Simplice Aimé
Biamba
(28/05/2008) :
Rencontré par pur hasard dans une gare en Hollande, cet ancien agent des
renseignements centro, délie sa langue et livre ce qui suivra. Nous
voulons mettre en exergue que c'est par pur souci d'informer que nous
transmettons cette interview. En cette période de recherche de la
réconciliation, toutes informations doivent être prise en valeur
absolue. A chacun d'en apprécier la véracité des propos.
(Réalisé début Mars 2008 en Hollande par SB)
SB : Bonjour Big-Chef
Agent : Bonjour « C-Riva », appels moi « Delta-Alpha », le chef na plus
sont importance depuis que je suis refugié en Scandinavie.
SB : Comment va le B2 ? (Bureau central des renseignements dans les
années 80)
DA : Oh !, Bof, je ne sais plus, aucune idée, je me suis déjà
reconvertis à autres chose
SB : En quoi précisément ?
DA : Ben !, Autres chose que ce milieu des renseignements
SB : Un agent comme vous peut-il perdre facilement son professionnalisme
et camouflage ?
DA : (rire) Avec Dieu tout est possible,...
SB : Quand êtes vs entrer au B2
DA : Officiellement je ne margeais pas sur la liste des éléments de
B2....
SB : Ah, bon (surprise)
DA : Ben ! oui, jai été recruté discrètement à l'époque par Panthère
noire, (l'un des noms de camouflage du vaillant agent-chef selon lui) le
défunt Babémon de la gendarmerie dont je loue et salue la mémoire, pour
filer et faire le regroupement des infos fournies par les agents du B2.
SB : Une sorte de contre espionnage ?
DA : En quelques sorte, mais tu le sais bien ! C'est dans cette optique
qu'on finançait certains de vos mouvements de la jeunesse dans les années
80, (bal des jeunes et autres....) pour revérifier certaines infos
provenant du milieu de la jeunesse.
SB : Qu'est ce qui n'a pas marché pour qu'on en arrive là en Centrafrique ?
DA : Oh ! C'est une longue histoire. Tu sais, c'était pour une noble cause
que je me suis engagé dans ce métier, pensant défendre notre pays en
contribuant par ma modeste manière à l'épanouissement au sens large de la
sécurisation de notre riche et beau pays la République Centrafricaine...
SB : Et alors... ?
DA : Peine perdue,...(geste de regret)... Bof !, qu'est ce que tu veux,
...c'est difficile d'en parler ?
SB : Sil vous plait, en quelques phrases, qu'est-ce qui na pas marché au
sein de notre service de renseignement de l'époque et peut être aujourd....
?
DA : Tu sais (beaucoup d'hésitation), tout ce qui arrive à notre pays
aujourd'hui ne devrait pas l'être, si les instructions et les projections
proposées à l'époque ont été suivies. La conférence nationale, la
filassions et financements des milieux syndicaux par les instances
extérieures, les grèves, les messes de minuit de l'opposition, les
circuits Mlpciste d'Allemagne et France, l'autosuffisance alimentaire,
même la dévaluation, etc... Tous les dossiers et les propositions des
solutions sur une projection de 20 ans y compris les différents
scenarios, étaient très bien ficelés bien avant la conférence de la
Baule. Il ne manquait qu'une chose, LA VOLONTE POLITIQUE de l'époque pour
la planification.
-silence, (signe de regret puis il continu)
DA : Et puis ce fameux Colonel Mention qui se prenait pour Papa
Roméo....
SB : A quel moment tout a basculé,... ?
DA : Le découragement s'est installé, quand Mention commençait à
manipuler « Papa Roméo » et réussi à avoir son approbation pour
désorganiser tout le réseau de renseignement mise en place, en écartant
ceux du CMRN (Comité de Redressement National mise en place le Général
Kolingba en 81) qui maitrisaient déjà la méthode du Colonel Mention
avec ces médiocres filatures et fiches bidons sur des hommes politiques
inoffensifs....Il orientait les choses pour que la France ait la
manivelle du CMRN.
SB : Un instant, qui est Papa Roméo ?
DA : Ben !, c'est le PR, le Président de la République, « le Soleil »,
... (mon étonnement..)... Grand K,
SB : ah !, ok, Mention vous connaissait personnellement.
DA : Non, je fais partie dune autre équipe officieuse, nous émargeons
sur un autre fond de caisse contre espionnage autre que celui du B2.
Même Papa Roméo. C'était très ingénieux..
SB : Pourquoi espionner encore la B2 ?
DA : C'était l'idée de Panthère Noire (Babemon), les agents officiels du
B2 étaient très mal formés, recrutés çà et là sur le tas comme
aujourd'hui dailleurs, très indiscrets et c'est le gros problème de notre
pays. Le pays est très faible à cause de l'indiscrétion chronique à tous
les niveaux de l'administration de notre pays. Pour le SEX, un grand
homme d'état chez nous peut livrer un secret d'état sur la place publique,
c'est vraiment dommage. Les USA sont fort à cause de la CIA, ne parlons
pas de la DST, des polices des polices dans autres pays puissant et
fort, c'est dommage chez nous. L'interpole était pourtant au top.
SB : Qu'est ce que vous reprochez au régime Grand K
DA : Trop humble pour un chef est un défaut. Je le comprends, mais on ne
joue pas avec un adversaire, c'est son problème, et l'avenir nous a bien
prouvé. Nous avons baissé nos armes quand il a commencé à réaliser des
confrontations impensables à la base des renseignements qu'on lui
fournissait de proche ou de loin, c'était inconcevable dans notre métier.
Du coup, nos couvertures ne sont plus valables et pour nous préserver,
nous nous résignons. Et pourtant nous avons nos systèmes de regroupement
des infos. Le non suivi des renseignements au niveau de l'interpole et
les contacts de l'extérieur, à découragé plus d'un. Son parti, le RDC
était rempli à l'époque que par des aventuriers qui n'ont aucune
conviction politique et Grand K avait tous ces renseignements, mais
malheureusement il a laissé faire, et l'avenir continue de nous donner
raison.
