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L'arbre à
palabre
Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
L’INITIATIVE PPTE… CENTRAFRICAINS, FAISONS
LA DIFFERENCE
Par
Henri Paul
Akibata
Dans une dépêche de l’Agence Centrafrique Presse (ACAP) du 11 octobre
2007 : “Le Ministre Centrafricain de l’Economie, du Plan et de la
Coopération Internationale, M. Sylvain Maliko, s’est réjoui de
l’aboutissement de la République Centrafricaine au point de décision à
l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), au cours d’un point
de presse tenu à la Représentation de la Banque Mondiale à Bangui
“. Dans la foulée, le 12 octobre 2007 sur le forum du site
www.sozowala.com, il y a l’intervention du compatriote Dupin Mbesseck
Zandanga ayant pour titre: le 26 octobre 2007 une date décisive
pour la RCA. “En effet, vous n’êtes pas sans savoir que (la)
date du 26 octobre 2007 est décisive pour la Centrafrique. Cette date
correspondra au passage du dossier centrafricain à une table ronde
regroupant les bailleurs des fonds et une délégation du gouvernement
centrafricain. Table ronde à l’issue de laquelle notre pays accédera à
l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) ce qui lui donnera la
chance de bénéficier des aides internationales et d’alléger ses dettes
extérieures. Cette date est autant plus importante qu’il est temps et
urgent pour chaque centrafricain et centrafricaine amoureux de son pays
puisse multiplier des actions de soutien et à égard de l’équipe
gouvernementale qui sera attendue lors de cette table ronde, aussi de
détourner l’attention de l’opinion internationale à reconsidérer le cas
de la Centrafrique.
Je crois que le moment est venu pour que chaque Centrafricain fasse
preuve du patriotisme“.
Loin de donner des avis personnels quant à ce qui relève du patriotisme
réel dont tout un Centrafricain en serait fier, il est utile et
judicieux d’attirer l’attention des uns et des autres sur l’initiative
PPTE, ses grands enjeux et ses implications. C’est le but initial de ce
travail. Et que d’adopter une posture rigide synonyme de critique tous
azimuts, il y aura une ébauche de solutions quant à l’avenir du pays, ou
plus exactement ce dont que le gouvernement doit s’y atteler afin de ne
point détourner l’attention mais plutôt d’attirer l’attention de la
communauté internationale que dans un pays d’Afrique la prise de
conscience n’est point un vain mot, par la mise en place des objectifs
définis à partir de notre réalité spécifique du pays.
L’initiative PPTE, ses grands enjeux et ses implications
Initiée en 1996 à l’occasion du sommet du G7 de Lyon, l’initiative PPTE
vise à trouver une solution au problème, chaque jour plus aigu, de la
dette des pays du Sud (les plus pauvres).
Trois ans plus tard sous la pression des Organisations Non
Gouvernementales (ONG), en juin 1999 au G7 de Cologne, une réponse
positive a été donnée : 90 % de la dette des pays pauvres devraient être
annulées au cours de l’année 2000 grâce à l’application de l’initiative
PPTE. Le coût de cette annulation n’était que de 100 milliards de
dollars US. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis annoncèrent jusqu’à 100
% d’annulation des dettes des PPTE sélectionnés. Cette annulation à 100%
est plus louable dans un premier temps, car la contribution américaine à
l’initiative de Cologne se monte à 970 millions de dollars US en VAN.
Cette annonce faite par le Président américain, de l’époque, Bill
Clinton a du être revue à la baisse par le congrès américain qu’à
hauteur de 123 millions de dollars US sur les 370 demandés au départ.
Pourtant, derrière ces annonces généreuses, rien de concret n’a
été fait pour aboutir à une réduction significative de l’endettement et
de la pauvreté des différents pays désignés comme faisant partie de
cette fameuse initiative. Parmi les pays concernés (42) tous sont de
l’Hémisphère Sud, dont 33 sont des pays africains.
S’il faut convenir d’une urgence au niveau planétaire pour une entraide
véritable entre les différents peuples, il est plutôt maladroit de
croire que cette initiative est le début d’une coopération nouvelle,
sérieuse. Cette initiative constitue un moyen supplémentaire pour
renforcer l’emprise des différents systèmes occidentaux sur le reste du
monde. Pour s’en convaincre, il est donné à tout chacun d’analyser ce
qui ressort de cette mesure de la honte, qui seulement qu’à sa
dénomination marque le terrain du dénigrement perpétuel.
