L'arbre à palabre
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Yvano Sana Pounguenza (23/08/2008) : Proposition de sortie de crise
Cela fait des décennies que notre cher Pays la République Centrafricaine sombre dans le KO. Après la disparition tragique de notre président fondateur, feu Barthelemy Boganda, et du feu JB Bokassa, que je peux racheter naturellement pour la volonté qu'il avait pour construire notre pays, nous avons connu les autres qui nous ont amené que du tribalisme, le népotisme, la rébellion, la guerre, bref! le négatif total qui a fait rétrograder notre pays au dernier planétaire jusqu'aujourd'hui. La haine, la rivalité ethnique,  la rivalité politique des uns envers les autres ne font qu'envenimer la situation de notre pays. Chaque vaincu cherche à contrattaquer par la force et ainsi de suite, nous nous trouvons dans un déséquilibre économique total. Nous sommes connus sur la planète que par l'instabilité politique et cette crise institutionnelle nous met bord de la faillite totale, et donc il nous faut un plan de relance.  Je me dois cette responsabilité de faire une proposition. Elle est la suivante : "Le poste de la présidence de notre pays doit faire l'objet de candidature, à caractère internationale. Cette décision doit être prise par la voie référendaire. Chaque candidat à ce poste de présidence doit présenter un CV, suivi d'un programme détaillé de relance de croissance. Le candidat retenu doit signer un contrat de trois ans renouvelable par rapport à son résultat. Il a un salaire, il doit rendre compte de son action tous les trimestres devant l'assemblée en direct à la radio télévision. Le candidat doit être un homme politique. un ancien premier ministre. J'ai des idées sur le nom de certains candidats potentiels mais j'attends vos réactions. Le débat est ouvert.

Jean de Dieu Kombo-Larra (23/08/2008) : Salut. Permettez moi de vous appeler frère.
Mon frère Sana je sens en vous une réelle volonté et ambition. A vous entendre parler on voit le Centrafricain,le fils du pays qui veut que son pays avance. Mais mon grand vous avez vu trop loin.
Arrêtons les illusions, les présidents de la république ne nous ont rien apporté aujourd'hui. Chaque président qui arrive fait plus de dégâts que son précédent. Vous auriez pu penser au pauvre villageois centrafricain qui souffre, que de penser à l'élection d'un président que vous voulez tailler comme vous penser. Proposition c'est bien, mais irréaliste. Vous avez oublié que notre pays dispose d'une constitution, et celle ci est contraire à ce que vous proposez. A moins que vous voulez amener un coup de bâton magique. Ce coup de bâton magique ne tardera à venir avant les prochaines élections présidentielles à venir. WAIT AND SEE.

Yvano Sana Pounguenza (24/08/2008) : Salut Mr Kombo Larra. Je vous remercie de votre compliment. En réponse à votre réaction, j'ai cru comprendre que vous n'avez pas compris le libellé de ma proposition. Vous avez bien fait de souligner les dégâts commis par nos chefs d'Etat, et de la souffrance de nos peuples. Vous ne faites que me rejoindre en ce qui concerne ma pensée. La constitution que vous faites allusion n'a,  et n'avait jamais été respectée. C'est pourquoi j'ai fait cette proposition, celle de ne plus organiser une élection présidentielle, mais seulement de signer un contrat à un homme politique dynamique qui a des ambitions, un bon programme pour la relance d'un pays. Comme j'ai dit dans ma proposition que j'ai deux noms qui planent dans mon esprit. Il s'agit de Mme Taubira la franco-antillaise, cette femme a une bonne vision pour l'Afrique. Elle l'a défendue quand il s'agit d'un débat sur l'Afrique. J'ai également Lionel Jospin ex candidat aux élections présidentielles en France. Le candidat doit détailler son programme devant l'assemblée. Il signe un contrat de trois ans, il rend compte de son action tous les trimestres. il est impartial. Une fois la confiance revenue parmi les Centrafricains celui ci peut passer la main aux fils du pays. J'attends toujours la réaction pour détailler ma proposition.

Francis Kopaye (25/08/2008) : Cher Yvano,

Comme l'a fait remarquer le précédent intervenant, on sent en vous l'envie que les choses changent. Mais les changements à envisager ne sauraient avoir la configuration que vous proposez. Car votre proposition s'apparente à une « mise sous tutelle » ou « un protectorat ». Un pays n'est pas une entreprise commerciale où le Conseil d'Administration donne mandat à un salarié pour la diriger. Il s'agit d'un pays, d'une nation et d'une démocratie, même si ça n'en a pas l'air !! Pour diriger un pays, il ne suffit pas seulement d'avoir un « plan de relance économique » sorti de la plus prestigieuse université du monde, ou d'avoir les plus gros diplômes, mais plutôt d'avoir un sens commun de la nation, une Histoire commune, un destin commun ; connaître et partager la culture des peuples qui composent ce pays. Car il ne s'agit pas de mettre en évidence seulement ses compétences professionnelles mais aussi et surtout son sens patriotique. Les plus grands chefs d'Etats qui ont fait prospérer leur pays n'avaient pas un CV long comme le bras !! Président de la République n'est pas un métier, c'est une fonction. Quel mépris pour le peuple centrafricain ! Quel mépris pour l'intelligentsia centrafricaine ! Proposer de parfaits étrangers pour présider aux destinées d'une nation est une pure hérésie, contraire au principe de l'indépendance des Etats. Les Français eux-mêmes n'ont pas fait ce choix (TAUBIRA & JOSPIN). Sont-ils plus dignes, plus intelligents et plus évolués que nous ? Avez-vous peut-être oublié que la Centrafrique est indépendante depuis plus de 40 ans ?
Cher ami, si vous souhaitez, par votre intervention, contribuer au changement tant espéré dans votre pays, merci d'être respectueux des femmes et des hommes qui le composent. Aucun démocrate ne pourrait laisser planer dans son esprit une telle idée !!
Des JOSPIN et des TAUBIRA on peut en trouver parmi les filles et les fils de Centrafrique. En d'autres termes, notre pays a des personnalités aptes à présider à ses destinées. Il ne manque aucunement d'Hommes capables, il faut juste atteindre une prise de conscience et un sens réel de l'Etat et de la Nation. De mon point de vue, le changement d'acteurs et de nature de contrat ne saurait résoudre durablement le problème centrafricain. Il s'agit d'opérer chez chacun de nous un changement de mentalités : changer de rôle et de scène !!

A propos de Relance Economique, j'ai écrit, un article sur les Politiques d'emploi, qui paraîtra, je l'espère, dans les jours à venir, dans lequel j'ai fait un ensemble de propositions auxquelles je subordonne l'idée de mettre en mouvement 2 scènes : l'une politique et l'autre économique. Les Burkinabés, sous l'impulsion et l'audace politique de Sankara l'ont fait. Cette démarche aurait pour ambition de dissocier l'Etat et l'Entreprise, le Public et le Privé (Trésor Public et Compte bancaire personnel) et les faire cohabiter.
Procéder par vote démocratique à la désignation de la femme ou de l'homme qui présidera aux destinées d'une nation, est aussi une forme de contrat, à la seule différence que dans le cas d'un pays, les candidats doivent être ses ressortissants. Dans ce même cas, le choix des électeurs fait normalement suite à la validation d'un programme qui, n'est pas seulement économique.

En somme, cher Yvano, pour vivre le changement point besoin de faire un « recrutement international » comme vous le préconisez, mais plutôt d'éduquer le peuple qui détient l'outil de décision : son vote !! Et ajouter à cela une bonne dose de patriotisme, d'intérêt suprême de la Nation. Les centrafricains, leurs hommes politiques et leurs dirigeants en ont les capacités.

De grâce, faite des propositions réalistes et respectueuses des principes fondateurs de notre REPUBLIQUE. Vous avez cité Boganda, merci de partager également sa vision de l'indépendance et de la démocratie. Pour ce, je vous invite à réécouter attentivement chaque parole de notre hymne national.

Patriotiques salutations.

Yvano Sana Pounguenza (26/08/2008) : Cher Francis Salut,
Je vois en vous aussi quelqu'un qui a l'envie que les choses changent. Cela veut dire qu'on a les mêmes objectifs.
J'ai pris mon temps de lire et relire votre intervention en réponse à ma proposition.
Je vais vous dire tout de suite qu'il ne s'agit pas d'un mépris ni d'une humiliation, et non plus d'un manque de responsabilité, mais seulement d'un fait. J'ai longuement muri cette idée avant de la mettre sur ce site. Notre cher Pays et son peuple à assez souffert. Vous et moi qui sommes de la même génération, nous sommes nés dans la souffrance, grandis dans la souffrance et nous allons mourir dans cette souffrance. Pourquoi nous sommes condamnés à cela? Vous avez bien fait de citer Burkina Faso. Au début des années 80, notre croissance était plus appréciable par rapport à celle du Burkina, aujourd'hui, nous en sommes au contraire. Je ne vais pas citer Rwanda et tant d'autres pays. Je n'ai pas dis qu'il faut bac + 10 pour diriger un pays. Et il ne faut pas non plus un aventurier à la tête d'un pays. Les hommes capables, nous en avons, il n'en manque pas. Si j'ai fait cette proposition, c'est par ce que simplement je n'y crois plus. Si vous vous croyez, et moi je n'y crois plus. J'ai décidé depuis quelques années à ne plus voter. Un chef d'Etat chez nous quelle que soit la manière selon laquelle celui-ci est arrivé au pouvoir n'est pas à l'abri de sécurité. Il sera toujours gêné par la rébellion. Un pays où la rébellion est omniprésente à ses frontières est fragilisé. Hier c'était Bozizé, aujourd'hui au pouvoir, d'autres s'organisent pour le déloger. Un pays dans cette situation est une véritable proie des pays occidentaux. En particulier la France. Vous croyez vous à une réconciliation totale ? une prise de conscience ? à un simple abandon des armes ? eh bien moi je n'y crois pas. Dans notre pays les chefs de guerre sont de plus en plus jeunes, ambitieux et de plus en plus motivés. Ils ont un seul objectif : le pouvoir. C'est parce que c'est dans cette voie qu'ils peuvent s'enrichir. Demafouth veut la présidence, Abdoulaye Miskine la veut, Abakar Sabone la veut, Patassé veut revenir aux affaires, et Bozizé veut la conserver. Ce bras de fer n'en finira pas. Saviez vous que la proie la plus facile en Afrique est notre pays ? La France a répondu à l'appel de Bozizé pour disperser les rebelles, en contrepartie Total est là,  Areva est là et exploite. La France ne lâchera pas notre pays, car le Niger a dit niet de son uranium. Il ne reste que la RCA. Pour la contourner, pas de sorcellerie à faire. Les chefs de guerre chez nous n'ont pas de moyens financiers, et donc ils sont facilement manipulables. Ne constatez vous pas qu'à chaque fois que le ton se durcit entre notre pays et la France, c'est en ce moment que la rébellion avance ?
J'ai peut être extrapolé dans ma proposition, mais toute fois,  nous pouvons confier la gestion de notre pays à l'ONU qui est une organisation internationale, pour une durée de 5 ans. L'ONU va déléguer son représentant qui viendra assurer la présidence. Toute la gestion revient à l'ONU. Pendant ce temps, les chefs de guerres et leurs guerriers doivent regagner la caserne afin d'assurer la sécurité du peuple. Une fois la confiance revenue et et une prise de conscience, je pense la main peut être passée aux fils du pays dont vous qui pourrez travailler à la main d'œuvre.
J'attends vos réactions.