SB : Le MLPC était infiltré... ?
DA : Infiltré jusqu'à la moelle épinière. Les échanges des infos ont été
parfaits. Au fait, les éléments qui ont basculé au régime MLPC après lélection 94 était une histoire de blanc-bonnet, bonnet-blanc. Après le
coup d'état piégé de 82, (on était au courant depuis le début des
préparatifs) Borro, Bébes, Gal Mbaïkoua,... (Silence) bref, où Patassé
a été attrapé à l'époque où il projetait et tentait d'escalader
l'ambassade d'Allemagne, bon bref,... Grand K a ordonné qu'on le laisse sortir du
pays, ce qui a été fait... Mais il a été toujours filé dans tous ses
déplacements et contact à l'extérieur jusqu'à son retour et prise du
pouvoir.
SB : Ah, bon
DA : Grand K avait toutes les infos, et même les documents audio et
vidéo de la plupart toutes ses activités et contacts depuis l'étranger.
Même ses intentions secrètes.
SB : Pourquoi il ne les a pas utilisés pendant les campagnes de 94 ?
DA : Personne ne sait pourquoi, vraiment on ignore, ... (grand signe de
regret)
SB : Comment vos informateurs dans les autres partis étaient récompensés
à l'époque ?
DA : Diverses manières !... y compris des postes administratifs. Ils
étaient déjà là dans le circuit, avant les événements du 1er septembre
81. Rien n'a été inventé de nouveau. Ils changent de veste quand le vent
change de direction. Le grand Bravo et Kwa-na-kwa doivent être prudents.
Les régimes changent, l'agent double est toujours double et restera
toujours double, le chien ne change jamais sa manière de s'assoir. Ils
tissent le bois, allument discrètement un feu, jouent le pompier et
change de trajectoire quand tout va mal.
SB : Parole d'un doyen
DA : Non ! conseille d'un frère d'arme
SB : Quelques mots sur les mutineries ?
DA : Cette histoire m'énerve, quand j'y pense (silence puis).. Cétait une
cause noble qui devait éviter les massacres de 2001 Mais...
SB : C'était quand même osé de défier un régime ?
DA : Non ! (rire) Nous sommes présentement presque à l'extrême nord du
monde ; Quand l'hiver arrive, on cherche toujours une solution de
protection de force, et on ne peut pas dire que c'est osé de défier le
temps, mais c'est une histoire de survie !...
Vous savez bien qu'on dit souvent chez nous, qu'il n'y a pas de fumée sans
feu le problème est que nos jeunes frères d'arme ont un problème de
conviction, d'endurance et de patriotisme. Un fantassin est un fantassin
doit être et rester fantassin. Je loue puissamment la mémoire de tous les
vaillants frères d'arme tomber, armes à la main dans les 3 mutineries.
SB : Qu'est-ce que vous leur reprochez exactement ?
DA : Mais regarde, par exemple, les responsables des 2 premières
mutineries ont abandonné, livrés leur troupe à l'ennemi et sur le
terrain en plein combat. C'est inconcevable et très grave pour une
action militaire. La débandade est une honte dans l'armée.
Le cas des responsables de la dernière mutinerie est mirifique pour leur
grade.
Comment une union des officiers, tête pensante dune armée peut-elle
capituler aussi facilement comme un groupe des syndicalistes civils ? C'est impensable pour une armée ! Je félicite largement les
Ivoiriens ! C'était du n'importe quoi chez nous! ( un peu nerveux) ces responsables,
de surcroît des officiers ont vendu le mouvement dès le début, le reste n'était que de
l'affairisme.
SB : J'étais à Bangui l'époque. A chaque réunion au niveau de l'organe
dirigeant de la mutinerie, tout Bangui était au parfum !
DA : Mais oui,..je vous parlais tout à l'heure de manque chronique de la
culture de discrétion dans notre pays, c'est grave. Dans notre ex-métier, la désinformation est une arme, mais
l'indiscrétion est un crime.
Eux-mêmes, ils monnayaient les infos avec le pouvoir qu'ils combattaient
à l'époque, et ils étaient surpris, (les éléments innocents) dû fait que
la MISAB ( Mission inter de surveillance des accords de Bangui) et
l'armée française les ont attaqués. Quand l'adversaire connaît ton point
faible, il frappe pour réduire au maxi ton orgueil et te faire fléchir
devant la table de négociation. Si les gens pouvaient garder leur langue
dans la poche en face dune bouteille de bière.
SB : Et le milieu français dans tout çà ?
DA : Oh ! Officieusement, c'était un combat de la gauche française contre
la droite chiraquienne sur notre sol, sous le conseil du Gabon. Voyant
l'incapacité notoire des responsables de la mutinerie à être tenace
devant les menaces durant les négociations, les « Pour », au niveau
français ont préférés laisser le combat pour le reprendre plus tard avec
un vrai militaire, et atteindre l'objectif de la libération du peuple
sous le joug de souffrance du régime Patassé.
SB : Le coup d'état de 2001
DA : Non, le TPI est là-dessus, je crois que très bientôt, je dirai même
avant l'automne, le chef rebelle « Gbaka du Zaire» Bemba et les autres
complices de chez nous, répondront de leur crimes, assassinat, viols,
vols, etc. je n'aimerais pas trop m'y attarder. (Interview réalisé début
mars 2008)
SB : Patassé est au Togo et Bemba ?
DA : Le TPI le trouvera facilement à Waterloo dans sa villa en Belgique
SB : Kolingba était-il vraiment l'auteur du coup ?
