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L'arbre à
palabre Le forum
Thierry
Naka
(21/06/2008) : Des médias pour plus de convivialité entre les
Centrafricains.
Le rôle des médias est déterminant pour contribuer à l'émancipation
politique et culturelle d'un peuple. Les médias ont essentiellement pour
mission de transmettre des messages à travers des informations
recueillies. Ainsi il est nécessaire de sensibiliser les médias sur leur
influence sur la formation des opinions dans une communauté politique
préoccupée par sa stabilité. Pour aider les membres de la communauté qui
s'engagent dans la voie de l'émancipation politique (partis politiques,
syndicats, ONG.), l'information doit présenter certaines
caractéristiques susceptibles d'être appréciées à la lumière des
critères suivants :
Son universalité et son impartialité qui reflète la totalité des faits
présentés; son exactitude qui traduit sa conformité par rapport aux
faits ; son intelligibilité qui exprime sa capacité à être compris
correctement; son accessibilité qui révèle la possibilité pour un
individu de le recevoir et d'identifier l'information depuis la source
jusqu'au point d'arrivé ; enfin sa pertinence qui indique son adéquation
aux besoins du destinataire;
Certes, en Centrafrique les médias sont encore au stade artisanal, il
sera difficile de satisfaire à ces critères ; la bonne qualité des
médias se heurte à plusieurs difficultés d'ordre financières,
techniques, sociales et culturelles. Néanmoins, les responsables des
médias doivent poursuivre une double vocation surtout en ces périodes.
Informer et Former la nation en fonction de critères appréciables pour
contribuer à l'émergence d'une communauté plus conviviale. Sur ce, ils
doivent se greffer sur les structures communautaires les plus proches
des populations et s'intégrer de façon organique aux canaux de
communication existants ; ainsi ils pourront contribuer à dénouer cette
crise de l'intelligence collective qui caractérise notre communauté
politique instable, au lieu de l'aggraver comme dans bien des cas depuis
des décennies à travers la sublimation de la haine de l'autre tout en
vouant une marque de fidélité démagogique aux politiciens qui leurs sont
proches.
Le problème se pose au niveau de l'analyse des faits politiques et de la
transmission des messages. En ce qui concerne l'analyse des faits, le
plus difficile n'est pas d'interpréter les évènements selon ce que l'on
veut qu'ils soient mais plutôt d'en discerner les contours, le sens
exact et la direction. Quant à la transmission des messages, la maîtrise
de la langue utilisée par les médias est déterminante pour la culture
politique d'une communauté ; "les mots étant inséparables des idées", il
sera difficile de transmettre un message constructif si les membres
d'une communauté ne parlent pas tous la langage officielle en
occurrence, le Français ; on peut donner l'exemple d'une difficile
perception rationnelle du concept d'homosexualité traduit en Sango; de
même, l'avantage non négligeable de ce pays est que du nord au sud, de
l'est à l'ouest en passant par le centre, tous nous pouvons nous
comprendre par la langue nationale.
La diffusion imprimée, parlée ou visuelle des nouvelles est un pouvoir
redoutable par ce qu'elle peut construire ou détruire une communauté
politique. Le fait d'informer ou dé informer le public sur des faits
politiques, sociales, économiques, culturelles, de l'informer à tel
moment plutôt qu'à un tel autre, la manière d'annoncer, de montrer, de
commenter les faits, influence l'idée que le public puisse se faire de
l'événement ou du non événement. La perception, le jugement qu'il aura ;
l'attitude qu'il adoptera ne pourrons qu'influer sur son comportement.
Dans la crise Centrafricaine, la manipulation de l'irrationnel à travers
les médias est un instrument foudroyant utilisé par chaque agent
politique et social et administratif. Etant un instrument qui agit sur
la conscience, le choix et les actes des citoyens, il est nécessaire de
conscientiser les médias par des formations et réflexions sur l'éthique,
la déontologie, l'écriture journalistique, le journalisme politique ou
encore le droit de la presse en Centrafrique par exemple pour ne citer
que cela.
Ernest
Kaïmba
(23/06/2008) : Les médias qui doivent éclairer notre lanterne se
comportent tantôt en pompier pyromane tantôt en complice de nos
malheurs. Il faut redéfinir leur rôle dans le paysage national afin que
nous ne soyons pas à notre tour les acolytes de cette profession et
l'obliger par des moyens nécessaires à retrouver ses lettres de
noblesses. Merci pour le sursaut, merci de participer à l'éveil
nationaliste.
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