Nalé Toua (27/08/2008) : Bonjour à tous. Je pense pour ma part que de répondre hâtivement à Yvano, il convient de réfléchir deux fois d'abord. Car il y a dans sa proposition une idée qui mérite réflexion. Le patriotisme utopique et "trottoirien" constitue en lui même un obstacle pour le développement de notre pays. Le pragmatisme est à mon humble avis l'unique voie de sortie de crise. Je vois une certaine originalité dans la proposition d'Yvano. Pour exemple, on peut se demander quelle différence y-a-t-il entre la gestion d'un pays et celle d'une entreprise?
Si l'objectif d'une entreprise est de générer des profits, celui d'un gouvernement est la recherche de la prospérité pour le pays. On voit bien là une certaine similitude. Et pourtant on confie volontiers la direction d'une entreprise, sans discrimination de race ou de religion, à un homme (homme ou femme) capable de par sa compétence à permettre l'atteinte des objectifs que s'est fixée l'entreprise. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour un pays.
Bien que réputé père de l'indépendance, Boganda n'a jamais souhaité l'indépendance immédiate de notre pays. Et il avait raison de ne pas le faire, car il fallait laisser les colons construire le pays, le doter des infrastructures (chemin de fer, routes, immeubles, etc...) dignes de ce nom avant de demander l'indépendance. Bref, il ya beaucoup à dire à ce sujet, mais je préfère m'arrêter là et laisser aussi les autres s'exprimer.
Je tiens toutefois à féliciter Yvano d'avoir osé poser le problème. Le débat est ouvert.
Cordialement...

Francis Kopaye (28/08/2008) : Cher Nalé,

La similitude qu'on peut entrevoir entre la gestion d'une entreprise et celle d'un pays comporte tout de même des différences notoires voire fondamentales.
La gestion d'un pays ne fait pas seulement appel à des compétences mais à des valeurs. Parmi ces valeurs on peut citer le patriotisme, le sens profond de l'intérêt général, dans certain cas le nationalisme (Hugo Chavez, Robert Mugabe). La gestion d'une entreprise quant elle, comme vous l'avez souligné, vise le profit, l'intérêt unique de l'entreprise. L'entreprise peut être un bien personnel, le capital étant la principale valeur. C'est d'ailleurs pour cela qu'on oppose aux gestionnaires des entreprises ce qu'on nomme les partenaires sociaux (syndicats) pour veiller à ce que les intérêts de l'entreprise ne se fassent pas au détriment du salarié. Bref ! La notion de NATION est ce qui oppose radicalement l'entreprise au pays.
A ce que je sache, la Centrafrique est indépendante et souveraine. Comment imaginer aujourd'hui confier sa présidence à un étranger ? Des hommes et des femmes se sont battus au péril de leur vie pour nous libérer, et voilà que moins d'un demi siècle seulement nous souhaitions revenir à la case de départ !! Quelle drôle d'idée !! Nous avions peut être été prématurément indépendants, mais devons-nous confier la destinée de notre nation à quelqu'un d'autre ? Quel serait alors le sens des paroles de la RENAISSANCE, notre hymne national ?
De grâce mes chers compatriotes, soyons respectueux un temps soit peu, de nos valeurs, de notre Histoire.
Si notre pays traverse des crises, il ne faut pas attendre la solution de l'extérieur. Le problème est centrafricano centrafricaine. Faisons preuve d'audace. Aucun pays, aucune nation au monde n'a fait ce choix, pourquoi aujourd'hui cette proposition complètement indécente doit être vue comme une solution au problème centrafricain ? Je persiste et signe, quelque soit la motivation profonde du compatriote Yvano, cette proposition est impensable et irréaliste.
Dire aujourd'hui que Boganda n'a jamais réclamé l'indépendance est une hérésie ; nous n'allons pas refaire l'Histoire, tout le combat de Boganda et ses confrères du moment a été essentiellement basé sur la liberté de l'homme noire (cf. MESAN).

Ceci dit, nous sommes en démocratie, chacun a le droit de penser et de dire ce qu'il veut !!

Bien à vous

Thierry Naka (28/08/2008) : Messieurs, permettez moi de rejoindre le débat en disant ceci: La solution à nos problèmes se trouve certainement en nous même. Toutes les solutions extérieures ont donné des résultats que nous connaissons déjà.
[ C'est le peuple épanoui et mobilisé qui est au centre du développement intégral et réel. Et comme le dit si bien sir John Clark, dans son ouvrage "Démocratiser le Développement" : « Le développement est plutôt un processus de changement permettant à un peuple de se prendre en charge, de prendre contrôle de sa destinée et d'atteindre son potentiel maximum. Cela nécessite de donner au peuple la confiance, les compétences, les biens matériels et libertés nécessaires pour atteindre ce but. » C'est pour avoir ignoré ou manqué de compétence ou de créativité nécessaire pour élever chaque Centrafricain au niveau ou il pouvait devenir une valeur économique et sociale de qualité, que de nos gouvernements successifs ont échoués et nous ont plutôt emmenés sur des terrains boueux. Comment avons-nous fait pour ne pas savoir que chaque Centrafricain est une graine, une source immense d'énergie et de créativité dont on ne peut se passer pour construire une économie forte afin de tirer les revenus dont nous aurions besoin pour développer ce pays!]
Cordialement.

Séverin Lérushs Tchakoute (28/08/2008) : Chers(es) compatriotes!
C'est avec une attention particulière que j'ai lu et relu vos interventions. Certes, la proposition est forte audacieuse et vaut la peine d'être posée pour ouvrir le débat mais non pour être pensée sur un plan applicable. La RCA est indépendante depuis 40 ans déjà et n'a guère besoin d'un protectorat, ni d'une mise sous tutelle encore moins d'un "redressement juridico-étatique" non! mes chers compatriotes nous avons un problème en RCA que seuls les fils et filles de Centrafrique peuvent résoudre. La question est si simple : comment est-ce que nous en sommes arrivés là? oui là! dans cette boue de la médiocrité et de la négativité où nous pataugeons depuis une décennie voire plus. Nous en sommes arrivés là pour la simple raison que nous n'avons pas su faire prévaloir les intérêts généraux de la nation sur les intérêts individuels égoïstes des uns et des autres. Nous n'avons aucune notion de ce que sont le nationalisme et le patriotisme. Quoi que dans vos intervention, je perçois un sens du patriotisme avec une réelle volonté que les choses changent dans notre pays. Cependant, sachez que ce n'est pas en faisant un appel d'offre international que nous résoudrons les problèmes de notre beau pays car un peu partout sur la planète et en RCA, il existe des fils et filles de Centrafrique dignes d'assumer et de conduire la RCA sur le chemin de l'essor économique, social, politique ainsi de lui refaire sa place dans le concert des nations. Seulement pour y arriver il faut que nous ayons à l'esprit l'idée du sacrifice et une réelle motivation de changer et bouger les choses. Alors vous allez me demander en quoi faisant? je dirais que tout cela commence par une sensibilisation générale et sans exception de tous les enfants de la RCA sur l'intérêt général de la nation, faire promouvoir la valeur centrafricaine, inculquer aux uns et aux autres la notion de la bonne gouvernance (la gestion saine des biens publics et privés), l'appréciation des valeurs individuelles permettant à mettre l'homme qu'il faut à la place qu'il faut... ajouter à cela une détermination d'avancer les choses changerons. Croyez-moi que c'est ayant cette penser dans la tête de chaque Centrafricain que nous pouvons espérer et je le répète, nous pouvons espérer voir POINDRE à l'horizon un avenir meilleur pour la RCA.
Les Américains disent "Use that you got to get that you want" autrement <<Utilise ce que tu as pour avoir ce que tu veux>>, considérons qu'en Centrafrique nous n'avons rien (Parce que rien de nos richesses minières n'est exploité de manière officielle et industrielle) alors qu'est ce qu'il faut faire? nous n'avons rien mais nous possédons le savoir, les idées, la volonté et la détermination alors à nous de travailler ces 4 choses que nous possédons et que personne au monde ne peut nous l'arracher pour faire quelques choses pour la RCA.
Arrêtons l'illusionnisme, l'obscurantisme politique, le fanatisme partisan, pour donner un sens et un avenir à notre pays.
Vous avez parlé du Burkina Faso, mais je vous prie ne nous leurrons pas, comparons ce qui est comparable, nous sommes en retard acceptons ce fait et faisons un effort pour avancer. Les Burkinabès ont une notion très avancée du patriotisme et du sacrifice pour leur nation, à nous de faire autant. Certes, le Burkina est un pays pauvre et enclavé comme la RCA mais il est relié au port d'Abidjan par un chemin de fer que les 50 premiers kilomètres ont été construit par toutes les classes sociales du pays en commençant par le président (Thomas Sankara) jusqu'au paysan (le Burkièndé) d'où le nom du Burkina Faso (le paysan intègre). Voici une belle leçon de sacrifice. A quand une telle mobilisation pour construire un chemin de faire en Centrafrique qui nous rapprochera du port de Douala ou de Libreville! Soyons objectif et réaliste, on a beaucoup à faire pour arriver au stade du Burkina car c'est depuis août 84 qu'ils ont commencé leurs courses sur la voie de l'essor économique, social et politique alors que nous on a même pas commencé.
Que le bon sens et la providence nous éclaire. Bien à vous tous fils et filles de Centrafrique.