DA : Non, non, non. (hésitation)... le TPI vous éclaircira, ils ont tout
le dossier. Ce que je peux dire, c'était plusieurs coups en préparation
compte tenu de la désastreuse situation du pays qu'avait provoqué le régime MLPC de Patassé, du fait
d'incompétence notoire de leur gestion. Le
problème est que, les différents projets d'action avaient en commun les
mêmes éléments. Le plus malin connaissant la date d'action des autres et
a souhaité anticiper le sien mal préparé et le résultat, nous le
connaissons, échec d'objectif..
SB : Mais Kolingba l'avait revendiqué ?
DA : Ce n'était pas encore la date de son action, sinon la réussite
devrait être total. L'indiscrétion chronique et légendaire de certains de
ces éléments cupides a permis à un autre d'être au parfum et d'anticiper
précipitamment ce malheureux forfait.
SB : Mais pourquoi a-t-il revendiqué alors ?
DA : Son paternalisme de la fraternité d'arme est l'une des raisons, le
reste, vous le saurez avec le TPI
SB : Et si l'autre n'avait pas anticipé ?
DA : Rien à faire, ça devrait être un passage transitoire en douceur,
sans dégâts,
SB : Pourquoi les rebelles congolais ont égorgé la population, et
DA : C'était suite à l'appel de Patassé et ses proches. Vous avez encore
en mémoire le discours du ministre de la défense de l'époque sur les
ruines des villas du Général Kolingba à Ouango. C'était une action
préméditée depuis des moments et le coup manqué a été une occasion en
or. Personne n'ignore que Patassé est ancien 1er ministre de Bokassa, un
compère de longue date des méthodes et pratique de la dictature. Dès
son arrivé au pouvoir, le slogan de ses proches était que les yakoma
devraient transporter du sable sur leur tête pour construire sa villa.
Et.
SB : Je sais que vous vous réserviez, mais vous n'avez pas encore
répondu à ma question. Pourquoi les Centrafricains sont égorgés ?
DA : En faisant cela, Bemba voulait prouver à Patassé que son mouvement
collaborait pied et bec à son régime. Vous savez, son hélico, sa voiture
blindée (ben détruite maintenant), certains de ses armes lourdes
proviennent de la Lybie. Et notre aéroport était le tremplin du bizness transactionnel de la rébellion congolaise. Sans oublier les
caissettes de viande de bœuf que Patassé fournissait à la rébellion. Le
régime Patassé était une base arrière de la rébellion à l'époque..
SB : en contrepartie ?
DA : Beaucoup de choses, les militaires mutins qui fuyaient pour Zongo
étaient rapatriés sans cœur morts ou vifs,.
SB : Pensez-vous vraiment que le TPI fera justice pour que « cette chose
» ne se reproduise plus en Afrique centrale ?
DA :Le sang des innocents n'est jamais resté impuni. Il faut faire
confiance au TPI. C'est un organe défenseur des veuves, des orphelins et
des sans voix.
Le cas Charles Taylor est un exemple. Bemba, Patassé et tous leurs
acolytes répondront un jour de leur actes et responsabilités devant les
hommes et devant Dieu.
SB : Merci Delta Alpha
DA : C'est moi qui te remercie, que Dieu nous bénisse et que notre pays
devient un jour majeur.
SB : Que Dieu nous bénisse.
DA : Amen.
Djoudjou
Nesco
(31/05/2008) :
Ces informations me semblent crédibles. L'histoire suit sont cours.
Quand elle se répète, elle devient une ironie. Bemba est sous les
verrous, d'autres passeront. Ils payeront cash.
Blaise
Niari
(04/06/2008) :
Salut Simplice Aimé BIAMBA! A l'heure où nous parlons du dialogue
politique inclusif dans notre pays, vous nous parlez du coup d'Etat
manqué de 1982, des trois mutineries, du régime de PATASSE et de
l'arrestation de BEMBA. Si KOLINGBA n'avait pas revendiqué un coup
d'Etat je ne pensais pas que ses villas n'allaient pas partir en ruines
comme vous le constatez et donc je ne crois pas que ça soit une action
préméditée. Et si je ne me trompe pas lors du coup d'Etat de 1982, la
maison de PATASSE a été mise à sac et si nous remontons à l'arrivée de
DACKO en 1979 on parlait de "Grâce à Dacko". Alors un coup d'Etat manqué
ou réussi a toujours des conséquences. L'arrivée de DACKO au pouvoir par
les Français, la fuite de PATASSE en 82 et le coup d'Etat manqué,
revendiqué par KOLINGBA ont la même conséquence que nous connaissons
tous et qui est le saccage, alors je ne vois pas en quoi vous en voulez
tant au président PATASSE. Surtout dire que le slogan des proches de
PATASSE était que les YAKOMA devraient transporter du sable sur leur
tête pour construire la villa de PATASSE c'est vraiment divaguer. Je
pense que PATASSE c'est celui qui avait travaillé beaucoup plus avec les
YAKOMA. L'heure est à la réconciliation nationale, arrêtons avec ces
histoires ethniques ça ne nous fait pas avancer.
Tous les pays limitrophes de la Centrafrique sont loin, vous n'allez pas
me dire le contraire.
A l'heure où dans les pays voisins on réclame les hausses de salaires et
les meilleures conditions de travail, nous on réclame les arriérés de
salaires. BEMBA a été appelé en rescousse par PATASSE pour défendre
l'intégrité du territoire dont il est responsable parce qu'il a été
démocratiquement élu par les centrafricains, donc il a assumé pleinement
tout son rôle qui est celui de défendre les Centrafricains contre toutes
agressions extérieures. Les victimes dans ces affrontements ce sont les
civils Centrafricains. Les troupes de BEMBA et la rébellion
centrafricaine ont toutes leurs responsabilités dans ces actes barbares.
Aujourd'hui, il est normal que la justice
soit rendue pour ces victimes.
L'heure est à la réconciliation, au rassemblement de tous les
Centrafricains quelles que soient leurs origines ethniques ou leurs
appartenances politiques. Le tribalisme ne fait jamais avancer un pays,
seule la compétence reste un outil nécessaire au développement de la
Centrafrique. Je vous remercie cher compatriote.