Outre l’appellation ridicule et humiliante, cette initiative cache des
irrégularités grotesques. Et toute personne sensée doit se poser des
questions quant au bien fondé de cette mesure grotesque qui persiste
encore jusqu’à maintenant. Pour cela, il faut commencer par étudier les
conditions à remplir par les différents pays concernés pour faire partie
de l’initiative PPTE :
- Le stock de la dette de ces pays doit représenter plus de 150% des
exportations et 250% des recettes fiscales.
- Le service de la dette doit être supérieur à 20% des exportations,
avec les sous conditions suivantes : Les exportations doivent
représenter plus de 30% du PIB ; Et les revenus fiscaux doivent être
supérieurs à 15% du PIB.
Et important, les pays doivent également être éligibles aux seuls
financements de l’Association Internationale pour le Développement (AID)
en raison d’un revenu par habitant inférieur à 785 dollars US par an.
Vu sous cet angle, on s’aperçoit très vite qu’il y a de l’arnaque. La
plupart des pays dits pauvres selon le critère occidental, ne peut
bénéficier des allégements car ne remplissant les conditions d’être pris
comme un PPTE, c’est-à-dire qu’un certain nombre des pays dits pauvres
ne sont surendettés. Ainsi lorsqu’un pays est considéré seulement mais
que son poids de la dette est raisonnable, il ne peut bénéficier des
aides substantielles pour son développement de la part des Institutions
Financières Internationales (IFI).
Il y a du cynisme dans les dispositions de cette initiative. L’on peut
faire assimiler cela à une personne accidentée et transportée d’urgence
à l’hôpital. Que de bénéficier des soins pour soulager la douleur, on
lui fait remarquer tranquillement mais cyniquement que sa blessure n’est
assez large, ni profonde, donc ne faisant trop mal. Pour être soignée,
il faut qu’elle se mutile davantage montrant ainsi l’étendu du désastre
afin de bénéficier des attentions du service médical.
Ce parallèle n’est point grotesque ni simpliste car s’il faut admettre
cet état de pauvreté, le besoin immédiat est de venir en aide à ceux qui
sont dans le besoin. Mais lorsque, en dépit de l’acuité de la pauvreté
régnant au sein des différentes populations, ressortir la fameuse
conditionnalité d’être en plus très endetté en ignorant la misère au
quotidien des différentes populations, il n’est plus question d’aider…
Il n’est point inutile de faire remarquer qu’un certain nombre de pays
classés pauvres mais pas très endettés, ayant besoin des subventions
économiques, se sont sentis obliger de céder à ce qu’il convient
d’appeler aujourd’hui du chantage, c’est-à-dire s’endetter massivement
auprès des pays du Nord ou des Institutions Financières Internationales
(IFI) afin de satisfaire aux conditions d’éligibilité aux initiatives
PPTE. Au nombre de ces pays l’on peut citer le Benin, le Sénégal,
l’Angola, la Guinée-équatoriale, le Kenya, le Nigéria, etc. Et cette
course folle à l’endettement pose un problème : celui de l’utilisation
des différents fonds contractés. A chacun d’apprécier…
Pis, comme si les peuples de ces pays pauvres n’ayant pas assez
soufferts de la maladresse de leurs dirigeants souvent corrompus et mis
en place souvent par l’appui de l’extérieur, il y a une autre
conditionnalité qui concerne l’exercice de la démocratie dénommé “les
politiquement corrects“. Cela signifie que pour être reconnu
pauvre et endetté, il faut pratiquer la démocratie. L’on
se demande le bien fondé de cette conditionnalité supplémentaire. Le
peuple souvent marginalisé et bâillonné doit-il faire les frais d’un
système de gouvernance qui lui a été imposé et qui le martyrise en plus
? Autant de question qu’il ne faut pas perdre de vue pour apprécier le
bien-fondé de ces initiatives tant louées par les uns et les autres.
Revenons aux problèmes des conditions de l’initiative PPTE. Pour
pouvoir bénéficier d’un allégement substantiel des dettes dans
l’application de l’initiative PPTE, l’application des Programmes
d’Ajustement Structurels (PAS) reste de rigueur pendant au moins 3 ans.
Une nouvelle conditionnalité sur l’utilisation des fonds vient s’ajouter
aux PAS. On évalue le délai supplémentaire à un an, et cette nouvelle
conditionnalité est nommée “Cadre Stratégique de lutte contre la
pauvreté“ et les réformes économiques qui doivent accompagner
l’application de cette nouvelle conditionnalité ne sont autres que
celles tant décriées dans le cadre des PAS, c’est-à-dire que les pays
doivent délaisser les secteurs non rentables financièrement que sont
l’éducation et la santé. Puisque les mêmes causes produisent les mêmes
effets et sinon plus, il n’y a aucune amélioration dans le quotidien de
la population, si ce n’est l’appauvrissement massif et la dépendance
envers quelques produits d’exportation dont la valeur ne cesse
d’augmenter sur les marchés mondiaux.
