. Mais de tous les coups d'état, on a jamais vu le massacre contre une ethnie sous prétexte qu'elle appartient à l'auteur d'un coup d'état. Si vous n'avez pas le sens de l'analyse pour comprendre le mal que Patassé a causé au peuple centrafricain, il faut laisser tranquille monsieur Biamba qui n'a fait que porter à la connaissance du public ce qui se passait tout bas.

Henri Paul Akibata Kette (05/06/2008) : Beaucoup de Centrafricains parlent de la réconciliation, comme si cela suffisait d'une réunion... Alors qu'une réconciliation comme souhaitée par les Centrafricains est un comportement, est une conviction à vivre au quotidien, est un état d'esprit à cultiver sans cesse, sans répit.
Depuis comme l'ont souligné bon nombre d'intervenants, il y a des séminaires, des colloques, et autres. Rien comme résultat tangible. Le Centrafricain n'arrive pas encore à travailler avec l'autre qui n'est pas de la même ethnie que lui. Pourquoi ? Parce que l'on aime bien surfer sur l'ignorance des uns et des autres, et, plus l'on élude toute analyse sérieuse en faisant de nos opinions des vérités à imposer aux autres. Pour preuve, la réaction du compatriote Blaise Niari...
La conversation sous forme d'interview qu'a remontée le compatriote Simplice Biamba est plus une charge contre le comportement attentiste du Président Kolingba que contre l'épuration ethnique diligentée par le régime Patassé. Et cette tentative d'épuration ne date pas d'aujourd'hui. Déjà en 1981, une liste circulait identifiant des Centrafricains dignes de ne pas vivre car appartenant à un groupe ethnique bien déterminé. En quoi, peut-on se targuer de dire que Patassé est le seul à travailler le plus avec les Yakoma comme si ces derniers étaient une entité extérieure au pays et que travailler avec eux est une prouesse...
Pour mieux se rendre compte des rancœurs les uns vis-à-vis des autres, comme peut penser un instant un Centrafricain, que ce que le Président Patassé a fait était à défendre ? Oui, Patassé était attaqué. Oui, il devrait défendre son pouvoir et non une intégrité territoriale comme veut le faire valoir gauchement le compatriote Niari. Car défendre l'intégrité territoriale, cela relève d'une attaque extérieure. Or, le coup d'état revendiqué par Kolingba (qui est un Centrafricain) n'est point une attaque extérieure. Elle est intérieure. Et il ne faut point oublier que le régime de Patassé est le premier régime centrafricain à subir une tentative de coup d'état... Mais de tous ces régimes aucun (sauf si je me trompe, recadrez-moi) n'a fait appel à une force extérieure voisine pour faire subir à la population civile ce que le peuple centrafricain dans son ensemble à subi. Aujourd'hui les stigmates sont visibles. L'augmentation du taux de sérologie du VIH est due fortement à ces actes barbares. Et comme par enchantement, puisqu'il doit y avoir dialogue inclusif, il faut tout oublier et composer avec les anciens bourreaux sans un mea culpa sincère de leur part.
Non, le temps de tout oublier pour cause d'une réconciliation fictive est révolu. Une génération plus exigeante se lève et n'accepte plus des petits arrangements égoïstes entre certaines personnes qui n'ont cure de l'homme centrafricain et encore moins de son bien-être.
Oui, compatriote Niari l'heure est à la réconciliation. Mais une réconciliation entre les brebis et les loups. Il faut toujours être capable de séparer l'ivraie de la bonne graine. Cela tout peuple digne de respect s'applique à lui-même. Et le Centrafricain depuis longtemps a trop enduré. Il faut arrêter ces vilenies de pensées. Que chacun pour se rendre compte de la vraie réconciliation fredonne au fond de lui les quelques vers de notre hymne national :
O, Centrafrique,
o, berceau des Bantou
Reprends ton droit
Au respect à la vie
Longtemps subis
Longtemps brimé par tous.
Mais de ce jour
Brisons la tyrannie.(...)
Brisons la tyrannie des assoiffés de sang et de pouvoir qui nous font stagner dans la honte et la médiocrité...