Yvano Sana Pounguenza (31/08/2008) : Je tiens particulièrement à répondre à Mr KOPAYE. Monsieur, j'ai constaté dans vos différentes interventions, vous vous limitez sur la logique de la démocratie, Patriotisme, souveraineté etc... Il me semble que vous êtes déconnecté de la réalité de ce pays ( RCA). Avez - vous fait tour à Bangui dans ces dernières décennies ? Et si vous l'avez fait, avez-vous prolongé votre séjour dans nos arrières pays ? Je vous dis si vous ne le savez pas,  actuellement en Centrafrique, il y a des gens dont leur revenu annuel n'atteigne pas 10.000 fcfa (15euros). Vous trouvez ça normal vous ? Un peuple qui a faim n'est pas prêt pour la logique que vous préconisez. Vous suggérez la non-conformité de la gestion étatique à la gestion d'une entreprise. Je vous dit que c'est pareil. Une entreprise, à sa tête se trouve un Chef, à la tête d'un Etat il se trouve aussi un chef. Le chef d'entreprise cherche l'intérêt de l'entreprise ( profit) ce qui aboutit à l'intérêt général de tous, c'est dire les actionnaires, les employés et même les consommateurs. De même la recherche de l'intérêt d'un pays contribue à l'intérêt général du peuple. C'est la fameuse théorie d'Adam Smith de la " main invisible". Je n'ai pas dit que notre pays va rester sous tutelle durant des années ? C'est seulement une période de transition le temps que les rebelles regagnent leurs casernes, et les paysans retrouvent le chemin de champs. Je ne vais pas revenir sur des choses que j'ai déjà dit. J'aimerai lire votre livre que vous avez parlé. Je vais vous poser une question: quelle solution proposez-vous dans le court terme pour une sortie de crise actuelle? Répondez.

Francis Kopaye (01/09/2008) : Cher Yvano,

Vous l'avez bien compris, je tiens au principe de la démocratie, du patriotisme et surtout à celui de la souveraineté. Notre pays a acquis ses droits au prix fort. La disparition d'illustres fils et filles de Centrafrique peut en témoigner. Pour rien au monde je ne m'alignerai sur une telle proposition quant à la gestion de mon pays !!
Sur ce site et ailleurs, j'ai déjà eu l'occasion de faire un certain nombre de propositions de sortie de crise. Des solutions existent notamment celle d'aller sans délai au Dialogue National, unique voie aujourd'hui pour négocier durablement la paix dans notre pays. L'issue de ce Dialogue permettrait d'envisager non seulement la réconciliation nationale mais aussi d'engager notre pays sur la voie du développement économique et social. Cette solution politique est prépondérante. Bien entendu le développement économique et l'épanouissement du peuple centrafricain nécessitent une politique plus audacieuse, plus ambitieuse.
Cher Yvano, le fait de vivre hors de nos frontières ne signifie pas « être déconnecté » des réalités du pays. Non seulement j'y vais régulièrement mais aussi comme vous, sans doute, j'ai de la famille qui y réside et dont nous partageons quotidienne les douleurs et les souffrances. A ce sujet, à mon retour d'un séjour au pays (février 2008), j'ai émis un cri d'alarme, sur ce site, quant à la situation d'extrême pauvreté de nos familles.
J'ai également écrit plusieurs projets (transmis aux autorités françaises et centrafricaines) inspirés de mes propositions de sortie de crise. Pour sortir notre pays de cette crise, il n'ait nullement besoin de faire dans l'indécence. Nous devrions opter pour une politique, au sens large du terme, plus audacieuse, tournée vers la consolidation de la paix. Consolider cette paix sociale, c'est créer des conditions sécuritaires optimum, c'est concevoir de nouveaux outils de développement économique, c'est faire contribuer chaque citoyen à l'effort collectif, c'est enfin, concevoir une politique plus forte en faveur de l'emploi. Je vous renvois à mon article récemment publié dans le journal « l'Indépendant » mis en ligne il y a quelques jours, vous y trouverez les objectifs opérationnels de ces propositions.
L'idée de mettre la Centrafrique sous mandat de l'ONU me paraît exagérée.
Votre initiative au débat est encourageante mais est, à mon sens, contraire à l'esprit de la République. Le brassage culturel auquel nous sommes confrontés, la mondialisation et les compétitions sur le plan régional et international ne nous laissent guère le choix, pour une nation plus juste et un Etat plus fort, nous devons croire en nous, en nos compétences. C'est avec cet optimisme, cette ambition affichée et cette confiance que je conçois l'avenir de mon pays.

Sincères salutations

Yvano Sana Pounguenza (01/09/2008) : Cher KOPAYE
J'ai compris que vous êtes sceptique sur votre position. C'est votre droit. Vous avez parlé d'une politique audacieuse, je pense que vous me rejoignez, car ma proposition était quand même audacieuse. Pour vous répondre, je vais vous dire que ce ne sont pas les beaux discours pédants, encore moins les théories qui volent à 1500 km de la réalité qui vont solutionner les problèmes centrafricains, ni sortir le peuple de misères. Certains rebelles qui doivent participer au fameux dialogue national ont été achetés par le pouvoir en place. Je constate entre vos dires et les réalités de ce pays un grand fleuve, voir un océan. Vous avez dit dans l'Indépendant que les " les moyens existent mais leurs utilisations de votre point de vu restent inefficaces" pour quoi restent-elle inefficaces? Je vais vous répondre, il n'y a pas de dirigeant de bonne volonté. Vous avez dit " pour mettre en place cette politique nul n'a besoin de creuser d'avantage le budget de l' Etat", je vous dit que ceux qui creusent le budget de l'Etat ce sont ceux qui prennent le pouvoir par les armes, ils n'ont pas de programmes sinon de s'enrichir. Supprimer certains postes de dépenses, réorienter et définir les dépenses de l'Etat est une excellente idée. Mais sauf que les réalités sur le terrain ne concordent pas à vos idéologies. Nos dirigeants n'ont pas le sens du patriotisme que vous évoquez. Vous avez de bonne idées certes, des politiques macroéconomiques de sortie de crises. Mais vous oubliez que notre pays manque de prise de conscience. Quand vous parlez de l'intervention de l'Etat, avec la stimulation de la consommation, à l'accroissement de la masse monétaire, subvention d'embauche etc. sont tous de politiques macroéconomiques incontournables certes. Mr Kopaye une fois de plus vous avez de bonnes visions, mais les réalités sont autres. Je vous ai dit chaque fois que nos dirigeants ne sont pas dans la même direction que vous et moi. Le dialogue national a été prévu pour le mois de juin, nous en sommes où aujourd'hui? La mentalité est loin d'être loin d'être changée. C'est pourquoi j'ai fait cette proposition que vous réfutez.
Salut! Réfléchissez bien.

Nalé Toua (01/09/2008) : Je pense pour ma part que le véritable obstacle à la relance de l'économie centrafricaine et par là même la définition d'une stratégie adéquate à la situation centrafricaine reste l'équation pourtant à une inconnue que tous nous peinons à résoudre. Les théories de la macroéconomie et encore moins du patriotisme sont ici inefficaces. Inefficaces parce que inadaptées. Et si on mettait de coté tout ce que nous avons appris à l'école ou pendant notre séjour en Occident, plus précisément en Europe et en Amérique pour réfléchir à d'autres voies de sortie de crise en Centrafrique. Car le cas centrafricain est une exception en la règle. Beaucoup de nos compatriotes, soit disant intellectuels, s'acharnent à nous vomir leurs cours d'économie ou de gestion sans se poser la question de savoir où, quand et comment appliquer ces théories. Ou encore comment adapter ces expériences et théories au cas centrafricain. Ou tout simplement se poser la question de la "transposabilité" de certaines pratiques macroéconomiques.
Le cas centrafricain est une exception qu'il convienne de considérer comme tel et de faire preuve d'imagination pour faire émerger des solutions viables.
Dans un monde où tout le monde critique tout le monde et où la volonté de faire avancer les choses est perçue comme une intention de domination et de conquête du pouvoir;
Dans un monde où personne n'a confiance en personne, peut-on raisonnablement parler de la recherche d'une prise de conscience? Qui va faire prendre conscience à qui?
Dans un monde où un menteur et illusionniste est considéré comme un bon politicien et vénéré comme tel, que faire pour changer cette situation?
Telles sont là quelques questions qu'il convient de se les poser et d'y réfléchir.
Arrêtons de brasser le vent avec les rhétoriques qui ont fait leur temps. Regardons la réalité en face.

Cela dit, je renouvelle une fois encore mon soutien à l'idée avancée par le frère Yvano, une idée qui mérite reflexion, une idée à murir.

Cordialement...