Dans un article intitulé “les dix limites de l’initiative PPTE
“ d’Arnaud Zacharie, outre certaines conditions déjà dénoncées,
il y a un point saillant qui montre l’ampleur de la mauvaise foi quant
aux projections souvent erronées et non objectives des IFI sur les
répercussions de cette initiative. Il écrit : Des projections de «soutenabilité»
est sévère (une dette est-elle soutenable lorsque son service prive les
populations locales de santé et d’éducation ?), mais en plus les
projections à moyen terme des experts du FMI sont totalement
irréalistes. Par exemple, alors que le prix du coton a perdu 46% de sa
valeur entre début 1997 et fin 1999, les projections jusqu’en 2019 pour
le Mali se basent sur une augmentation annuelle du prix du coton de 9% !
Qui dit mieux ? Et pourquoi ces projections erronées ? Mais la
grande question est de se demander à qui elles (ces projections)
profiteraient ? Il appartient à tout un chacun d’apporter des réponses à
ces questions.
La mise en place de l’initiative PPTE s’identifierait en Marketing à ce
qu’on appelle de la croissance par diversification, ou plus précisément
de la diversification concentrique qui consiste, en entreprise, à
introduire de nouvelles activités dont la technologie (ou le marketing)
est complémentaire de son métier présent (actuel). Explication :
l’application des PAS a non seulement entraîné une réelle dégradation
des conditions de vie des populations mais a rencontré aussi de vives
critiques tant au niveau même des Institutions financières
Internationales que de la part des sociétés civiles des pays concernés.
Et sous la pression de l’opinion publique internationale les IFI,
persuadées de leur croissance dans le démantèlement et l’appauvrissement
des sociétés des pays du Sud, ont procédé cette fois par le biais de
l’initiative PPTE qui n’est en fait que complémentaire des objectifs des
différents PAS déjà mis en place et ayant échoué lamentablement dans les
pays du Sud.
Finalement les PAS et l’initiative PPTE ne donneront qu’un résultat
similaire comme en témoigne les analyses de deux organismes onusiens….
Selon la CNUCED (Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et
le Développement) : Les espoirs que l’on fonde sur la mise œuvre
de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés
(PPTE) ne sont pas réalistes.
L’allégement de la dette envisagé ne suffira pas à rendre celle-ci
supportable à moyen terme (…) ; par ailleurs, l’ampleur de l’allégement
de la dette et la manière dont il interviendra n’aura pas d’effets
directs majeurs sur la réduction de la pauvreté (CNUCED 2000,
p.31).
Le PNUD ne dit pas autre chose : La dette continue d’être
un frein au développement humain et à la réalisation des droits de
l’Homme (…). L’initiative d’annuler le service de la dette en faveur des
pays pauvres très endettés (PPTE) n’a jusqu’ici un impact limité (…). De
nouvelles mesures, introduites en 1999, cherchent à fournir un
allégement plus rapide et plus important en visant la réduction de la
pauvreté.
L’allégement de la dette reste toujours loin derrière les intentions et
les promesses. Il est urgent que la mise en place de ces programmes
s’accélère dans tous les pays et que de nouvelles initiatives soient
mises en œuvre pour que la réduction de la dette ait une incidence sur
le développement humain (PNUD 2000, p.120).
Ainsi eu égard aux enjeux réels de l’accession à l’initiative PPTE, la
RCA n’est point à un tournant décisif de son histoire dans le sens
positif de la marche vers le développement. L’initiative PPTE n’est
qu’un leurre supplémentaire destiné à détourner l’attention des pays
africains sur les véritables priorités auxquelles ils doivent focaliser
leurs forces et énergie, c’est-à-dire, trouver à partir des facteurs
endogènes des voies et moyens pour l’élaboration d’un plan de
développement en adéquation à la stricte réalité de chaque pays sans
oublier l’évolution du monde alentour.
Piste de réflexion
Que de faire le jeu de l’autruche feignant ignorer l’état véritable de
la majorité des pays Africains, il convient de reconnaître que tout
comme la majorité des pays Africains, la RCA est un pays pauvre et
(très) endetté. C’est un fait incontestable mais cela n’augure
aucunement l’attribution d’une typologie humiliante que les uns et les
autres l’acceptent avec un brin de fierté ou de fatalisme. La
Centrafrique n’est pas plus endettée que les pays appelés “riches“. Par
contre elle est belle et bien pauvre. Et cette pauvreté s’explique
aisément.