Blaise Niari (06/06/2008) : Mr Fréderic Djoniouango, il m'a été donné de constater que dans vos propos vous avez considéré les coups d'Etat en Afrique comme une solution de pouvoir sortir un peuple meurtri sous un régime dictatorial. Etant démocrate, je ne cautionne pas un coup d'Etat, je voudrais bien te faire comprendre que le président démocratiquement élu est à la tête de l'armée et le rôle de l'armée c'est de défendre les intérêts nationaux, protéger le peuple et ses Biens.
Je pense qu'il y a un autre moyen de destituer un régime dictatorial que de passer par les armes. La plupart des coups d'Etat organisés en Afrique sont pour des questions d'intérêts personnels pour les Auteurs souvent appuyés par les Occidentaux qui, eux aussi visent leurs intérêts, alors arrêtons de justifier le fait qu'un peuple souffre sous un quelconque régime par un coup d'Etat.
La Centrafrique a été le pays où VGE (Valery GISCARD d'ESTAING) élu démocratiquement a effectué sa première visite officielle bien que BOKASSA soit un dictateur. Dans son discours, il a déclaré que BOKASSA était un président à vie. Il n'y avait pas d'arriérés de salaires comme aujourd'hui, de guerre.
On n'était pas sous la tutelle du Gabon, du Tchad ou du Congo Brazza comme c'est le cas aujourd'hui.
Les arriéré de salaires, on a commencé à les accumuler à partir des années 90.
Monsieur Henri Paul AKIBATA KETTE, quand on a affaire à des rebelles qui ont une identité Tchadienne on ne va plus parler d'une attaque intérieure.
Voilà donc plus de 150 personnes, dont 55 enfants, ont été prises en otages et victimes "d'actes ignobles" par des hommes "utilisant des tactiques" des rebelles ougandais, fin février début mars dans l'est de notre pays, selon un document de travail des Nations unies. "Plus de 300 hommes armés ont attaqué les villages de Bambouti, Gbassigbiri, Ligoua et Obo aux frontières avec la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan. Les stratégies d'attaques et les langues utilisées sont celles de la LRA (Armée de résistance du Seigneur, rébellion ougandaise)", selon ce document, citant l'équipe de l'ONU qui revient de la région.
Alors où est notre armée nationale? elle ne connait que la guerre fratricide dont seuls les civils centrafricains sont victimes.

Voici donc quelques dates importantes prouvant que PATASSE n'est pas le seul à avoir été victime d'un Coup d'Etat comme vous l'avez souligné mais sauf qu'il reste le seul à être démocratiquement élu depuis l'élection de DACKO après la mort de notre père fondateur BOGANDA.

1958 (1er décembre) Proclamation de la République centrafricaine. Barthélémy Boganda est président.

1959 (16 février) Mort de Barthélémy Boganda dans un accident d'avion. Abel Goumba est président par intérim.

1960 (13 août) Indépendance de la République centrafricaine.

1960 (14 août) David Dacko est élu à la présidence de la République.

1964 (8 décembre) Création à Brazzaville de l'Union douanière des Etats de l'Afrique centrale (UDEAC) réunissant le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et le Tchad, et dont le siège est à Bangui.

1966 (1 janvier) Coup d'Etat militaire. Le colonel Jean-Bedel Bokassa prend le pouvoir.

1966 (4 janvier) Abrogation de la Constitution.

1968 (2 avril) Création de l'Union des Etats d'Afrique centrale (UEAC) : Congo-Kinshasa, Tchad et République centrafricaine.

1969 (11 avril) Tentative de coup d'Etat du lieutenant-colonel Alexandre Banza.

1970 (30 août) Réforme agraire.

1972 (2 mars) Jean-Bedel Bokassa est fait président à vie.

1973 (7 avril) Découverte d'un complot. L'ex-ministre Auguste M'Bongo est arrêté.