Francis Kopaye (02/09/2008) : Bonjour à tous,

Vous posez là de vraies questions qui nécessitent des réponses fiables et « efficaces ». Malheureusement vous vous contentez de les poser sans avancer de moindres éléments de réponses. Tout le problème centrafricain réside dans le fait que nous sommes frileux du changement. Vous le faites remarquer vous-même, nous critiquons la moindre proposition sans avancer la moindre idée, nous nous réfugions derrière des principes « d'inefficacité », « d'inadaptabilité » des propositions. Dire que le cas centrafricain est une exception est à mon sens exagéré. Je persiste et je signe, il nous manque de l'audace et de l'ambition. Car nous sommes systématiquement opposés à la moindre idée nouvelle, à la moindre proposition qui émane d'un compatriote résidant à l'étranger (Europe, Amérique) par ce que jugée forcement éloignée de nos réalités ! Les seules questions qui me viennent en réponse à vos questions sont celles de savoir si les médecins centrafricains ont été formés à la centrafricaine ? Les économistes centrafricains, les enseignants, les mécaniciens, les maçons. ont-ils seulement été formés sur des manuels centrafricains ? Pourquoi vouloir toujours penser que les idées venues de l'Occident sont éloignées et contraires aux réalités centrafricaines ?
Pour ma part, j'ai proposé un certain nombre de solutions de sortie de la crise dans le domaine macroéconomique et de l'emploi. Ma démarche dans ce sens reste citoyenne et elle constitue ma contribution à la recherche de solutions. Je ne suis pas fonctionnaire centrafricain, je ne suis pas un décideur centrafricain, je ne suis qu'un simple citoyen. A ce titre, mes idées restent et demeurent des propositions, rien de plus.

Il est vrai que nos dirigeants ne suivent pas forcement nos visions, mais il est de notre responsabilité de continuer à faire des propositions, d'éveiller les consciences, d'influer sur les mentalités. Une sagesse africaine dit : quelque soit la durée de la nuit le soleil apparaîtra. Nos jeunes âges nous obligent à persévérer et à nous battre pour que les choses changent.
A chacun de prendre sa part de responsabilité. L'Education nationale de mon pays a contribué à ma « fabrication intellectuelle », il est normal qu'il y ait retour sur investissement.
Alors cher compatriote, cessez de vous positionner en distributeur de bon ou mauvais point, faites des propositions «efficaces» et «adaptées» aux problèmes centrafricains.

Cordialement

Nalé Toua (03/09/2008) : Comment faire de notre pays, un pays émergent en cinq ans chrono et par là même mettre un terme au problème récurrent d'insécurité et de pauvreté.
En suivant l'idée lancée par Yvano, voici quelques pistes à scruter.
D'abord confier aux députés et intellectuels centrafricains, avec le concours des nations-unies (ONU), le soin de lancer un appel d'offre en vue de trouver un cabinet international d'experts "multicompétences".
Le cabinet sera chargé de recruter les personnes compétentes capables de mener à bien un grand projet d'envergure. Chaque équipe que pourra mettre en place le cabinet pour la conduite d'un projet doit être composée au moins de 60% de Centrafricains.
Ensuite voter un budget de 60 millions de dollars (soit 1 million par mois pendant 5 cinq) en guise de frais de prestation à payer au cabinet d'experts.
Enfin, énumérer les actions prioritaires que doit mener le cabinet (par exemple: construction d'une autoroute Bangui-Douala et Berberati-Birao, construction des routes bitumées reliant les grandes villes centrafricaines (Bangui, Bouar, Bangassou, Bambari, Berberati, Obo), construction d'une centrale nucléaire permettant d'alimenter en énergie électrique tout le pays, construction de 3 grands aéroports à travers le pays, dotation du pays en matériel agricole (tracteurs, bulldozer, tronçonneuses), création des écoles de formation des agriculteurs professionnels, construction de deux grandes écoles spécialisées en industrialisation (ingénierie, recherche et développement: mécanique, électronique, automatisme, informatique, chimie alimentaire, etc..), mise en place d'un dispositif d'instruction civique à travers le pays, construction des bâtiments administratifs, des hôtels et des centres de loisir, urbanisation, etc....
Une fois par mois, le cabinet présente aux élus de la nation l'état d'avancement des projets.

Enfin, au bout des cinq années, le cabinet avec le concours des nations-unis organise les élections présidentielles, législatives et municipales.
La sécurité du pays sera assurée pendant ces années par les soldats centrafricains formés et sous l'instruction des experts internationaux en la matière choisi par le cabinet. Les Centrafricains compétents et intègres doivent constituer au moins 25% de l'effectif de ces experts internationaux.

Affaire à suivre.
Cordialement...

Francis Kopaye (04/09/2008) : Cher Nalé,

Voilà des propositions qui ont le mérite d'ouvrir davantage le débat. L'idée de recruter des cabinets d'expertise afin de piloter les grands projets de développement en Centrafrique n'est pas en soi une mauvaise idée. Cette pratique se fait dans les pays émergents voire développés : le cas de la Chine et des Emirats Arabes Unis peut appuyer votre proposition. Où le bas blesse, c'est l'idée de changer de régime. Dans votre démarche et celle d'Yvano aussi, il s'agit de suspendre le régime présidentiel en cours dans notre pays et d'instaurer le protectorat sous mandat de l'ONU.
Comme je l'ai évoqué précédemment, les centrafricains ont payé le prix fort pour accéder à l'indépendance, à la démocratie. La situation de notre pays, à ce que je sache, n'est pas comparable à celle de l'Irak ou de l'Afghanistan - même ces pays ont à leur tête un Président de la république - nous sommes une République et, à ce titre, confier dans l'état actuel des choses, la gestion du pays à l'ONU est un acte grave. La cohésion nationale peut se trouver entamer, les conséquences sur le plan de la renommée mondiale peuvent être graves, entamant définitivement l'attractivité touristique de la Centrafrique, par exemple.

Partant de vos propositions, il peut être intéressant de concevoir la gestion de la République sur deux plans :

- L'un Politique : où les pouvoirs exécutif, législatif et Judiciaire gèrent les affaires courantes de l'Etat (représentation internationale du pays, nomination du gouvernement, conception et vote des lois etc.)
- L'autre Economique : piloté par des cabinets « multi compétences », il sera conçus et mis en chantiers les grands projets de développement que vous avez énumérés. Des équipes pluridisciplinaires composées de centrafricains en majorité et d'autres nationalités seront en effet l'ossature des différents comités de pilotage. La création d'un Ministère en charge des prospectives trouverait son sens.

En parallèle de cela, il conviendrait d'organiser l'aspect social de la République. Il s'agira de permettre, à travers les retombées structurelles et économiques de ces projets, un mieux vivre des centrafricains. Il ne fait aucun doute que ces projets sont pourvoyeurs d'emploi et de revenus. Le problème sécuritaire se trouverait réglé par ricochet, me semble-t-il. C'est en d'autres termes ce que je proposais dans l'article relatif à la politique d'emploi en Centrafrique.

Affaire à suivre, comme vous dites !!!!
Sincères salutations

Henri Paul Akibata Kette (04/09/2008) : J'ai pris le temps de lire la proposition initiale et les différentes interventions. Je ne le cache pas : je suis choqué.
C'est vrai que nous sommes en démocratie, donc chaque citoyen a droit à la parole. Mais ce n'est pas pour rien qu'on dit "avant de parler, il faut remuer 7 fois sa langue". L'auteur de la proposition initiale a-t-il remué sa langue ? Cette question s'adresse à TOUS ceux qui le soutiennent dans cette démarche.
Cette question posée trouve sa justification dans les différents constats que les uns et les autres ont fait émerger : le pays Centrafrique a été et est mal dirigé. Devant un tel constat sans appel, il est toujours utile de trouver une solution. Et la solution toute trouvée puisque évidemment facile c'est de mettre le pays sous tutelle.
J'ai du mal à croire que cette solution émane de la jeunesse centrafricaine. Une telle solution n'est rien d'autre qu'une démission. Pourquoi mettre notre pays sous tutelle alors que du SANG a été versé par les uns et les autres afin que nous ayons ce territoire ? Si les uns et les autres ne croient point en l'Homme centrafricain, moi j'y crois encore et perpétuellement. Il n'est aucunement question d'arrêter une décision aussi hâtive autant que facile.
Aujourd'hui pour mettre un terme à la médiocrité, à l'ignominie, il s'offre à la jeunesse la seule alternative qui est viable : se rassembler et s'organiser. Rien ne vaut ces 2 préalables. Tous les peuples qui flirtent aujourd'hui avec le développement dont nous rêvons ont eu à s'organiser. Que de penser à ces alternatifs qui font la fierté de tout peuple, nous, nous tenons un discours aux antipodes de l'honneur et de la dignité. Pour nous TOUT doit nous être fait. Et si certains n'arrivent par cause d'égoïsme, nous sommes les premiers à les fustiger sans chercher à descendre dans l'arène pour laver l'affront. Les uns disent que BOGANDA devrait attendre que les colons nous construisent des infrastructures (Nalé Toua) avant de demander l'indépendance. C'est à se demander que dans le monde entier, il n'y a pas de chemin de fer et d'autres infrastructures qui ont été construits par certaines populations en dehors des occidentaux. D'autres, c'est le comble laissons le pays se faire diriger et après "on" va nous le remettre. C'est à se demander notre place dans le processus de développement de notre pays, et aussi si on a déjà vu les occidentaux faire des choses gratuitement.
Avant de terminer, je reviens volontiers sur cet adage de remuer 7 fois sa langue. Avant de faire des pareilles propositions, il est primordial de se demander si celles-ci nous valorisent ou pas. Et l'important est de déterminer ce que nous sommes et ce que nous voulons pour notre pays. Une pareille proposition est, permettez-moi le terme, méprisable pour TOUS ceux qui se sont investis au prix de leur vie pour la Centrafrique.
Rassemblons-nous, organisons-nous et le véritable changement dont nous rêvons émergera, car rien ne peut résister devant un peuple ayant un potentiel collectif suffisamment fort pour endiguer tout aventurisme.
Que ceux qui le peuvent se lèvent. Que ceux qui croient que ce sont les autres qui doivent faire l'essentiel du travail à notre place, se taisent ou mieux redéfinissent leurs canaux de réflexion pour faire honneur à ce pays.