Face à cette situation, il est plus qu’urgent de trouver des solutions
adéquates pouvant permettre à la population de regarder l’avenir avec
optimisme. Pour cela, il est primordial que l’on sache réellement
pourquoi la RCA est pauvre. Ceci dans le but d’amener les uns et les
autres à sortir de l’amnésie mortifère où l’on ergote sans cesse que la
RCA est riche, contraste saisissant entre la vie au quotidien et la
supposée richesse.
Dans le passé, n’importe quel livre d’économie internationale
considérait que les pays dotés de ressources naturelles étaient riches.
Et cette croyance est partagée par un grand nombre d’Africains en
général et de Centrafricains en particulier. Aujourd’hui, la révolution
technologique libère peu à peu l’économie industrielle de sa dépendance
envers les ressources naturelles. Des pays comme le Japon, l’Allemagne,
la Suisse, l’Israël et les Nouveaux Pays Industriels (NPI) asiatiques
(Malaisie, Corée du Sud, Singapour), dépourvus de ressources naturelles,
sont plus riches et puissants que les pays qui en regorgent. La
richesse des nations se trouve maintenant dans l’information et la
matière grise permettant d’inventer et d’améliorer les produits et
services et d’économiser les ressources naturelles.
Ainsi, la vraie richesse c’est l’Homme. Et l’Homme devient une richesse
fondamentale pour son pays ou son continent ou encore sa planète
lorsqu’il est mieux formé. La seule valeur ajoutée sur les matières
premières, les ressources naturelles ce n’est que l’homme. Cette réalité
doit être mieux maîtrisée par n’importe quel pays voulant sortir du
marasme économique. Et tant que l’homme centrafricain ne sera pas formé
suffisamment, sa pauvreté sera toujours d’actualité même des siècles
plus tard. Cette formation doit être une réponse aux urgences du moment
mais aussi pour la préparation des générations futures, comme des pays
ont eu à le faire avant nous.
En prenant conscience de cette réalité, tout le mérite sera
l’élaboration d’une politique axée sur la formation de l’homme dans le
but de sortir de l’ornière des matières premières non transformées donc
sous-évaluées. Il y a des exemples pour inciter les uns et les autres à
ne point considérer les matières premières comme des richesses
fondamentales. La meilleure illustration se trouve sous nos yeux.
L’Allemagne ne disposant des gigantesques gisements pétroliers et
gaziers comme sa voisine la Russie. Pourtant le niveau de développement
en Allemagne ne peut être comparable à celui de la Russie. Israël est
mieux loti aux enseignes des pays industrialisés que l’ensemble des pays
Arabo-musulmans, qui pourtant regorgent d’innombrables puits pétroliers.
Et que dire du Japon ?
Comment procéder ?
Maintenant la question est de savoir comment former l’homme
Centrafricain ? Pour répondre à cette question il revient à chaque
gouvernement de définir cette problématique comme axe principal de toute
action dans le pays.
Et puisque la formation nécessite un certain investissement, il
appartient à la politique de trouver une réponse qui, comme dans la
majorité des pays volontaristes qui désirent le mieux-être de sa
population, passe inéluctablement par le choix d’un domaine économique
en phase avec la réalité du pays pour en faire “la vache à lait“
afin d’atteindre l’objectif fixé. Cette problématique commence à faire
son chemin dans certains pays Africains comme la Tunisie qui a fait du
tourisme sa vache à lait. Il y a le Botswana qui a choisi ces mines
diamantifères pour en faire la mamelle de son développement. Partant de
la réalité de la RCA, cette vache à lait est toute et vite trouvée c’est
le secteur minier (l’uranium, le diamant et l’or). Et pour concrétiser
véritablement ce secteur en une vache à lait du développement du pays,
une démarche méthodique est fortement recommandée.