1974 (19 mai) Jean-Bedel Bokassa est promu maréchal.

1974 (décembre) Tentative de coup d'Etat du général Lingoupou.

1976 (3 février) Le maréchal Bokassa échappe à un attentat.

1976 (5 septembre) Le maréchal Bokassa dissout le gouvernement et crée le Conseil de la révolution centrafricaine (CRC).

1976 (septembre) David Dacko, ancien président, devient le conseiller du maréchal Bokassa.

1976 (4 décembre) Proclamation de l'empire centrafricain lors du congrès extraordinaire du MESAN (Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire).

1977 (6 janvier) L'appartenance au MESAN devient obligatoire.

1977 (4 décembre) Sacre de l'empereur Bokassa Ier.

1979 (janvier) Emeutes d'étudiants. Répression sanglante.

1979 (17/19 avril) Arrestations et meurtres d'enfants. Une commission d'enquête conclut à la participation effective de Jean-Bedel Bokassa à ces massacres.

1979 (20/21 septembre) Coup d'Etat. David Dacko prend le pouvoir alors que Jean-Bedel Bokassa est en Libye. La France envoie des troupes (opération Barracuda).

Le rétablissement de la République centrafricaine est proclamée.

1979 (26 septembre) Formation du nouveau gouvernement confiée à M. Ayando.

1979 (29 octobre) Manifestation de lycéens et étudiants.

1979 (3 novembre) Arrestation d'Ange Patassé, ancien Premier ministre de Jean-Bedel Bokassa, chef de l'opposition et leader du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).

1980 (20 mars) Création par le président David Dacko du parti unique, l'Union démocratique africaine (UDC).

1980 (24 décembre) Condamnation à mort par contumace de Jean-Bedel Bokassa.

1981 (1er février) Référendum sur le projet de nouvelle Constitution. Adoption par une large majorité.

1981 (15 mars) Election présidentielle. David Dacko est élu (50,23%) devant Ange Patassé (38,11%).

1981 (3 avril) Simon Narcisse Bozanga est nommé Premier ministre.

1981 (mai-juillet) Grèves, attentat à Bangui. L'état de siège est décrété le 21 juillet.

1981 (1er septembre) Le général André Kolingba contraint le président David Dacko à démissionner. La Constitution est suspendue, les partis interdits. Le général André Kolingba devient président du Comité militaire de redressement national (CMRN).

1982 (3 mars) Tentative de coup d'Etat d'Ange Patassé.

1985 (21 septembre) Dissolution du CMRN. Constitution d'un nouveau gouvernement où figurent plusieurs civils.

1986 (24 octobre) Retour de Jean-Bedel Bokassa en République centrafricaine. Il est arrêté.

1986 (21 novembre) Référendum sur la nouvelle Constitution qui prévoit l'élection du président pour six ans, la création d'une Assemblée et un parti unique.

1987 (12 juin) A l'issue d'un procès de plusieurs mois, Jean-Bedel Bokassa est condamné à mort. Sa peine est commuée en détention à perpétuité le 29 février 1988, puis à dix ans de réclusion.

1991 (20 mars) Nomination d'un Premier ministre, Edouard Frank.

1992 (25 octobre) Elections présidentielle et législatives. Suspendues le 26 octobre, elles sont annulées le 29 par la Cour suprême.

1993 (17 janvier) Création d'un Conseil national politique provisoire de la République (CNPPR).

1993 (1er août) Libération de Jean-Bedel Bokassa.

1993 (22 août) Premier tour des élections présidentielle et législatives. Ange Patassé arrive en tête des suffrages (30 %), André Kolingba est en quatrième position (13 %).

1993 (28 août) Ordonnance d'André Kolingba modifiant la Cour suprême et le code électoral. La France suspend sa coopération. Le 30 août, annulation de ces ordonnances.

1993 (19 septembre) Deuxième tour des élections. Ange Félix Patassé (38 %) est élu président de la République face à David Dacko (21 %) et Abel Goumba (20 %).