Frédéric
Djoniouango
(05/06/2008) :
Bonjour à tous
Avec votre permission, je voudrais revenir entre ces lignes pour
répondre au compatriote Niari qui soutient un régime qui a plongé la RCA
dans un état comateux, à savoir le régime de Patassé.
Il convient tout d'abord de faire comprendre à monsieur Niari que les
coups d'Etat sont un fait de société en Afrique et interviennent la
plupart des cas à bon escient pour sortir un peuple meurtri par les
agissements crapuleux d'un dictateur. Mais de tous les coups d'état, on
a jamais vu le massacre contre une ethnie sous prétexte qu'elle
appartient à l'auteur d'un coup d'état. Si vous n'avez pas le sens de
l'analyse pour comprendre le mal que Patassé a causé au peuple
centrafricain, il faut laisser tranquille monsieur Biamba qui n'a fait
que porter à la connaissance du public ce qui se passait tout bas.
Henri Paul
Akibata Kette
(05/06/2008) :
Beaucoup de Centrafricains parlent de la réconciliation, comme si cela
suffisait d'une réunion... Alors qu'une réconciliation comme souhaitée
par les Centrafricains est un comportement, est une conviction à vivre
au quotidien, est un état d'esprit à cultiver sans cesse, sans répit.
Depuis comme l'ont souligné bon nombre d'intervenants, il y a des
séminaires, des colloques, et autres. Rien comme résultat tangible. Le
Centrafricain n'arrive pas encore à travailler avec l'autre qui n'est
pas de la même ethnie que lui. Pourquoi ? Parce que l'on aime bien
surfer sur l'ignorance des uns et des autres, et, plus l'on élude toute
analyse sérieuse en faisant de nos opinions des vérités à imposer aux
autres. Pour preuve, la réaction du compatriote Blaise Niari...
La conversation sous forme d'interview qu'a remontée le compatriote
Simplice Biamba est plus une charge contre le comportement attentiste du
Président Kolingba que contre l'épuration ethnique diligentée par le
régime Patassé. Et cette tentative d'épuration ne date pas
d'aujourd'hui. Déjà en 1981, une liste circulait identifiant des
Centrafricains dignes de ne pas vivre car appartenant à un groupe
ethnique bien déterminé. En quoi, peut-on se targuer de dire que Patassé
est le seul à travailler le plus avec les Yakoma comme si ces derniers
étaient une entité extérieure au pays et que travailler avec eux est une
prouesse...
Pour mieux se rendre compte des rancœurs les uns vis-à-vis des autres,
comme peut penser un instant un Centrafricain, que ce que le Président
Patassé a fait était à défendre ? Oui, Patassé était attaqué. Oui, il
devrait défendre son pouvoir et non une intégrité territoriale comme
veut le faire valoir gauchement le compatriote Niari. Car défendre
l'intégrité territoriale, cela relève d'une attaque extérieure. Or, le
coup d'état revendiqué par Kolingba (qui est un Centrafricain) n'est
point une attaque extérieure. Elle est intérieure. Et il ne faut point
oublier que le régime de Patassé est le premier régime centrafricain à
subir une tentative de coup d'état... Mais de tous ces régimes aucun
(sauf si je me trompe, recadrez-moi) n'a fait appel à une force
extérieure voisine pour faire subir à la population civile ce que le
peuple centrafricain dans son ensemble à subi. Aujourd'hui les stigmates
sont visibles. L'augmentation du taux de sérologie du VIH est due
fortement à ces actes barbares. Et comme par enchantement, puisqu'il
doit y avoir dialogue inclusif, il faut tout oublier et composer avec
les anciens bourreaux sans un mea culpa sincère de leur part.
Non, le temps de tout oublier pour cause d'une réconciliation fictive
est révolu. Une génération plus exigeante se lève et n'accepte plus des
petits arrangements égoïstes entre certaines personnes qui n'ont cure de
l'homme centrafricain et encore moins de son bien-être.
Oui, compatriote Niari l'heure est à la réconciliation. Mais une
réconciliation entre les brebis et les loups. Il faut toujours être
capable de séparer l'ivraie de la bonne graine. Cela tout peuple digne
de respect s'applique à lui-même. Et le Centrafricain depuis longtemps a
trop enduré. Il faut arrêter ces vilenies de pensées. Que chacun pour se
rendre compte de la vraie réconciliation fredonne au fond de lui les
quelques vers de notre hymne national :
O, Centrafrique,
o, berceau des Bantou
Reprends ton droit
Au respect à la vie
Longtemps subis
Longtemps brimé par tous.
Mais de ce jour
Brisons la tyrannie.(...)
Brisons la tyrannie des assoiffés de sang et de pouvoir qui nous font
stagner dans la honte et la médiocrité...
Blaise
Niari
(06/06/2008) :
Mr Fréderic Djoniouango, il m'a été donné de constater que dans vos
propos vous avez considéré les coups d'Etat en Afrique comme une
solution de pouvoir sortir un peuple meurtri sous un régime dictatorial.
Etant démocrate, je ne cautionne pas un coup d'Etat, je voudrais bien te
faire comprendre que le président démocratiquement élu est à la tête de
l'armée et le rôle de l'armée c'est de défendre les intérêts nationaux,
protéger le peuple et ses Biens.
Je pense qu'il y a un autre moyen de destituer un régime dictatorial que
de passer par les armes. La plupart des coups d'Etat organisés en
Afrique sont pour des questions d'intérêts personnels pour les Auteurs
souvent appuyés par les Occidentaux qui, eux aussi visent leurs
intérêts, alors arrêtons de justifier le fait qu'un peuple souffre sous
un quelconque régime par un coup d'Etat.