A l’aide d’un appel d’offre au contour bien ficelé (par le soin des
juristes et non de quelques individus), discuté au préalable
publiquement au parlement (en laissant ouvert une période de
propositions venant de tout Centrafricain). Ainsi le pays tout entier
sera dans une dynamique de participation ce qui ne peut que faire
émerger ce que les anglo-saxons appellent le followship (la capacité des
peuples à suivre leurs dirigeants). Et compte tenu de la flambée des
prix par exemple de l’uranium, le gouvernement Centrafricain peut
procéder ainsi pour éviter au pays d’être considéré comme un PPTE et
voir ainsi discuté son avenir à Bruxelles, ce qui plonge
davantage le pays tout entier dans la problématique lénifiante de
l’éternel nécessiteux incapable de prendre son destin en main malgré les
différentes possibilités qui s’offrent à lui. Comment peut-on comprendre
qu’en dépit des innombrables gisements de diamant, or et uranium dont le
pays regorge et des contrats signés en grande pompe par les différents
dirigeants, l’on n’arrive pas encore à trancher le nœud gordien de la
pauvreté et surtout de la formation de l’homme en Centrafrique, gage de
développement ? La réponse à cette question se tient en deux points
essentiels : le tribalisme (qui induit inéluctablement la médiocrité) et
l’affairisme des différents régimes se succédant en Centrafrique. Cette
attitude en Centrafrique n’est point l’apanage que de ce peuple. Un peu
partout des contrats sont signés dans une opacité totale. A ce propos,
il convient de se reporter au constat sans appel de Mme Anne Miroux
Chef de l’Unité d’Analyse des Investissements à la CNUCED : “Ces
contrats ne sont jamais rendus publics. Je ne suis pas sûre qu’ils
tiennent compte d’abord des intérêts des peuples africains“.
Loin de rajouter une couche, l’épisode Areva-Uramin-RCA est éloquent.
L’OPA d’Areva sur Uramin pour l’ensemble de ses gisements en Afrique
(RCA, Tanzanie et Niger) a coûté 2 Milliards d’€. En imaginant un
instant que la cession des gisements d’uranium de Bakouma (qui a coûté à
Uramin que la bagatelle d’un Milliard de francs CFA, soit 150.000 d’€)
était négociée dans les normes démocratiques, il est plus que évident
que la RCA devrait engranger une manne financière importante susceptible
de donner un coup de pouce considérable au développement du pays.
Avec un ou des domaines générateurs de ressources financières, l’Etat
disposerait d’une cagnotte pouvant financer des programmes de
développement. Et ces programmes ne seront que les objectifs fixés par
le gouvernement sans contraintes majeures de la part des Institutions
Financières Internationales (IFI), car ce ne seraient elles les
donatrices de subventions. Car la survie d’un Etat, son développement ne
peut se faire qu’à base de subventions venant de l’extérieur et encore
moins par l’absence d’un programme émanant directement des réalités de
celui-ci. Tant que les différents pays d’Afrique en général et la
Centrafrique en particulier n’arrivent à concevoir un programme de
développement en phase avec leurs différentes réalités macro et
microéconomiques, rien de tangible pouvant résorber n’émergerait sous
les cieux de ces pays. Pour le faire, le préalable est d’utiliser
rationnellement une partie des ressources naturelles du pays pour
financer certains secteurs primordiaux susceptibles de contribuer à
l’érection en moyen et long termes des conditions de développement.
Quelles formations privilégiées et comment l’harmoniser ?
Les formations à privilégier en Centrafrique doivent répondre
immédiatement et directement aux attentes de la population et surtout au
besoin d’un développement cohérent. Pour cela le choix de trois domaines
s’avère nécessaire : la scientifique, la technique et l’artisanat.
Les deux premiers domaines doivent répondre au souci de qualification de
la main d’œuvre centrafricaine. Il ne sera guère possible d’attirer des
entreprises si la main d’œuvre est sous-qualifiée. La qualité de la main
d’œuvre est un attrait considérable pour les délocalisations des
industries expatriées.
Quant à l’artisanat, celui-ci doit constituer le fer de lance de notre
économie. Que de rester embrigader dans une seule logique où l’économie
est fonction de la consommation, la production est à creuser et à
encourager également. Et la production dans notre cas, dans un premier
temps ne peut que passer par le canal de l’artisanat. En amont de cette
politique d’artisanat, il est essentiel de faire de la pédagogie dans le
but de sensibiliser les centrafricains à la valeur de tous les métiers
de ce secteur. Ce travail en amont a pour but de lever la chape
péjorative pesant sur les métiers jugés au rabais à défaut. Est-ce
normal que tout un pays n’ayant un boulanger qualifié, un boucher
qualifié, un tôlier, un carrossier ? Que de lister les enseignements
manquants et à privilégier maintenant, il est utile de s’inspirer du
travail du compatriote Francis Kopaye dans sa dernière tribune
intitulée : “Du discours à l’action“ : « Que soient
privilégiées les filières professionnelles (mécanique auto et
industrielle, la maçonnerie, la menuiserie, la boulangerie) ; cela passe
nécessairement par la valorisation de ces secteurs d’activités, en les
rendant attractifs : amélioration des conditions de travail,
rémunération intéressante, campagne de communication autour du métier
». Il faut ajouter à ceux-ci les activités agro-pastorales en
vue de sédentariser l’élevage bovin en Centrafrique et en ouvrant des
perspectives dans les autres élevages telles que porcins, avicoles, etc.