SINGUILA MINGUI

Yvano Sana Pounguenza (04/09/2008) : C'était dans le souci de mettre un terme aux problèmes récurrents d'insécurité et de pauvreté dans notre pays que j'ai émis cette idée. Je savais que Mr Nalé qui a de même mon soutien savait quelques choses. Tout au début il avait dit que ma proposition mérite réflexion. Et il n'a pas tort. Apres quelques jours de réflexion, le voila traçant les grands axes de mon idée. L'idée de confier aux élus de nations et quelques intellectuels centrafricains avec la participation de l'ONU le soin de lancer un appel d'offre en vue de trouver un cabinet d'experts est une idée cohérente. Quand aux grandes lignes de projets qu'il avait soulignées, je pense qu'elles répondent totalement aux besoins centrafricains.
Pour répondre à Mr Kopaye qui clame toujours l'indépendance et la démocratie, il n'y a pas de honte à accepter le concours de l'extérieur sur la gestion de notre pays. Le problème de l'indépendance et la démocratie de la RCA mérite encore un autre sujet de débat, de savoir si vraiment notre pays est indépendant ou démocratique ? Vous avez cité la Chine, et les Emirats Arabes,  ils ont acceptés ce traitement mais aujourd'hui, ils n'ont rien à envier aux autres pays. Vous dites que nous avons payé un prix fort pour accéder à l'indépendance et la démocratie de notre pays. D'autres reprochent aujourd'hui au président fondateur d'avoir vite demandé l'indépendance de la Centrafrique, car il devait attendre que le colonisateur construise le pays avant de la demander. Trop de contradictions demeurent sur ce sujet. Concernant vos deux idées, la seconde ne fait que rejoindre les idées émises par Mr Nalé. La première est inefficace, car elle existe déjà,  et nous avons pas de résultat efficace.
Salut

Arnaud Mbringa (06/09/2008) : Chers compatriotes,
Chaque temps, chaque circonstances. En effet le Président fondateur Barthélemy Boganda avait réclamé l'indépendance pour libérer d'abord le peuple Centrafricain de l'esclavage manifesté par une souffrance extrême morale et physique auquel était soumis le peuple Centrafricain. Et lui permettre ainsi de retrouver son Unité et Dignité. Car aucun de nous vivant une souffrance morale et physique ne peut accepter que cela soit prolongée. Tant s'en faut nous serons toujours prêts à abréger, voire à éradiquer un malaise à plus forte raison l'esclavage. Etes vous sûrs d'être comptés là aujourd'hui parmi les vivants et véritablement libre d'expression en Centrafrique si cette dernière demeure de manière directe sous l'esclavage ? Du moins Etes vous sûrs de jouir de la richesse que vous prétendez hériter de la colonisation en toute tranquillité aujourd'hui ? Pourquoi alors placez-vous ainsi la valeur matérielle au dessus de la valeur morale en souhaitant que Boganda devait laisser les colonisateurs construire le pays avant de réclamer l'indépendance à une date postérieure à celle de 13 août 1960 ? Pourquoi alors voulez-vous refaire l'histoire noire de l'esclavage en Centrafrique en proposant que Centrafrique soit présidée par des «prédateurs». Rappelez-vous de l'inspiration de Sékou Touré affirmant que « nous voulons la liberté dans la pauvreté qu'à l'esclavage dans l'opulence » Premièrement si Boganda, Touré, Kwamé, tous à l'époque réclamaient immédiatement l'indépendance c'est qu'il n'y avait pas mille chemins de se libérer de cette souffrance morale et physique que représente l'esclavage. Deuxièmement les pays accédant à l'indépendance la même année que Centrafrique ont pu s'exprimer valablement sur les voies ascendantes du développement. Donc je ne vois pas pourquoi faut-il remettre en cause l'époque de cette indépendance acquise en 1960 à partir du moment où rien de ce qui a été fait en Centrafrique n'a été fait dans les autres pays colonisés en Afrique francophone surtout et inversement. Boganda a fait ce qu'il fallait à savoir acquérir la liberté en nous exhortant à Unité - Dignité- Travail. Malheureusement nous ne cherchons pas tous à peser et à observer la portée de cette devise. Certes c'est véritablement une question d'Hommes.

Ce n'est pas pour autant que nous devrions faire appel à des observations et propositions de sortie de crise inimaginables et faisant le comble de l'horreur telles, souhaiter une indépendance tardive, confier la destinée du pays à une personne tout court « étrangère » dont nous connaissons tous les conséquences. Si aujourd'hui des pays d'Afrique australe sont confrontés à d'énormes problèmes notamment de la réforme agraire c'est qu'il y'ait de quoi à remettre en cause plutôt une indépendance tardive. Aussi à savoir qu'aucune autre souffrance n'est pire qu'une souffrance morale.

Le problème Centrafricain réside dans ses propres mentalités. Donc la solution unique et possible est que moi, toi et lui devons nous lancer un défi chacun, celui de nous cuisiner : que devons nous faire de louable respectant la constitution de la République Centrafricaine, en sorte que nous en soyons nous-mêmes fiers, de même le pays ?

Il est alors temps de sensibiliser, de transformer progressivement notre environnement en sachant que nos actes posés aujourd'hui nous témoigneront demain.
Patriotiquement!

Nalé Toua (07/09/2008) : Chers compatriotes. L'absence d'imagination et le manque de discernement, caractérisé par une confusion en tout genre, nous amènent toujours aux mêmes rhétoriques vides de sens, du genre « se rassembler et s'organiser » ou encore « Boganda, père de l'indépendance ».
Fonder toute son argumentation autour d'un seul thème, Boganda et l'indépendance, et ceci sans aucune proposition, alors que le thème même du débat est « Proposition de sortie de crise », constitue à mon sens une preuve supplémentaire de cette absence d'imagination et de discernement. Bref. Passons aux choses sérieuses.

Confusion entre "Indépendance" et "Egalité des droits".

Le combat de Boganda était beaucoup plus axé sur l'égalité des droits entre les peuples ( Européens et Africains). Il voulait que l'homme noir ait le même droit que l'homme blanc. Et pour atteindre cet état de choses, nul besoin nécessairement de l'indépendance !
Prenons l'exemple des Antillais (Guadeloupe et Martinique), ils sont noirs et pourtant ils ont le même droit que les français blancs de la France métropolitaine ! Pour parler franchement, aujourd'hui du Centrafricain et de l'Antillais, qui envie l'autre ?
Aujourd'hui nous sommes soi-disant indépendants mais cela n'a nullement empêché le sang de continuer de couler dans notre pays. Je ne vous ferai pas un dessin, suivez seulement les actualités centrafricaines et vous en jugerez par vous-même. Ce qui n'est pas le cas dans les Antilles françaises ! Voilà donc pourquoi Boganda voulait l'Egalité des droits tout de suite, mais l'indépendance un peu plus tard. Il serait encore vivant aujourd'hui, il opterait pour la solution que je vous ai proposée ci-haut. Cela étant, je ne regrette nullement que nous soyons aujourd'hui "indépendants". Bref.
Mais disons le clairement, l'état des choses en Centrafrique a atteint un niveau de désolation tel qu'il nous faut beaucoup d'imagination et d'audace pour retourner le cours des choses. Et là je dirais sincèrement que même si je trouve parfois certaine expression de la « notion patrie » de Francis Kopaya un peu exagérée et inadéquate, je dois tout de même dire que je souscris entièrement à son idée qui a toujours été la mienne, celle de l'éducation du peuple. La seule question, Francis, est désormais de savoir comment procéder à cette « éducation du peuple », et avec quels moyens ? J'aimerais que nous consolidions cette idée en vue de la concrétiser sur le terrain.
Pour revenir à la proposition de Yvano que je n'ai fait que compléter à travers des propositions concrètes et réalisables, je dirais, au risque de me répéter, qu'il y a du génie et une certaine originalité dans sa proposition. Il ne s'agit là nullement de mettre notre pays sous protectorat ou encore de réduire les Centrafricains en esclavage comme certains ont cyniquement laissé entendre; et encore moins de demander aux étrangers de venir nous construire notre pays. Non. L'idée est surtout de mettre un terme à la division intestine centrafricaine qui nous empêche d'initier ou d'entreprendre. Il s'agit là d'endiguer les problèmes récurrents de pauvreté et d'insécurité en jetant par la même occasion les bases du développement et le sens de la patrie.
Croyez-vous que les Centrafricains qui n'ont plus confiance en leurs propres compatriotes vont, comme ça, facilement se rassembler et s'organiser ?
Quant il n'y a plus de confiance, « Se rassembler et s'organiser » n'est qu'une utopie ou encore un argument servant qu'à flatter les bas instincts. Et c'est ça qui est vraiment choquant.
Choquant de voir que certains se plaisent à flatter les bas- instincts pendant qu'une pluie de malheur ne cesse de s'abattre sur les femmes et enfants en Centrafrique.
Choquant de voir que certains, originaires d'une région disposant de l'énergie électrique, chose rare en Centrafrique, n'initient aucun projet pour leur région, mais se contentent de distraire la galerie sur internet pendant que leurs compatriotes au pays broient du noir.
L'heure n'est plus, pour les dignes filles et fils de Centrafrique qui se respectent, à la flatterie et encore moins à l'hypocrisie.
Le Dialogue Politique Inclusif en Centrafrique qui a du mal à se mettre en place est un exemple parmi tant d'autres. Beaucoup même déjà se disent sceptiques quand au résultat de ce dialogue même s'il devrait avoir lieu.
Alors chers compatriotes, faisons preuve d'imagination et d'audace pour sortir notre pays de l'ornière.
Affaire à suivre...

Chanelle Wamo (12/09/2008) : Très chers Compatriotes
je suis un peu en retard mais cela ne m'empêche de donner mon avis sur le problème de notre très cher beau pays. Ce thème est très important, merci à YVANO. Moi je suis un peu d'accord avec mon frère KOPAYE. il y a un adage centrafricain qui dit "maboko oko a limgbi ti mou siri na li pèpè" pour dire que l'union fait la force. et je me souviens aussi que Bemba avait dit cela "que les problèmes des Centrafricains doivent être gérés par les Centrafricains". Pour sortir de cette situation on doit faire une sensibilisation sur la prise de conscience car c'est ce manque de conscience qui nous réduit à néant. On doit s'unir. On vise que de grandes choses alors que c'est petit à petit que l'oiseau fait son nid. Pour dire qu'on doit mettre le pays sous la gouvernance de l'ONU n'a pas du tout un sens car c'est quelque chose qui n'est jamais faite. On n'a pas aussi besoin d'un haut cadre pour être président mais plutôt quelqu'un qui est conscient et patriotique qui préserve l'intérêt du pays avant ses propres intérêts. Chaque fils et fille du pays a sa part de responsabilité on ne doit pas rester les bras croisés pour attendre les Français. Faisons preuve de nos capacités. Pour cette sensibilisation je demande à toute la jeunesse centrafricaine de se mobiliser car l'avenir de ce pays est entre nos mains, faisons preuve de la jeunesse consciente pour faire avancer notre patrie. On a trop parlé mais c'est l'heure de passer à l'acte.
Patriotiquement!