La Centrafrique a été le pays où VGE (Valery GISCARD d'ESTAING) élu
démocratiquement a effectué sa première visite officielle bien que
BOKASSA soit un dictateur. Dans son discours, il a déclaré que BOKASSA
était un président à vie. Il n'y avait pas d'arriérés de salaires comme
aujourd'hui, de guerre.
On n'était pas sous la tutelle du Gabon, du Tchad ou du Congo Brazza
comme c'est le cas aujourd'hui.
Les arriéré de salaires, on a commencé à les accumuler à partir des
années 90.
Monsieur Henri Paul AKIBATA KETTE, quand on a affaire à des rebelles qui
ont une identité Tchadienne on ne va plus parler d'une attaque
intérieure.
Voilà donc plus de 150 personnes, dont 55 enfants, ont été prises en
otages et victimes "d'actes ignobles" par des hommes "utilisant des
tactiques" des rebelles ougandais, fin février début mars dans l'est de
notre pays, selon un document de travail des Nations unies. "Plus de 300
hommes armés ont attaqué les villages de Bambouti, Gbassigbiri, Ligoua
et Obo aux frontières avec la République démocratique du Congo (RDC) et
le Soudan. Les stratégies d'attaques et les langues utilisées sont
celles de la LRA (Armée de résistance du Seigneur, rébellion
ougandaise)", selon ce document, citant l'équipe de l'ONU qui revient de
la région.
Alors où est notre armée nationale? elle ne connait que la guerre
fratricide dont seuls les civils centrafricains sont victimes.
Voici donc quelques dates importantes prouvant que PATASSE n'est pas le
seul à avoir été victime d'un Coup d'Etat comme vous l'avez souligné
mais sauf qu'il reste le seul à être démocratiquement élu depuis
l'élection de DACKO après la mort de notre père fondateur BOGANDA.
1958 (1er décembre) Proclamation de la République centrafricaine.
Barthélémy Boganda est président.
1959 (16 février) Mort de Barthélémy Boganda dans un accident d'avion.
Abel Goumba est président par intérim.
1960 (13 août) Indépendance de la République centrafricaine.
1960 (14 août) David Dacko est élu à la présidence de la République.
1964 (8 décembre) Création à Brazzaville de l'Union douanière des Etats
de l'Afrique centrale (UDEAC) réunissant le Cameroun, le Congo, le
Gabon, la République centrafricaine et le Tchad, et dont le siège est à
Bangui.
1966 (1 janvier) Coup d'Etat militaire. Le colonel Jean-Bedel Bokassa
prend le pouvoir.
1966 (4 janvier) Abrogation de la Constitution.
1968 (2 avril) Création de l'Union des Etats d'Afrique centrale (UEAC) :
Congo-Kinshasa, Tchad et République centrafricaine.
1969 (11 avril) Tentative de coup d'Etat du lieutenant-colonel Alexandre
Banza.
1970 (30 août) Réforme agraire.
1972 (2 mars) Jean-Bedel Bokassa est fait président à vie.
1973 (7 avril) Découverte d'un complot. L'ex-ministre Auguste M'Bongo
est arrêté.
1974 (19 mai) Jean-Bedel Bokassa est promu maréchal.
1974 (décembre) Tentative de coup d'Etat du général Lingoupou.
1976 (3 février) Le maréchal Bokassa échappe à un attentat.
1976 (5 septembre) Le maréchal Bokassa dissout le gouvernement et crée
le Conseil de la révolution centrafricaine (CRC).
1976 (septembre) David Dacko, ancien président, devient le conseiller du
maréchal Bokassa.
1976 (4 décembre) Proclamation de l'empire centrafricain lors du congrès
extraordinaire du MESAN (Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique
noire).
1977 (6 janvier) L'appartenance au MESAN devient obligatoire.
1977 (4 décembre) Sacre de l'empereur Bokassa Ier.
1979 (janvier) Emeutes d'étudiants. Répression sanglante.
1979 (17/19 avril) Arrestations et meurtres d'enfants. Une commission
d'enquête conclut à la participation effective de Jean-Bedel Bokassa à
ces massacres.
1979 (20/21 septembre) Coup d'Etat. David Dacko prend le pouvoir alors
que Jean-Bedel Bokassa est en Libye. La France envoie des troupes
(opération Barracuda).
Le rétablissement de la République centrafricaine est proclamée.
1979 (26 septembre) Formation du nouveau gouvernement confiée à M.
Ayando.
1979 (29 octobre) Manifestation de lycéens et étudiants.
1979 (3 novembre) Arrestation d'Ange Patassé, ancien Premier ministre de
Jean-Bedel Bokassa, chef de l'opposition et leader du Mouvement de
libération du peuple centrafricain (MLPC).
1980 (20 mars) Création par le président David Dacko du parti unique,
l'Union démocratique africaine (UDC).
1980 (24 décembre) Condamnation à mort par contumace de Jean-Bedel
Bokassa.
1981 (1er février) Référendum sur le projet de nouvelle Constitution.
Adoption par une large majorité.
1981 (15 mars) Election présidentielle. David Dacko est élu (50,23%)
devant Ange Patassé (38,11%).
1981 (3 avril) Simon Narcisse Bozanga est nommé Premier ministre.
1981 (mai-juillet) Grèves, attentat à Bangui. L'état de siège est
décrété le 21 juillet.
1981 (1er septembre) Le général André Kolingba contraint le président
David Dacko à démissionner. La Constitution est suspendue, les partis
interdits. Le général André Kolingba devient président du Comité
militaire de redressement national (CMRN).
1982 (3 mars) Tentative de coup d'Etat d'Ange Patassé.
1985 (21 septembre) Dissolution du CMRN. Constitution d'un nouveau
gouvernement où figurent plusieurs civils.
1986 (24 octobre) Retour de Jean-Bedel Bokassa en République
centrafricaine. Il est arrêté.
1986 (21 novembre) Référendum sur la nouvelle Constitution qui prévoit
l'élection du président pour six ans, la création d'une Assemblée et un
parti unique.