Et que dire de mécaniser l’agriculture centrafricaine ? Il y a quelques
années, la Libye a fait un don des produits alimentaires à la RCA. Un
pays avec un climat sahélien non favorable à une agriculture fait don à
un pays où toutes les conditions climatiques sont réunies mais qui peine
à atteindre l’autosuffisance alimentaire.
Pour y arriver, la Centrafrique doit mettre en place un vaste programme
d’études dont la finalité sera de mettre en place une grande technopole,
de redynamiser la faculté de médecine par l’ouverture au sein de cette
entité des programmes de spécialisation ciblée et de redynamiser
également l’ISDR.
L’harmonisation des moyens pour atteindre ces objectifs doit se tenir en
deux phases. La première phase se fait à l’extérieur dans les pays amis
en privilégiant les coopérations Sud-sud et bilatérales, et la seconde
se fait au niveau local pour formaliser la première.
Extérieur
1 – Pour l’enseignement technique et scientifique : Les pays du
Sud-est asiatique tels que la Chine, la Corée du sud, le Singapour,
l’Inde ou encore la Malaisie doivent faire l’objet d’une attention
particulière d’un pays comme le nôtre. Une harmonisation de la
coopération avec ces pays doit déboucher sur la formation massive d’un
certain nombre des jeunes centrafricains. Ces formations ciblées doivent
être articulées au niveau des BTS et des DUT susceptibles pouvant donner
des connaissances pratiques. Les meilleurs de chaque promotion doivent
continuer en ingéniorat et en professorat dans le but de mettre en place
des unités de recherche.
2 – Pour la santé : Les pays tels que la Corée du sud, l’Inde,
l’Israël, l’Afrique du sud et le Cuba où la médecine a atteint un niveau
d’excellence doivent être retenus pour la formation des médecins
centrafricains dans les spécialisations telles que : urgentiste,
gynécologie-obstétricale, traumatologie, chirurgies infantiles et
cardiaques, sans oublier la puériculture.
Intérieur
1 – Pour l’enseignement technique et scientifique : Des
dispositifs doivent être pris pour le retour gagnant de ces jeunes
formés. Ces dispositifs sont la redynamisation du lycée technique (voir
les possibilités de la construction de ce type d’établissant dans chaque
grande région du pays) en accentuant des formations dans divers domaines
du niveau CAP jusqu’au baccalauréat technique, et la construction d’une
grande technopole dans l’une des provinces du pays avec internat pour la
formation des étudiants en cycle de BTS et DUT. Toujours dans le cadre
des dispositifs, il est préférable de reprendre les travaux mis en ligne
par Joël Yvon Wallot, le 28 décembre 2005, intitulé “Les docteurs au
chevet de l’Institut Supérieur de Développement Rural“. Ce travail peut
constituer une base de départ de la redynamisation de l’ISDR en incluant
dans cet institut, l’Institut Centrafricain de Recherche Agronomique (ICRA),
le Collège Technique d’Elevage de Bouar pour en faire une entité forte
d’enseignement et de recherche pouvant impulser l’agriculture et
l’élevage dans notre pays, gage d’un développement certain et de
l’autosuffisance alimentaire.
2 – Pour la santé : La formation des médecins dans les
différentes spécialisations constituera un gage non total mais
considérable pour la qualité des soins et aussi pour l’espérance de vie
de la population. Avec la volonté d’assurer le bien-être à la
population, le mieux serait la construction d’un site pouvant abriter la
nouvelle faculté de médecine. Mais le primordial est de doter cette
faculté et si possible le reste des facultés de l’Université de Bangui
d’un laboratoire de langue où l’apprentissage des autres langues telles
que l’Anglais, l’Espagnol serait facilité. Ce laboratoire de langues
donnera aux étudiants centrafricains la possibilité de réduire le fossé
de langue qui fait souvent défaut à ceux-ci une fois à l’extérieur.