Yvano Sana Pounguenza (12/09/2008) : Chers compatriotes, ma proposition a fait couler beaucoup d'encre. Je tiens à vous remercier de l'importance que vous accordez à notre pays. Je remercie également tous ceux qui ont participé à ce débat, en particulier Mr Kopaye qui hâtivement a donné un point de critique ce qui a alimenté le débat. Je remercie également Mr Nalé qui a un point de vue objectif de l'avancement de notre pays. Je pense pour ma part que nous, Centrafricains, manquons d'audace, de prise de conscience et d'une originalité dans notre façon de voir les choses. alors que nous sommes désunis, nos ennemis et nos rivaux sont nos propres compatriotes. Les occidentaux ont des rivaux étrangers. Mr Kopaye a des bonnes idées mais, il est submergé par le patriotisme. Mr Nalé est original, il comprend mieux le problème centrafricain.  Quant à ma sœur Chanelle, elle n'a qu'à voir le niveau de croissance rwandais sorti prématurément de la crise.

Henri Paul Akibata Kette (13/09/2008) : Aujourd'hui nous débattons de quelle problématique ? Il est question de faire un appel d'offre international pour trouver un dirigeant au pays Centrafrique. Et précision supplémentaire, le candidat doit être un homme politique, de surcroît un ancien premier-ministre. L'auteur laisse entendre qu'il a même déjà un nom.
De cet article, il en découle un nombre considérable de réactions.
Judicieusement, un certain nombre de compatriotes réfutent l'idée de cet appel d'offre international. D'autres trouvent que c'est une proposition à creuser car la population centrafricaine souffre et qu'une solution rapide serait louable.
Loin de fustiger qui que ce soit, il est important de recadrer certaines choses. Dans ma précédente réaction, je me suis appesanti sur le préalable de remuer 7 fois la langue avant de parler. Ce préalable est essentiel car toute idée ou proposition nous découvre et révèle une partie de nos convictions, à moins de jouer une pièce théâtrale...
Tout un chacun n'ignore pas qu'un Etat ne se bâtit pas du jour au lendemain. C'est un long processus. Ceux qui ont réussi à bâtir leur pays que nous citons souvent en exemple sont partis d'un rêve devenu conviction. Et cette conviction n'a pas été sans sacrifice, sans lutte interne intense, sans trahison. Les aléas de la vie ont malmené ces rêves, mais les porteurs sont restés fermes tout en passant le témoin à d'autres générations. Aujourd'hui nous reconnaissons comme valeureuse la révolution culturelle chinoise, la révolution française, la guerre de sécession aux Etats-Unis, etc.
En Centrafrique, l'amorce de nos rêves a été le combat de Boganda matérialisé dans notre dévise: Unité, Dignité, Travail. Les Centrafricains savent pertinemment que lorsque ces 3 mots seront vivants et dynamiques dans ce pays, un certain nombre des galères et médiocrités dénoncées ça et là ne seront que du passé. Ainsi, tous les efforts doivent être concentrés pour rendre vivant notre devise. Ces efforts loin d'être menés efficacement, en voilà qu'une partie de la jeunesse de ce pays trouve de proposition à creuser la possibilité de trouver un dirigeant partant d'un appel d'offre international.
Pour se sauver la face devant le tollé suscité, il est question des cabinets d'expertise internationaux comme le font les pays émergents. Parenthèse, les pays émergents ont déjà passé un cap dans le processus du renforcement d'un socle unitaire pour l'émergence d'un véritable Etat dans le sens strict du terme, ce qui n'est le cas de la RCA et encore moins d'un bon nombre de pays Africains. Bref !
Lorsque les autres évoquent l'alternative de se réunir afin de laver l'affront de la médiocrité de la génération passée, certains n'hésitent pas à qualifier cette idée d'utopie.
En quoi l'unité est-elle une utopie ? Si une partie de la jeunesse n'est pas capable de se dire que la survie du pays passe préalablement par l'unité, notre galère n'est pas prête de prendre fin.
Pour justifier cette ignominie de laisser aux autres le soin de diriger ou de développer notre pays, il y a des spéculations sur les intentions de Boganda. Tranquillement, "on" fustige l'idée d'une indépendance hâtive de la RCA, car les "colons" n'ont pas encore développés le pays... De ce déni de pensée, il y a maintenant la problématique d'une égalité entre les Hommes. Et comble, parait-il que les Antillais (Guadeloupéens, Martiniquais, Réunionnais, etc.) sont enviés par les Africains parce que tout simplement ceux-ci ont le même droit que les français.
Cher Nalé Toua, il y a des choses qu'on écrit et que la réalité est totalement différente. Renseignez-vous avant de prendre certains exemples qui ne peuvent que desservir votre idée.
Pour terminer, il est évident que la situation de notre pays mérite réflexion, organisation et de l'audace. Mais attention aux propositions dont nous voulons être les auteurs. Faisons des propositions capables de nous valoriser, et nous et notre pays.
Il est vrai que nous nous voyons capables de mener les affaires de notre pays. Nous en sommes capables, c'est cette audace qui nous manque. Nous ne voulons ni d'un ancien premier-ministre, ni d'un appel d'offre international. Réunissons-nous pour trouver les voies d'accès aux commandes de notre pays. Une fois aux affaires, faisons nos preuves. On ne peut rester dans son petit coin et dire qu'on fait des propositions alors que c'est de l'ignominie et un manque de courage criant que l'on veut masquer.
De la qualité de certaines interventions tout porte à croire que la graine est en chacun de nous. Il suffit d'arracher les mauvaises herbes des idées tournées vers l'extérieur afin de mettre en route une nouvelle pensée tournée vers nous (sans oublier la marche du monde). Notre voie, la véritable ne se trouve qu'en nous. Ce n'est dans l'ONU, ni dans la fameuse communauté internationale. Pour complément d'information pour ceux qui croient en l'ONU et la communauté internationale, lisez : (la face cachée de l'ONU, auteur Michel SCHOOYANS).
Singuila mingui.

Jean de Dieu Kombo-Larra (13/09/2008) : Chers compatriotes à vous entendre parler, tous veulent le développement de notre cher beau et riche pays la R C A. Mais malheureusement tous ces mots, verbes et propositions ne changeront jamais la R C A. La réalité est là, les conférences nationales, débats nationaux n'ont apporté grand chose.
En Centrafrique il faut des actions, et des actions concrètes.
Selon moi la RCA a besoin d'hommes intègres et courageux à sa tête, capables de prendre des décisions et initiatives courageuses et les mener jusqu'au bout. Sans pousser à la haine, il faut chez nous une vraie révolution. Une révolution contre nous même les centrafricains, parce qu'il ne faut pas se voiler la face, le Centrafricain est fainéant, n'est pas travailleur et aime la facilité (ce qui n'est pas un cas général).
Pour cette sortie de crise je proposerais des solutions simples qui méritent une attention particulière si nous voulons un réel changement dans notre pays.
Dans un premier temps :
-Régler le problèmes de nos frontières car elles sont très perméables, reglementer les entrées et les sorties.
-Contrôler l'immigration, l'idendité nationale.
-De restaurer l'autorité de l'état, que le policier, le gendarme, le militaire soit respecté.
-De faire une grande reforme dans l'administration centrafricaine
-Accès dans la fonction publique
-Revalorisation des salaires suivant les tâches
-Réglementer le commerce
-La gestion par l'état de nos richesses naturelles (diamant, or, bois, ciment et autres).
-Suspendre toutes les exploitations privées qui n'apportent rien dans les caisses de l'état.
-Assainir les finances publiques
-Combattre les détournements, vols,et fraudes fiscales.
-Réduire l'impunité à la tolérance zéro à tous les niveaux.
Tout ceci avec une une grande campagne de sensibilisation et éducation populaire en utilisant les médias et autres moyens.
Voilà des actions à mener pour essayer de relever le pays, mais la grande question est qui pourra prendre l'initiative. Pour de telles missions il faut des hommes qui ont des trippes, courageux et intègres. Ces genres d'hommes difficiles d'en trouver en Centrafrique.
Tout ceci pour dire que la solution de sortie de crise pour notre pays ne se trouve ailleurs qu'en
Centrafrique et par les Centrafricains
Et dans un deuxième temps si la première étape est bien menée on pourra s'attaquer aux causes des maux qui nous ont amené dans la situation actuelle. Ceci dans tous les domaines (santé, éducation, agriculture, etc....)
Essayer de créer une dynamique qui va entrainer toute la population dans l'esprit du développement de notre pays. Parlons peu, travaillons beaucoup.
Mes salutations militantes et patriotiques.

Arnaud Mbringa (15/09/2008) : C'est vraiment dommage pour ceux qui prétendent contribuer efficacement à l'essor de la République Centrafricaine de ne pas comprendre toujours qu'il faille absolument se départir de ce sentiment de passivité, c'est-à-dire celui de méditer incessamment la providence et d'attendre que la manne nous tombe de l'occident.
En effet à vous entendre signer votre prise de position favorable à une indépendance tardive grâce à laquelle vous espéreriez glaner l'héritage de la colonisation, il y a alors de quoi s'inquiéter quant au flambeau du développement que vous représentez.
Jamais n'avez-vous su qu'il existe des pays Africains qui à partir du néant parviennent à tirer leur épingle du jeu et s'exprimer valablement sur le chemin du développement ? pourquoi alors souhaitez-vous implicitement que la base du développement devait être jetée d'abord par les colons ? S'ils ne l'ont pas fait, c'est donc une fatalité ?
Votre position cautionnant une indépendance tardive implique une conséquence obligée, celle d'accepter que la souffrance du peuple Centrafricain soit prolongée.
Ainsi on lira de votre pensée l'émergence du désir antipatriotique submergé par l'envie ou l'amour du matériel au détriment de la valeur morale, chère à l'humanité. C'est donc à bannir.