1987 (12 juin) A l'issue d'un procès de plusieurs mois, Jean-Bedel
Bokassa est condamné à mort. Sa peine est commuée en détention à
perpétuité le 29 février 1988, puis à dix ans de réclusion.
1991 (20 mars) Nomination d'un Premier ministre, Edouard Frank.
1992 (25 octobre) Elections présidentielle et législatives. Suspendues
le 26 octobre, elles sont annulées le 29 par la Cour suprême.
1993 (17 janvier) Création d'un Conseil national politique provisoire de
la République (CNPPR).
1993 (1er août) Libération de Jean-Bedel Bokassa.
1993 (22 août) Premier tour des élections présidentielle et
législatives. Ange Patassé arrive en tête des suffrages (30 %), André
Kolingba est en quatrième position (13 %).
1993 (28 août) Ordonnance d'André Kolingba modifiant la Cour suprême et
le code électoral. La France suspend sa coopération. Le 30 août,
annulation de ces ordonnances.
1993 (19 septembre) Deuxième tour des élections. Ange Félix Patassé (38
%) est élu président de la République face à David Dacko (21 %) et Abel
Goumba (20 %).
1993 (24 octobre) Jean-Luc Mandaba est nommé Premier ministre.
1994 (28 décembre) Référendum sur la nouvelle Constitution. Très faible
participation.
1995 (11 avril) Démission de Jean-Luc Mandaba. Gabriel Koyambounou est
nommé Premier ministre.
1996 (avril-mai) Premières mutineries de soldats. Ils réclament le
paiement de leurs arriérés de salaires. Violent affrontements entre les
mutins et les troupes fidèles aux Gouvernement.
1996 (mai) Début d'une série de grèves qui paralysent le pays. Les
agents réclament le paiement de leurs arriérés.
1996 (5 juin) Les participants à la " Convention des forces vives de la
nation " signent un protocole d'accord ouvrant la voie à un gouvernement
d'union nationale.
1996 (6 juin) Jean-Paul Ngoupandé est nommé Premier ministre.
1996 (18 juin) L'opposition refuse de faire partie du gouvernement
d'union nationale en cours de constitution.
1996 (3 novembre) Décès de Jean-Bedel Bokassa.
1996 (nov.)-1997 (janv.) Nouvelles mutineries des soldats et
manifestations. L'armée française est présente aux côtés de la garde
présidentielle.
1997 (30 janvier) Michel Gbezera-Bria remplace Jean-Paul Ngoupandé au
poste de Premier ministre. Le nouveau gouvernement qui suivra (nommé le
18 février) fait une place importante à l'opposition, avec 11 membres
sur 26, contre 12 pour la majorité.
1997 (12 février) Une force interafricaine, la MISAB (Mission
d'intervention et de surveillance des accords de Bangui), remplace
l'intervention militaire française.
1997 (juillet) Accords de cessez-le-feu entre les mutins et la MISAB.
Début d'une "réunion de réconciliation".
1997 (1er septembre) Retour au gouvernement des 9 ministres de
l'opposition, qui s'étaient retirés le 5 mai.
1998 (26 février) Ouverture à Bangui de la Conférence de réconciliation
nationale.
1998 (4 mars) Adoption d'un pacte de réconciliation nationale.
1998 (15 avril) La Mission des Nations unies en République
centrafricaine (MINURCA) prend le relais de la MISAB. Une force de 1350
hommes est chargée de renforcer la sécurité et du maintien de l'ordre.
1998 (22 novembre) Premier tour des élections législatives. Le MLPC
remporte 26 sièges sur 42.
2000 (15 février) Départ définitif de la MINURCA.
2000 (17 avril) Le Premier ministre Anicet-Georges Dologuuélé procède à
un remaniement partiel du gouvernement.
28 mai 2001 coup d'état manqué du général Kolingba
Novembre 2001 tentative d'arrestation de Bozizé, exil Tchadien puis
Français
Octobre 2002 Coup d'Etat manqué de Bozizé
Mars 2003 Coup d'état de Bozizé
Septembre 2003 Dialogue national
Je vous remercie mes chers compatriotes.
Henri Paul
Akibata Kette
(10/06/2008) :
Une observation s'avère utile avant de réagir une fois de plus à ce
forum.
Sur ce site, une part large des intervenants sont unanimes sur l'urgence
d'une prise de conscience de la jeunesse centrafricaine afin que le pays
s'engage dans une voie nouvelle. Cette prise de conscience a un
corollaire celui de ne point de s'embrigader dans des considérations
vides de sens et qui n'a que comme luxe d'appauvrir l'Homme
centrafricain. Et ce corollaire s'accompagne logiquement d'un désir -
qui est à concrétiser - d'opérer une rupture avec la génération (ou
toute personne) responsable de la misère du Centrafricain.
Le compatriote Blaise NIARI semble ne pas encore prendre la mesure de
son rôle à part entière dans la tâche difficile de la construction de
l'Etat Centrafrique. Cette assertion est justifiée par ses deux
interventions, qui sont toutes deux contradictoires mais tendancieuses.
Il dit dans sa première réaction, je cite : "Si KOLINGBA n'avait pas
revendiqué un coup d'Etat je ne pensais pas que ses villas n'allaient
pas partir en ruines comme vous le constatez et donc je ne crois pas que
ça soit une action préméditée". Tout porte à croire que le
compatriote parle de la tentative du putsch du 28 Mai 2001. Ce putsch
manqué a fait suite à l'intervention des troupes du MLC de Jean-Pierre
BEMBA. Ce qu'il confirme toujours dans sa première intervention, je cite
: "BEMBA a été appelé en rescousse par PATASSE pour défendre
l'intégrité du territoire dont il est responsable parce qu'il a été
démocratiquement élu par les Centrafricains, donc il a assumé pleinement
tout son rôle qui est celui de défendre les Centrafricains contre toutes
agressions extérieures". Cette thèse de la défense de l'intégrité
territoriale a été récusée dans ma première intervention. Et ceci est
vrai car cette tentative malheureuse dont personne n'est fière a été
orchestrée par des centrafricains et non avec des éléments tchadiens...