Conclusion
En résumé, une fois défini le secteur générateur de ressources pour le
pays, l’Etat Centrafrique doit faire former une partie des jeunes à
l’extérieur. Une fois rentrés, ceux-ci doivent être utilisés dans
l’enseignement pour vulgariser les connaissances acquises. Une partie
doit être soutenue par des structures comme le CAPMEA pour l’émergence
d’une classe d’entrepreneurs en Centrafrique afin de réaliser des
marchés nationaux et même sous-régionaux par l’entremise de la CEMAC.
Ce travail est fait dans un but de faire la différence. La Centrafrique
est un pays Africain mais son destin ne doit en rien ressembler avec
celui du reste. Comment ferons-nous la différence aujourd’hui pour le
bien-être de la population centrafricaine ? Il est possible de faire la
différence, si l’on choisit d’agir. Faire la différence, c’est combler
un vide. Le vide dû à la posture misérabiliste où rien de ce qui peut
faire notre bonheur ne peut venir de nous-mêmes, où nous ne pouvons
définir les critères de notre bonheur, où le bonheur de l’homme Africain
en général et Centrafricain en particulier ne peut être envisagé en
dehors de l’Occident. Faire la différence, c’est combler ce vide.
Entendre un appel au secours (de la population) et y répondre. Faire une
erreur et y remédier. Qu’il s’agisse de la politique, de l’économie ou
d’autres domaines de la vie de la nation Centrafrique. Faire la
différence, c’est trouver les voies et moyens pour rémunérer le travail
de l’homme centrafricain d’où qu’il vient, c’est bien rémunérer les
employés pour leurs services, construire une maison, construire une
école, une usine, donner plus de responsabilité aux jeunes, nourrir ceux
qui ont faim, ou revitaliser une communauté. Faire la différence, c’est
un appel à l’action. Un cri de ralliement, sans peur, déterminé,
passionné et en phase avec les besoins et les réalités. C’est se
chercher… et tendre la main. Se lancer au cœur de la tourmente…
S’aventurer au milieu de nulle part. Avec une vision et un objectif.
Pour qu’un jour, au coucher du soleil, en pensant à demain, nous
comprenions que le bien pour nous-mêmes et pour notre pays n’est pas que
ce que nous faisons, mais ce que nous sommes.
Et pour moi, ce travail n’est qu’une infime partie de faire cette
différence que j’invite chaque compatriote à le faire par la force des
propositions et des convictions dans l’honneur.
Henri Paul
Akibata
Réactions à cette tribune
Baudoin
Eyenga
(19/11/2007) : Que du bla-bla, encore du bla-bla toujours du
bla-bla mais à quand l'action?
C'est très étonnant de voir le nombre de personnes qui détiennent les
solutions miracles pour notre pays, mais à quand la pratique? à quand
l'action?
Ce que j'espère pour la RCA, c'est qu'une vague de compatriotes de la
diaspora se proposent de partir au pays pour créer une société, initier
un projet...et sollicitent des partenaires, des associés pour plus
d'efficacité c'est ça qu'il faut pour notre pays.
C'est toujours facile de donner des leçons aux autres lorsque l'on n'est
pas confronté à la réalité du terrain.
Henri Paul
Akibata Kette
(19/11/2007) : Généralement, il n'est pas de coutume que je réponde
à une opinion donnée, car la liberté de penser est fondamentale.
Une dérogation à la règle s'impose sur ce cas-ci. Une vision est donnée
à travers cette tribune. Celle-ci peut être reprise et affinée pour le
bien de tous, ou tout simplement laissée de côté en estimant qu'elle ne
cadre pas à la réalité de notre pays.
Mais est-ce que émettre une pensée est synonyme d'inaction ? Le fait de
ne pas avoir encore mené une action dans le sens voulu par les uns et
les autres signifie-t-il que l'on est dans une posture improductive ? A
travers cette réaction, il y a l'envie plus ou moins tue que les uns et
les autres veulent que tout un chacun dit ce qu'il va faire pour le
pays, mettre à jour ses projets... Le schématisme est l'antithèse même
de la raison.
Toute chose a son temps. N'oubliez pas cher compatriote que
l'organisation précède toujours la structure.
Nalé
Toua
(20/11/2007) : Mon cher Baudoin, j'abonde parfaitement dans ton
sens et j'ajouterais ceci: Les grands discours et théories sans
lendemain ne servent qu'à flatter les bas instincts.
Il est plus que temps de conseiller fortement et franchement à nos
compatriotes de parler peu et d'agir plus, car seules les actions
concrètes de terrain permettent d'avancer.