1993 (24 octobre) Jean-Luc Mandaba est nommé Premier ministre.

1994 (28 décembre) Référendum sur la nouvelle Constitution. Très faible participation.

1995 (11 avril) Démission de Jean-Luc Mandaba. Gabriel Koyambounou est nommé Premier ministre.

1996 (avril-mai) Premières mutineries de soldats. Ils réclament le paiement de leurs arriérés de salaires. Violent affrontements entre les mutins et les troupes fidèles aux Gouvernement.

1996 (mai) Début d'une série de grèves qui paralysent le pays. Les agents réclament le paiement de leurs arriérés.

1996 (5 juin) Les participants à la " Convention des forces vives de la nation " signent un protocole d'accord ouvrant la voie à un gouvernement d'union nationale.

1996 (6 juin) Jean-Paul Ngoupandé est nommé Premier ministre.

1996 (18 juin) L'opposition refuse de faire partie du gouvernement d'union nationale en cours de constitution.

1996 (3 novembre) Décès de Jean-Bedel Bokassa.

1996 (nov.)-1997 (janv.) Nouvelles mutineries des soldats et manifestations. L'armée française est présente aux côtés de la garde présidentielle.

1997 (30 janvier) Michel Gbezera-Bria remplace Jean-Paul Ngoupandé au poste de Premier ministre. Le nouveau gouvernement qui suivra (nommé le 18 février) fait une place importante à l'opposition, avec 11 membres sur 26, contre 12 pour la majorité.

1997 (12 février) Une force interafricaine, la MISAB (Mission d'intervention et de surveillance des accords de Bangui), remplace l'intervention militaire française.

1997 (juillet) Accords de cessez-le-feu entre les mutins et la MISAB. Début d'une "réunion de réconciliation".

1997 (1er septembre) Retour au gouvernement des 9 ministres de l'opposition, qui s'étaient retirés le 5 mai.

1998 (26 février) Ouverture à Bangui de la Conférence de réconciliation nationale.

1998 (4 mars) Adoption d'un pacte de réconciliation nationale.

1998 (15 avril) La Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINURCA) prend le relais de la MISAB. Une force de 1350 hommes est chargée de renforcer la sécurité et du maintien de l'ordre.

1998 (22 novembre) Premier tour des élections législatives. Le MLPC remporte 26 sièges sur 42.

2000 (15 février) Départ définitif de la MINURCA.

2000 (17 avril) Le Premier ministre Anicet-Georges Dologuuélé procède à un remaniement partiel du gouvernement.

28 mai 2001 coup d'état manqué du général Kolingba

Novembre 2001 tentative d'arrestation de Bozizé, exil Tchadien puis Français

Octobre 2002 Coup d'Etat manqué de Bozizé

Mars 2003 Coup d'état de Bozizé

Septembre 2003 Dialogue national

Je vous remercie mes chers compatriotes.