Lorsque par ailleurs vous soulignez sans une analyse sérieuse que égalité des droits et indépendance est une confusion, prouvez alors quelle littérature témoigne que Boganda étant dans sa lutte de l'égalité des droits avait écarté l'idée à l'époque d'une indépendance immédiate ?Dans l'hymne national Centrafricain les mots Unité, Dignité, Travail cités par endroits et l'une des dernières phrases « Brandissons l'étendard de la Patrie » ont tous pour un toile de fonds la LIBERTE ou l'AUTONOMIE ou encore l'INDÉPENDANCE tant inspirée et attendue par Boganda.

Quelque part, détrompez-vous d'affirmer aisément que les Africains envient les Antillais. Ceux-ci ont un passé commun avec les Africains et en plus les Antillais souffrent énormément d'une identité culturelle dans laquelle ils manquent d'une certaine fierté et ont du mal à se reconnaître. Ceci est la conséquence de la dépendance qu'ils ont toujours vis-à-vis de leur pays colonisateur.
Si vous les enviez, moi non plus !

Loin de faire la polémique, Arnaud Mbringa vous renvoie lire ou relire ici sur ce site sa tribune de réflexion intitulée « Pour un changement de mentalités ».
A ce titre vous comprendriez avec moi que le problème Centrafricain en particulier réside dans ses propres mentalités. Quoi que l'on étale alors comme proposition ou projet de sortie de crise tant que les mentalités ne changent, le pays ne vivra que dans l'éternelle impasse.

Je vous salue !

Yvano Sana Pounguenza (17/09/2008) : Salut Mr Mbringa.
Vous nous envoyez lire votre article dans la tribune de réflexion de sozowala, article intitulé "Pour un changement de mentalités".
Vous trouvez dommage les voies et moyens que les autres suggèrent sur ce site afin de solutionner les problèmes centrafricains.
En ce qui concerne votre article, je pense que vous avez seulement fait un constat, aucune proposition n'est sortie de cet article. Vous faites un constat sur le fait que le peuple centrafricain considère le bien public comme un bien appartenant seulement à l'Etat et non à tout le monde ce qui entraine son sabotage.
Moi , je vais aller loin pour faire des propositions que nous pouvons apporter à notre pays pour parvenir à un changement de mentalité.
Pour que la mentalité puisse changer vraiment dans notre pays, il nous faut un travail de fond auprès de la jeunesse qui est le moteur même de ce changement.
Pour cela, je propose: une mise en place des activités à caractère culturel telles que les championnats de foot interpréfectures et les équipes de la capitale.
Organisation de concours de culture générale mettant les meilleurs des écoles, des lycées et des facultés de l'université en concurrence entre eux.
Organisation des fêtes musicales dans chaque ville au moins une fois par an ceci permet de récompenser les meilleurs musiciens de chez nous.
Réfectionner le Centre Protestant pour la Jeunesse ( CPJ) ce qui permet un lieu de distraction pour tous les jeunes.
Construction de centres de documentations ( bibliothèques ) dans tous les quartiers et les villes, pour que ceux qui n'ont pas d'occupations puissent aller se documenter.
Mise en place de centre de sports dans toutes les villes et les quartiers de la capitale.
Encourager la mise en place des associations, afin d'aller auprès des jeunes afin de faciliter leur insertion.
L'Etat doit également organiser des fêtes de moisson tous les ans ( voire l'époque de Kolingba) afin que tous les agriculteurs, quelle que soit leur ville, ethnie, puissent se rencontrer. Ce système va créer sans doute une concurrence entre les villes, incitant tout le monde au travail.
Si tout cala est mis en place je pense que un jeune ne perdra pas son temps à aller à la réunion politique, il aura une occupation, car seul le loisir peut changer la mentalité en RCA.
Salut.

Henri Paul Akibata Kette (18/09/2008) : Cher Yvano,
Il faut savoir rester constant dans ses idées initiales. Suivre le cours du vent ne donne pas de la crédibilité. Votre proposition de base est loin de celles que vous venez de formuler. Peut être que cela est relatif à la réaction du compatriote Arnaud BRINGA. Il demeure pas moins que ces propositions sont hors sujet. Loin de les réfuter (car elles sont bonnes), il est temps que l'on remette à plat la rhétorique consistant à dire "je propose et les autres ne font que critiquer".
Des hommes sages savent écouter les autres. Pas forcement pour les suivre mais pour analyser ce qui se dit pour tirer une substance (s'il en existe) profitable à la cité. Et votre proposition initiale a recueilli un nombre considérable de critiques. Il faut être attentif et se recadrer. Se cramponner à son raisonnement à tout prix en distribuant les bons points aux uns (Nalé Toua, car allant dans le même sens), dénonçant l'approche non pragmatique des autres sur le problème centrafricain... Là, on croit voir en action nos différents dirigeants qui ont contribué à la division du pays. Nulle part a été démontré que TOUS ceux qui critiquent une personne sont forcement contre celle-ci.
Avant de terminer, il faut dire que les propositions sont bonnes. Se posent deux questions :
- Qui doit œuvrer à la concrétisation de ces propositions ?
- Comment financer les travaux pour la concrétisation de ces propositions ?
Ces deux questions se posent à chacun de nous.
Pareilles propositions ne doivent plus être faites. Par contre que chacun s'engage à peaufiner un projet dégageant les voies et les moyens pour la réalisation de celui-ci. Une fois le travail fini, nous sommes libres de le proposer aux dirigeants en place. S'il y a un retour positif, c'est bien. Dans le cas contraire, l'on saura clairement que quelque chose de tangible a été proposée.
Comme toujours, je suis de ceux qui croient en la jeunesse centrafricaine. Surtout à la jeunesse non résignée, c'est-à-dire celle qui se voit jouer les premiers rôles pour changer radicalement les choses dans le sens de l'honneur de l'Homme centrafricain.
Inutile de faire des propositions à l'égard d'une génération décadente que l'on passe notre temps à dénoncer mais que l'on ose point pousser vers la sortie. C'est le contraste centrafricain. On se plaint des uns et des autres mais l'ose point s'organiser, élaborer des stratégies claires pour mettre un terme à leur vil règne.
Je reviendrai inlassablement sur la citation d'Edmond Burke "la seule chose qui permet au mal de triompher, c'est l'inaction des hommes de bien". Le pays RCA en compte un nombre considérable d'hommes de bien. Mettons fin à notre inaction et du nouveau apparaitra sous les cieux centrafricains. Comment ? A chacun d'y répondre.

SINGUILA MINGUI

Thierry Naka (18/09/2008) : "Exige beaucoup de toi même et attends peu des autres; ainsi beaucoup d'ennuis te seront épargnés."
Confucius

J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt ce débat qui à réellement généré un grand nombre de réactions et qui prouve par la même occasion notre attachement aux valeurs que nous nous efforçons de défendre tous afin de trouver les voies et moyens pour élever ce pays et ses populations vers un monde meilleurs où il ferait bon de vivre dans toute notre diversité.
Mais à ce moment précis, l'auteur du sujet entre dans la passion et se détourne totalement du sujet initiale pour ce perdre dans "une logique de mitraillage de propositions" qui rend perplexe plus d'un et remet en cause le bien fondé du sujet et la qualité d'analyse de l'auteur.
Ce qui n'enlève en rien, néanmoins, l'inspiration suscitée au départ de la réflexion. Ceci étant dit, de deux chose l'une, soit l'un d'entre nous se propose de rehausser le débat en apportant de l'eau au moulin soit nous fermons simplement le chapitre au risque que tout ceci tourne en dérision; ce qui ne enseignera aucunement. Le débat contradictoire doit respecter un certain nombre de critères afin d'éviter de tomber dans la stérilité, ce qui est le cas actuel. Aux esprits chagrins du temps des colonies, je leurs dit Bravo, ils ont manqué une occasion de se taire. Quant à la proposition initiale, je la trouve déplacée et dépourvu de sens dans son ensemble.
J'espère ne pas avoir offenser autrui par mes propos et vous souhaite "the best" tout temps en vous invitant à méditer sur cette assertion qui vient nous vient de Chine: " Mieux vaut peu, avec la justice, Que de grands revenus, avec l'injustice..."

Je salut au passage monsieur Francis Kopaye, dont j'ai perçu le message, ainsi que tous ceux participent à l'animation de ce site.

Blaise Niari (05/10/2008) : Quand nous parlons de la République Centrafricaine, il s'agit bien d'un pays et d'une nation et non d'une entreprise . Alors confier la destinée de la Centrafrique à une institution internationale ou à un individu quel qu'il soit autre que le Centrafricain, c'est faire de la Centrafrique un protectorat d'un autre pays, c'est regretter l'indépendance de la Centrafrique, cette idée me paraît saugrenue. Même si cette indépendance, on l'a eue pacifiquement, il faut remarquer que dans beaucoup de pays d'Afrique ça été une lutte sanglante. Monsieur SANA POUNGUENZA, Je vous conseillerais de vous rapprocher du professeur Abel GOUMBA ou du professeur Maurice SARAGBA, ils sont bien placés pour vous relater tous les méfaits de la colonisation. Je peux vous donner un exemple concret qui est celui de l'ex-empereur BOKASSA qui avait perdu ses parents à l'âge de six ans :
son père, qui protestait contre la brutalité que subissaient les Centrafricains dans la production du caoutchouc par des sociétés concessionnaires coloniales, fut arrêté, jugé sommairement et exécuté par les Français. Sa mère se suicida peu de temps après. Juste pour dire que le colonialisme ne nous a laissé que de très mauvais souvenirs inoubliables.
Et même dans une entreprise, quand on délègue la direction ou la présidence du conseil d'administration à une personne, il faut que cette personne s'y connaisse déjà, il en est de même pour un pays. Vous nous avez proposé de faire diriger la Centrafrique par JOSPIN ou TAUBIRA avec qui on n'a ni la même histoire, ni la même culture, ni le même esprit patriotique. La population centrafricaine ne parle pas français à 80% alors je me demande dans quelle langue JOSPIN ou TAUBIRA va s'adresser à la population centrafricaine. Je comprends parfaitement votre souci Mr SANA POUNGUENZA, cela reste une proposition et traduit votre esprit patriotique, l'idée est bonne mais la proposition n'est pas judicieuse. Le temps presse, il est temps que nous passions du discours à l'action, le redressement économique de la Centrafrique est une affaire de tous, nos vieux nous ont trompés, nos grands frères nous ont trahis, il est hors de question qu'on leur donne une autre chance pour faire sombrer à nouveau notre pays .La nouvelle génération dont nous faisons partie est de plus en plus diplômée si je vois bien sur ce site, le seul problème c'est que nous restons tous à l'étranger, il est de notre devoir de rentrer mettre la main à la pâte pour la construction de notre cher beau pays, contrecarrer toute mauvaise gouvernance, chacun doit apporter une pierre à cet édifice.
Patriotiquement.