Que de s'en tenir à cela, mon cher compatriote a amalgamé sur l'autre
coup d'état, celui de BOZIZE, qui n'est point le sujet de l'interview
dont nous débattons des suites ici.
Comble de l'incohérence est cette phrase, je cite : "Voici donc
quelques dates importantes prouvant que PATASSE n'est pas le seul à
avoir été victime d'un Coup d'Etat comme vous l'avez souligné mais sauf
qu'il reste le seul à être démocratiquement(...)". Et dans ce qui
suit, il est fait l'étalage des grandes dates de l'Etat Centrafrique.
Connaitre son histoire est bien si celle-ci est utilisée à bon escient.
Mais rien ne vient corroborer le caractère sacro-saint du
"démocratiquement élu".
Cette thèse du Président "démocratiquement élu" que les uns et les
autres brandissent à chaque occasion pour masquer la médiocrité d'un
régime, doit faire l'objet d'une réflexion de la part des africains en
général et des Centrafricains en particulier.
Etre démocratiquement élu ne donne point un chèque en blanc à un homme
de martyriser son peuple. Faille-t-il rappeler aux fanatiques de cette
notion que la démocratie ne s'arrête point à l'organisation d'une
élection ? La démocratie a des valeurs, des vecteurs et des corollaires.
Sans ces valeurs et ses corollaires, tout régime issu seulement des
urnes est une dictature masquée sous le paravent de la démocratie.
A part ceux qui sont atteints de la myopie intellectuelle, qui oserait
aujourd'hui proclamer que le régime de BOZIZE est démocratique ? Si le
régime de BOZIZE ne peut se targuer rigoureusement et logiquement d'une
démocratie, un parallèle est vite établi entre ce régime et celui de
PATASSE, car les deux sont issus des urnes, certes et c'est tout. Mais
le respect des Droits de l'Homme, le bien-être (soin, éducation, etc.)
de la population, et toute la panoplie composant la démocratie sont
rangés soigneusement dans des placards hermétiquement clos du
tribalisme.
Aujourd'hui les partisans aveugles de PATASSE se disent "démocrates".
Hier, ils sont les fossoyeurs de la jeune démocratie centrafricaine mise
en place par le courage unique en Afrique au temps fort de la
bipolarisation du défunt Président D. DACKO. Imaginons que le MLPC et
son Président avaient accepté les résultats des urnes de l'époque (Mars
1981) et s'organisaient dans un cadre légal pour la conquête du pouvoir
... ? Que dire si les résultats - à travers l'application rigoureuse du
code électoral mis en place par la CEMI - des élections de 1999 étaient
respectés, est-ce que le pays aurait-il connu toutes ses crises
multiples ? Autant de questions que les poser aujourd'hui ne résoudrait
aucunement le problème centrafricain. Il est plus utile de se
débarrasser des complexes et autres idées fanatiques. Le gong de la fin
d'une certaine génération est en train de sonner. N'insistons point de
sauver quelque chose qui est vile. Sortons de cet embrigadement en
portant un regard critique sur ce qui ne va pas dans un sens patriotique
et républicain...
Tout faux débat ne fera que nous retarder. Comme disait Thomas Sankara :
"l'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas
qu'on s'apitoie sur sont sort". Et la jeunesse centrafricaine est
consciente qu'elle a été esclave de cette génération qui l'a manipulé,
utilisé pour des besoins personnels. Il est temps que cette jeunesse
commence et assume sa révolte que de parler d'un Président
démocratiquement élu, d'un Président de siriri, d'un Président Koua Na
koua, etc. Le résultat de toutes ces appellations est l'état de faillite
de notre pays. Alors qu'attends-tu jeune Centrafricain ?
Singuila mingui
Séverin Lérushs
Tchakoute
(22/06/2008) :
Bonjour chers compatriotes!
Le débat présent est utile pour une meilleure prise de conscience du
rôle que chaque centrafricain doit jouer pour l'avenir de notre pays. Je
salue l'ouverture d'esprit des uns et des autres qui par leurs propos
m'ont élucider plusieurs zones d'ombre dans mes idées. Cependant j'ai
une question à poser à M. Blaise NIARI: Est ce que le fait d'être
"Démocratiquement Elu" donne le droit à un chef d'Etat de livrer sa
population ou une partie de sa population à une "faction armée de
rebelles barbares" en vue de défendre des intérêts égoïstes?
Avons nous le droit de laisser ces actes criminels restés impunis?
Pour ma part, je dis simplement qu'il appartient au TPI de situer les
responsabilités de chacun et de faire payer les responsables. Quand à
nous fils de Centrafrique il est temps qu'on se réveille afin de prendre
l'avenir de notre pays en main car il est de notre devoir de remettre la
Centrafrique sur les rails de l'essor économique et social. Merci à
tous.
Blaise
Niari
(23/06/2008) :
Mon cher compatriote Séverin Lérush Tchakoute, je pense que depuis
l'existence de notre cher beau pays, la première opposition à
l'assemblée nationale, on l'a eue sous le régime de PATASSE. Ce dernier
a été démocratiquement élu par le peuple centrafricain, je crois que de
la même manière dont il a été élu, les Centrafricains pouvaient le faire
partir. Faire recours aux armes pour justifier une mauvaise gouvernance
c'est se substituer à l'assemblée nationale. Quand PATASSE a fait appel
à Jean Pierre BEMBA qui était le chef du gouvernement? C'est qui le
ministre de la défense? Le chef d'Etat major?