Henri Paul Akibata Kette (10/06/2008) : Une observation s'avère utile avant de réagir une fois de plus à ce forum.
Sur ce site, une part large des intervenants sont unanimes sur l'urgence d'une prise de conscience de la jeunesse centrafricaine afin que le pays s'engage dans une voie nouvelle. Cette prise de conscience a un corollaire celui de ne point de s'embrigader dans des considérations vides de sens et qui n'a que comme luxe d'appauvrir l'Homme centrafricain. Et ce corollaire s'accompagne logiquement d'un désir - qui est à concrétiser - d'opérer une rupture avec la génération (ou toute personne) responsable de la misère du Centrafricain.
Le compatriote Blaise NIARI semble ne pas encore prendre la mesure de son rôle à part entière dans la tâche difficile de la construction de l'Etat Centrafrique. Cette assertion est justifiée par ses deux interventions, qui sont toutes deux contradictoires mais tendancieuses. Il dit dans sa première réaction, je cite : "Si KOLINGBA n'avait pas revendiqué un coup d'Etat je ne pensais pas que ses villas n'allaient pas partir en ruines comme vous le constatez et donc je ne crois pas que ça soit une action préméditée". Tout porte à croire que le compatriote parle de la tentative du putsch du 28 Mai 2001. Ce putsch manqué a fait suite à l'intervention des troupes du MLC de Jean-Pierre BEMBA. Ce qu'il confirme toujours dans sa première intervention, je cite : "BEMBA a été appelé en rescousse par PATASSE pour défendre l'intégrité du territoire dont il est responsable parce qu'il a été démocratiquement élu par les Centrafricains, donc il a assumé pleinement tout son rôle qui est celui de défendre les Centrafricains contre toutes agressions extérieures". Cette thèse de la défense de l'intégrité territoriale a été récusée dans ma première intervention. Et ceci est vrai car cette tentative malheureuse dont personne n'est fière a été orchestrée par des centrafricains et non avec des éléments tchadiens... Que de s'en tenir à cela, mon cher compatriote a amalgamé sur l'autre coup d'état, celui de BOZIZE, qui n'est point le sujet de l'interview dont nous débattons des suites ici.
Comble de l'incohérence est cette phrase, je cite : "Voici donc quelques dates importantes prouvant que PATASSE n'est pas le seul à avoir été victime d'un Coup d'Etat comme vous l'avez souligné mais sauf qu'il reste le seul à être démocratiquement(...)". Et dans ce qui suit, il est fait l'étalage des grandes dates de l'Etat Centrafrique. Connaitre son histoire est bien si celle-ci est utilisée à bon escient. Mais rien ne vient corroborer le caractère sacro-saint du "démocratiquement élu".
Cette thèse du Président "démocratiquement élu" que les uns et les autres brandissent à chaque occasion pour masquer la médiocrité d'un régime, doit faire l'objet d'une réflexion de la part des africains en général et des Centrafricains en particulier.
Etre démocratiquement élu ne donne point un chèque en blanc à un homme de martyriser son peuple. Faille-t-il rappeler aux fanatiques de cette notion que la démocratie ne s'arrête point à l'organisation d'une élection ? La démocratie a des valeurs, des vecteurs et des corollaires. Sans ces valeurs et ses corollaires, tout régime issu seulement des urnes est une dictature masquée sous le paravent de la démocratie.
A part ceux qui sont atteints de la myopie intellectuelle, qui oserait aujourd'hui proclamer que le régime de BOZIZE est démocratique ? Si le régime de BOZIZE ne peut se targuer rigoureusement et logiquement d'une démocratie, un parallèle est vite établi entre ce régime et celui de PATASSE, car les deux sont issus des urnes, certes et c'est tout. Mais le respect des Droits de l'Homme, le bien-être (soin, éducation, etc.) de la population, et toute la panoplie composant la démocratie sont rangés soigneusement dans des placards hermétiquement clos du tribalisme.
Aujourd'hui les partisans aveugles de PATASSE se disent "démocrates". Hier, ils sont les fossoyeurs de la jeune démocratie centrafricaine mise en place par le courage unique en Afrique au temps fort de la bipolarisation du défunt Président D. DACKO. Imaginons que le MLPC et son Président avaient accepté les résultats des urnes de l'époque (Mars 1981) et s'organisaient dans un cadre légal pour la conquête du pouvoir ... ? Que dire si les résultats - à travers l'application rigoureuse du code électoral mis en place par la CEMI - des élections de 1999 étaient respectés, est-ce que le pays aurait-il connu toutes ses crises multiples ? Autant de questions que les poser aujourd'hui ne résoudrait aucunement le problème centrafricain. Il est plus utile de se débarrasser des complexes et autres idées fanatiques. Le gong de la fin d'une certaine génération est en train de sonner. N'insistons point de sauver quelque chose qui est vile. Sortons de cet embrigadement en portant un regard critique sur ce qui ne va pas dans un sens patriotique et républicain...
Tout faux débat ne fera que nous retarder. Comme disait Thomas Sankara : "l'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas qu'on s'apitoie sur sont sort". Et la jeunesse centrafricaine est consciente qu'elle a été esclave de cette génération qui l'a manipulé, utilisé pour des besoins personnels. Il est temps que cette jeunesse commence et assume sa révolte que de parler d'un Président démocratiquement élu, d'un Président de siriri, d'un Président Koua Na koua, etc. Le résultat de toutes ces appellations est l'état de faillite de notre pays. Alors qu'attends-tu jeune Centrafricain ?
Singuila mingui