Nalé Toua (11/10/2008) : Parfois il m'arrive d'éclater de rire en lisant certains d'entre nous. Mais là où c'est moins rigolo c'est quand on sait qu'il y a des parents qui végètent en brousse depuis des mois, voire des années, parce que tout simplement les soi-disant "Intellectuels" centrafricains n'ont pas pu trouver une solution à la crise que traverse le pays. Certains d'entre nous sont tout simplement des spécialistes de "botte-en-touche" et premier "donneur de leçon". Un exemple, quand j'ai évoqué (voir ci-haut) le fait que certains compatriotes, Henri Paul AKIBATA par exemple, qui sont originaires d'une région dotée d'énergie électrique (barrage hydraulique de Mobaye), chose rare en Centrafrique, et qui de surcroit vivent en Europe, n'arrivent pas à initier des projets du type "création d'une zone industrielle" en vue d'inciter les investisseurs étrangers à implanter leurs entreprises dans cette région. Ce dernier (Henri Akibata), dans sa réponse, dira tout sauf répondre à cette question. Comment voulez-vous que l'on accorde un certain crédit à ces personnes.
Pour répondre encore à HPA, ce n'est pas devant le tollé, comme il le dit, que j'ai eu à faire la proposition que j'ai faite ci-haut. J'ai surtout compris dans le message de Yvano un appel à une réflexion sur autres voies et moyens pouvant permettre de sortir notre pays du chaos. D'où ma proposition que je maintiens toujours. Que de chercher à discréditer ce garçon (Yvano) et à le traiter de tous les noms d'oiseau, parce qu'il a seulement osé penser autrement, est chose triste pour notre génération qui se dit du "siècle de la lumière". Bref.
Une parenthèse, on critique volontiers la France et les Français et pourtant on traîne souvent les pieds quand il s'agit de quitter la France. Et pire encore, beaucoup de ceux qui critiquent les français ont la nationalité française. Ce qui veut dire qu'en critiquant la France, ils se critiquent eux-mêmes. Quelle hypocrisie!!!
Chers compatriotes, soyons sérieux avec nous même d'abord, et seulement alors les autres nous accorderont un certain crédit! Sinon nos paroles ou verbiages ne seront que du vent, et c'est ça qui est triste.
Yvano, l'actualité ne cesse de te donner raison. Laissons donc le temps à nos compatriotes de saisir la profondeur de ta pensée. C'est à force de creuser que l'on débouchera sur le trésor, pas à force de répéter les mêmes rhétoriques que l'on diffuse à volonté sur internet. L'absence d'un centre de recherche en stratégie de développement et de résolution de crise fait grandement défaut à notre pays. On peut donc bien comprendre cette difficulté que rencontrent nos compatriotes qui ont eu à réagir à ta tribune. Car beaucoup ont réagis sans comprendre de quoi il s'agit. Certains ont tout simplement réagi en voyant les noms (Jospin, Taubira,....) ou encore le mot "colonisation". Beaucoup sont donc tout simplement hors-sujet (HS). Or la véritable question de fond était celle de savoir "comment faire redécoller la Centrafrique maintenant que tout ce que nous avions jusqu'à là essayé a échoué". Il ya eu le débat national, dialogue, conférence, tout ce que nous savions déjà. Mais tout ceci n'a abouti à rien. On dit souvent qu'on ne change pas une équipe qui gagne. Ce qui sous-entend qu'on doit changer une équipe qui ne gagne pas. Cette même logique devrait plutôt nous amener à penser, imaginer d'autres solutions pour le développement de notre pays. Il y a chez nous en Centrafrique une crise totale de confiance. Quand il ya crise de confiance qu'est-ce qu'il faut faire? Vous allez me dire qu'il faut restaurer la confiance, et moi je vous dirai: comment restaurer cette confiance? Quand on sait que toutes les initiatives de dialogue n'ont débouché que sur un mur. Là encore vous allez me dire qu'il faut continuer à dialoguer, ce que je peux aussi comprendre, sauf que nos parents qui vivent dans la brousse depuis des mois voir des années, et complètement réduits à l'état animal, ont surtout envi que l'on abrège leur souffrance. Même si Henri Paul AKIBATA pense qu'on doit les sacrifier. Moi, je pense plutôt que nous devons tout faire pour les sortir de là.
Alors faisons preuve d'imagination pour sortir nos parents et notre pays de cette misère.
C'est pourquoi je vous invite, chers compatriotes, à plus d'imagination et d'initiatives pour le bien-être de notre patrie, la Centrafrique. Cordialement...

Francis Kopaye (13/10/2008) : Cher Nalé,

Pour répondre à votre interrogation, permettez-moi avant tout de refaire un constat partagé par tous. Notre pays est en proie à des crises militaro politiques, mettant considérablement en péril l'avenir non seulement de ses populations mais également de son économie. L'unité de la nation se trouve, par voie de fait, largement entamée, fragilisant ainsi les institutions de la République. Peut-on, dans ce cas, concevoir un développement économique et espérer une cohésion nationale sans pour autant proposer un axe social fort ?

Dans le contexte centrafricain, faire revivre les institutions et rendre dynamique l'esprit citoyen (par l'éducation du peuple), consolider la paix et garantir la relance économique, est la voie incontournable que nous devrions rechercher sans relâche. Ainsi, prendre en compte, de manière globale, les problématiques de chaque citoyen, qu'elles soient liées à l'économie, au système de santé, au logement, à l'éducation des enfants, est le préalable qui s'impose à nous. Les femmes, les hommes, les jeunes, les handicapés, les retraités, toutes ces catégories sociales doivent aspirer à un avenir plus prospère, plus prometteur.

Car la situation actuelle doit être intégrée à un objectif allant vers plus d'union et plus d'égalité. Je suis profondément convaincu que la situation d'extrême pauvreté et d'insécurité dans laquelle vivent nos familles oblige tout un chacun à prendre des engagements tournés vers un avenir marqué par un esprit de prospérité et de paix sociale. Elle nous oblige aussi à concevoir l'avenir avec audace, ambition et optimisme. La conception d'une structure sociale rénovée et forte doit être l'objectif commun à tous les artisans de Centrafrique, épris d'une envie patriotique de reconstruire ce pays sur des bases nouvelles et durables.

Je suis conscient que le chantier est immense. Mais avec une volonté farouche et déterminée de sortir notre pays de la crise sociale, nous pourrions commencer par la valorisation de notre histoire et de nos cultures communes, et considérer avec conviction la priorité à résoudre la conjoncture sociale grave dans laquelle se trouvent nos concitoyens (maladies, crise alimentaire, insécurité, déscolarisation, conflits familiaux.).

Les réalités actuelles doivent conforter notre désir incontestable d'aller vers une politique correspondant aux exigences de nos besoins quotidiens. L'axe social doit être une priorité de la plus haute importance fait de préoccupations et de solutions empruntes à une motivation sans faille, prenant en compte toutes les couches sociales : une prise en charge structurelle de nos aînés, l'effort en faveur de l'éducation des plus jeunes, le soutien apporté aux plus fragilisés par les maladies, par exemple.

Dès lors, la nécessité de répondre effectivement aux inquiétudes de nos concitoyens, qu'ils soient jeunes ou âgés, s'inscrira durablement dans une politique profondément axée sur nos richesses (nos ressources naturelles et humaines) : il nous faut, en somme, élaborer un projet de construction de notre pays, de notre nation, porteur de véritables espoirs. L'Etat doit en être le pilote et les citoyens les artisans.

Pour ce faire, je propose quelques pistes d'actions. Il s'agirait par exemple de :
- Concevoir un Fonds de Solidarité destiné à financer une Couverture Santé pour les plus démunis et une Allocation Relais pour les étudiants ayant achevé leur cursus (cf. SOLIDEC.).
- Création d'une structure destinée à l'Accueil des Retraités
- Création des Centres Socio Educatifs (pour les jeunes et les familles.)
- Construction de logements destinés aux Jeunes Actifs (Cité des Jeunes Travailleurs).

Il ne fait aucun doute que ces projets nécessitent des financements conséquents. Comme je l'ai proposé dans mon article sur les Politiques d'emploi, l'Etat doit réorienter ses dépenses et faire appel à la solidarité citoyenne (participations matérielle et financière de la diaspora); les ONG, les Institutions internationales sont des financeurs potentiels. L'idée évoquée dans un précédent article, de la Taxe Commerciale Dédiée au Développement Locale est une piste à étudier.le principe du cofinancement est plus que nécessaire.

Des actions segmentées seront fortement conseillées. Nous devrions agir quartiers par quartiers, arrondissements par arrondissement, villages par villages, communes par communes etc.

Je crois que des actions structurelles favoriseront la mise en ouvre d'une éducation du peuple (l'Education Populaire).

Je me joins à vous pour relancer et orienter nos actions futures dans le sens de votre proposition. « Centre de Recherche en Stratégie de Développement et de Résolution de Crises », une idée à creuser !!!

 

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