Chacune de ces personnalités a une responsabilité dans tout ce qui s'est
passé chez nous. Aujourd'hui, ils rejettent tout sur PATASSE et se
permettent eux de se présenter à l'élection présidentielle. Alors qui
d'eux le TPI doit rattraper?
Ce qui me choque aujourd'hui c'est que le pays est divisé, une partie
est sous le contrôle de la rébellion, certains endroits restent
inaccessibles, les paysans sont terrorisés et par les rebelles et par
l'armée nationale qui est censée les protéger. La hausse des denrées
alimentaires à Bangui reste l'une des graves conséquences de ce qui se
passe actuellement dans notre pays.
Comment les familles vont faire pour se nourrir?
Est ce qu'elles le méritent?
Lors de ces actes barbares commis sur la population centrafricaine,
c'est quoi le rôle des forces de la CEMAC déployées chez nous?
Voilà tant de questions qu'on doit se poser.
Je vous remercie cher compatriote.
Simplice Aimé
Biamba
(23/06/2008) :
Bonjour Mr Niari Blaise. J'étais pris, je n'avais pas eu le temps de
naviguer sur notre excellent site Sozowala. Toute charade mérite une
approche. Je suis assurément désolé de l'entendement que vous incombez à
cette interview. Incompréhension due peut être à votre sens exaltant griotique que vous flagorner à Patassé qui était notre Président à nous
tous. Primo, ce n'est pas moi qui parle, mais j'interroge.
Secundo : Ce n'est pas une histoire de Mr Patassé comme vous le
prétendez. Normalement cette interview doit vous aider au MLPC et aux
autres instances du pays, à faire plus attention dorénavant à qui vous
confiez des dossiers sensibles, et y mettre des « gardes fous ».
Et il très important de rappeler le passé, sans rancune bien sûr, pour
le désacraliser afin de réorienter l'avenir, car il n'y a qu'en
Centrafrique que l'histoire bégaie constamment. Je n'ai rien contre
Patassé. Même si j'ai été l'une des victimes de son régime. Passé, c'est
passé. J'ai été à deux reprises chez lui au Togo. J'étais aux
funérailles de notre maman. J'ai été très bien reçu. Je n'ai rien contre
les patassistes et encore moins le MLPC. D'ailleurs, j'héberge en ce
moment deux chez moi ici en Europe. Ce sont mes frères, si je ne le fais
pas, qui le fera. Ok ! Bonne journée
Séverin Lérushs
Tchakoute
(29/06/2008) :
Cher compatriote Blaise!
Je suis désolé si je vous ai offensé en tant que homme par mes propos.
Je ne faisais pas incriminer Mr PATASSE dans mon intervention, je ne
suis d'aucune coloration politique et moins encore je ne voudrai surtout
pas prendre une position à connotation politique car j'estime que nous
sommes loin d'avoir un débat d'idée chez nous car l'expérience montre
que les débats chez nous sont le plus souvent des débats d'homme et non
d'idées. Dans mes propos je voulais simplement que chaque compatriote
puisse savoir que le TPI a été saisi de ce dossier donc laissons à cet
instance internationale de situer les responsabilités de chaque personne
qui, au moment des faits passés, occupait un siège vectoriel dans cette
histoire. J'estime à mon humble avis que c'est pas trop demandé.
L'avenir nous dira qui est responsable ou qui ne l'est pas. Et qu'à la
prochaine occasion que ceux qui gèrent l'exécutif confie les dossiers
sensibles du pays à des personnes responsables et capables de rester et
de l'être dans toutes situations. Pour ce qui est de l'opposition à
l'assemblée nationale, je suis désolé de vous dire qu'en 1992 après le
sommet de La Baule il y avait une opposition à l'assemblée. Bien à vous.
Merci.
Yvano
Sana
(31/07/2008) :
Droit de réponse à Mr Niari Blaise que je connais personnellement. Mr
Niari j'ai constaté dans votre raisonnement, et même lors d'un débat
politique entre toi et moi, Ange Felix Patassé n'a commis aucun mal en
Centrafrique pendant son passage. Je vais te rappeler une fois de plus
quelque chose. Quant Patassé rentrait de son exil pour les élections
présidentielles de 92, il a été reçu en messie, c'était presque la
Centrafrique qui était pour lui. Une majorité des villes centrafricaines
étaient pour Patassé. C'est pour te dire que c'est le président aimé par
les Centrafricains. Maintenant qu'il est élu, il devrait mettre en œuvre
ses idées afin de parvenir à la croissance de la RCA. Qu'est ce nous
avons constaté au temps de Patassé ? que de cumulation de postes de
nomination qui gênent, des discours pédants qui d'ailleurs ne changent
rien au problème des Centrafricains. Il est normal dans cette situation
qui s'empirait pour les Centrafricains de procéder à un changement. Et
donc la procédure la plus bonne était un coup d'Etat. Ce qui devrait
être fait par un bon chef des armées comme Kolingba, mais
malheureusement compte tenu sa lourdeur, Bozizé avait pris le relais.
J'attends d'abord ta réponse pour la suite.
Belem
Maitard Modéanga
(29/09/2008) :
J'estime utile de rappeler à certains compatriotes que le débat
Centrafricain ne peut et ne saurait avoir pour sujet que Mr PATASSE. Le
Président PATASSE n'est que le maillon d'une grande chaine d'hommes
politiques et d'état centrafricain qui, à de divers degrés, ont plus ou
moins œuvré dans le paysage politique en fonction des moyens qu'ils
disposent. Nul ne peut s'approprier l'histoire et encore moins la
façonner à son gré! Les discours foncièrement rancuniers de certains
laissent entrevoir dans cette interview un calcul politique tendant,
tout simplement, à blanchir KOLINGBA de ses tristes prises de positions
anticonstitutionnelles et à faire un procès d'intention à l'égard de
PATASSE. La R.C.A a mieux à espérer et que tout tendancieux et masqué ne
contribue point à l'idée d'une réconciliation nationale engagée...