Séverin Lérushs Tchakoute (22/06/2008) : Bonjour chers compatriotes!
Le débat présent est utile pour une meilleure prise de conscience du rôle que chaque centrafricain doit jouer pour l'avenir de notre pays. Je salue l'ouverture d'esprit des uns et des autres qui par leurs propos m'ont élucider plusieurs zones d'ombre dans mes idées. Cependant j'ai une question à poser à M. Blaise NIARI: Est ce que le fait d'être "Démocratiquement Elu" donne le droit à un chef d'Etat de livrer sa population ou une partie de sa population à une "faction armée de rebelles barbares" en vue de défendre des intérêts égoïstes?
Avons nous le droit de laisser ces actes criminels restés impunis?
Pour ma part, je dis simplement qu'il appartient au TPI de situer les responsabilités de chacun et de faire payer les responsables. Quand à nous fils de Centrafrique il est temps qu'on se réveille afin de prendre l'avenir de notre pays en main car il est de notre devoir de remettre la Centrafrique sur les rails de l'essor économique et social. Merci à tous.

Blaise Niari (23/06/2008) : Mon cher compatriote Séverin Lérush Tchakoute, je pense que depuis l'existence de notre cher beau pays, la première opposition à l'assemblée nationale, on l'a eue sous le régime de PATASSE. Ce dernier a été démocratiquement élu par le peuple centrafricain, je crois que de la même manière dont il a été élu, les Centrafricains pouvaient le faire partir. Faire recours aux armes pour justifier une mauvaise gouvernance c'est se substituer à l'assemblée nationale. Quand PATASSE a fait appel à Jean Pierre BEMBA qui était le chef du gouvernement? C'est qui le ministre de la défense? Le chef d'Etat major?
Chacune de ces personnalités a une responsabilité dans tout ce qui s'est passé chez nous. Aujourd'hui, ils rejettent tout sur PATASSE et se permettent eux de se présenter à l'élection présidentielle. Alors qui d'eux le TPI doit rattraper?
Ce qui me choque aujourd'hui c'est que le pays est divisé, une partie est sous le contrôle de la rébellion, certains endroits restent inaccessibles, les paysans sont terrorisés et par les rebelles et par l'armée nationale qui est censée les protéger. La hausse des denrées alimentaires à Bangui reste l'une des graves conséquences de ce qui se passe actuellement dans notre pays.
Comment les familles vont faire pour se nourrir?
Est ce qu'elles le méritent?
Lors de ces actes barbares commis sur la population centrafricaine, c'est quoi le rôle des forces de la CEMAC déployées chez nous?
Voilà tant de questions qu'on doit se poser.
Je vous remercie cher compatriote.

Simplice Aimé Biamba (23/06/2008) : Bonjour Mr Niari Blaise. J'étais pris, je n'avais pas eu le temps de naviguer sur notre excellent site Sozowala. Toute charade mérite une approche. Je suis assurément désolé de l'entendement que vous incombez à cette interview. Incompréhension due peut être à votre sens exaltant griotique que vous flagorner à Patassé qui était notre Président à nous tous. Primo, ce n'est pas moi qui parle, mais j'interroge.
Secundo : Ce n'est pas une histoire de Mr Patassé comme vous le prétendez. Normalement cette interview doit vous aider au MLPC et aux autres instances du pays, à faire plus attention dorénavant à qui vous confiez des dossiers sensibles, et y mettre des « gardes fous ».
Et il très important de rappeler le passé, sans rancune bien sûr, pour le désacraliser afin de réorienter l'avenir, car il n'y a qu'en Centrafrique que l'histoire bégaie constamment. Je n'ai rien contre Patassé. Même si j'ai été l'une des victimes de son régime. Passé, c'est passé. J'ai été à deux reprises chez lui au Togo. J'étais aux funérailles de notre maman. J'ai été très bien reçu. Je n'ai rien contre les patassistes et encore moins le MLPC. D'ailleurs, j'héberge en ce moment deux chez moi ici en Europe. Ce sont mes frères, si je ne le fais pas, qui le fera. Ok ! Bonne journée

Séverin Lérushs Tchakoute (29/06/2008) : Cher compatriote Blaise!
Je suis désolé si je vous ai offensé en tant que homme par mes propos. Je ne faisais pas incriminer Mr PATASSE dans mon intervention, je ne suis d'aucune coloration politique et moins encore je ne voudrai surtout pas prendre une position à connotation politique car j'estime que nous sommes loin d'avoir un débat d'idée chez nous car l'expérience montre que les débats chez nous sont le plus souvent des débats d'homme et non d'idées. Dans mes propos je voulais simplement que chaque compatriote puisse savoir que le TPI a été saisi de ce dossier donc laissons à cet instance internationale de situer les responsabilités de chaque personne qui, au moment des faits passés, occupait un siège vectoriel dans cette histoire. J'estime à mon humble avis que c'est pas trop demandé. L'avenir nous dira qui est responsable ou qui ne l'est pas. Et qu'à la prochaine occasion que ceux qui gèrent l'exécutif confie les dossiers sensibles du pays à des personnes responsables et capables de rester et de l'être dans toutes situations. Pour ce qui est de l'opposition à l'assemblée nationale, je suis désolé de vous dire qu'en 1992 après le sommet de La Baule il y avait une opposition à l'assemblée. Bien à vous. Merci.

Yvano Sana (31/07/2008) : Droit de réponse à Mr Niari Blaise que je connais personnellement. Mr Niari j'ai constaté dans votre raisonnement, et même lors d'un débat politique entre toi et moi, Ange Felix Patassé n'a commis aucun mal en Centrafrique pendant son passage. Je vais te rappeler une fois de plus quelque chose. Quant Patassé rentrait de son exil pour les élections présidentielles de 92, il a été reçu en messie, c'était presque la Centrafrique qui était pour lui. Une majorité des villes centrafricaines étaient pour Patassé. C'est pour te dire que c'est le président aimé par les Centrafricains. Maintenant qu'il est élu, il devrait mettre en œuvre ses idées afin de parvenir à la croissance de la RCA. Qu'est ce nous avons constaté au temps de Patassé ? que de cumulation de postes de nomination qui gênent, des discours pédants qui d'ailleurs ne changent rien au problème des Centrafricains. Il est normal dans cette situation qui s'empirait pour les Centrafricains de procéder à un changement. Et donc la procédure la plus bonne était un coup d'Etat. Ce qui devrait être fait par un bon chef des armées comme Kolingba, mais malheureusement compte tenu sa lourdeur, Bozizé avait pris le relais. J'attends d'abord ta réponse pour la suite.

Belem Maitard Modéanga (29/09/2008) : J'estime utile de rappeler à certains compatriotes que le débat Centrafricain ne peut et ne saurait avoir pour sujet que Mr PATASSE. Le Président PATASSE n'est que le maillon d'une grande chaine d'hommes politiques et d'état centrafricain qui, à de divers degrés, ont plus ou moins œuvré dans le paysage politique en fonction des moyens qu'ils disposent. Nul ne peut s'approprier l'histoire et encore moins la façonner à son gré! Les discours foncièrement rancuniers de certains laissent entrevoir dans cette interview un calcul politique tendant, tout simplement, à blanchir KOLINGBA de ses tristes prises de positions anticonstitutionnelles et à faire un procès d'intention à l'égard de PATASSE. La R.C.A a mieux à espérer et que tout tendancieux et masqué ne contribue point à l'idée d'une réconciliation nationale engagée...

 

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