Cela étant, il n'est pas interdit de faire des critiques objectives et
constructives. Seule la subjectivité est à craindre. Cependant quelle
que soit la nature des critiques, elles doivent être suivies d'actions
concrètes de la part même de leur auteur. Ce qui est aujourd'hui loin
d'être le cas. Cette question "Que dois-je faire pour participer au
développement et à l'émancipation de mon pays?" n'est pas souvent posée,
et même quand on se la pose, on a souvent tendance à tout rejeter sur
les autres.
Une autocritique de temps en temps de notre part ferait un peu de bien à
notre pays.
La redondance permanente de critiques même objectives menace tout de
même leur crédibilité. Et donc si on pouvait éviter le "perroquenisme"
on ferait économie de temps et d'énergie.
Mobilisons-nous au sein des associations et ONG pour concevoir des
projets de développement et mener ces projets à bon port. Et comme l'a
si bien dit le frère Baudoin, ce qu'il faut espérer pour notre pays
c'est qu'une vague de compatriotes de la diaspora se proposent de partir
au pays pour créer une société, initier un projet...et sollicitent des
partenaires, des associés pour plus d'efficacité.
SINGUILA
Francis
Kopaye
(22/11/2007) : Bonjour Henry Paul,
Je tiens à vous féliciter pour l'exercice auquel vous vous êtes adonné.
Je crois que bon nombre de Centrafricains n'avaient pas très bien
compris en quoi consiste « l'éligibilité » aux initiatives PPTE. Les
propositions que vous faites dans votre intervention cadrent également
aux urgences de l'heure. Mais vu la situation politico économique et
sociale de notre pays, un tel passage (PPTE) me semble nécessaire.
Repartir en quelque sorte sur d'autres bases (réduction de la dette
publique...) permettrait, à mon sens, d'amorcer le processus du
développement. Car l'Etat étant asphyxié ne peut pas s'engager
sereinement sur la démarche du développement que le peuple centrafricain
attend et espère depuis très longtemps.
Il appartient dès lors au gouvernement et ainsi qu'aux citoyens de
contribuer collectivement à la mise en marche de ce processus.
Aussi, je me permets de dire à Baudoin qui « entend voir » ses
compatriotes de la diaspora «débarquer à Bangui pour créer des
entreprise», il me semble qu'il fait partie de cette diaspora, sauf
informations contraires. Il ne s'agit pas de donner des leçons à qui que
ce soit, mais plutôt faire des propositions mettant à contribution
toutes les bonnes volontés.
Mais je peux aussi comprendre l'exaspération d'aucuns qui ne souhaitent
plus entendre ces «longs discours» car il nous tarde d'agir.
Cordialement.
Henri Paul
Akibata Kette
(23/11/2007) : Il me semble nécessaire de revenir sur le travail
qui a été fait, et qui logiquement a reçu des critiques de la part des
compatriotes. Les critiques ne sont jamais négatives et doivent servir à
quiconque de se recadrer ou de se renforcer dans ses opinions. Mais à
travers des critiques l’on peut se rendre compte qu’elles peuvent être
parfois infondées pour certaines raisons ne relevant forcement de la
mauvaise foi.
Les deux premières critiques reçues, rejettent l’idée des discours
interminables sans agir. Les compatriotes veulent de l’action par
l’entremise d’une descente en masse d’une partie de la diaspora pour
créer des entreprises. Belle initiative. Personne ne peut contester
pareille réflexion. Mais toutes critiques doivent s’inscrire dans un
contexte précis sous peine d’éparpillement.
Le travail qui a été fait s’inscrit dans une logique simple : celle de
l’honneur. La Centrafrique vient d’être éligible à l’initiative PPTE.
C’est une bouffée d’oxygène, surtout par le volet de la réduction de la
dette publique, que je dois reconnaître par l’intervention du
compatriote Francis Kopaye. Mais il n’en demeure pas moins que cette
initiative a un nombre élevé de contraintes qui, sur la longueur
pourront entraver certains efforts pour le développement de la RCA.
Dénoncer l’initiative PPTE est l’un des buts de ma tribune.
Le deuxième but poursuivi est de ne point se murer dans les critiques
tous azimuts. Il faut proposer. Est-ce nécessaire de rappeler aux uns et
aux autres que l’éligibilité de la RCA à l’initiative PPTE a été menée
par le gouvernement ? Et comme tel, les propositions faites à travers
cette tribune s’adressent au gouvernement dans l’espoir d’une
contribution. En agissant ainsi, l’on peut bien penser légitiment que
l’on est dans une dynamique d’action, car l’action est définie comme un
“fait, faculté d’agir, de manifester sa volonté en accomplissant
quelque chose“. Combien de compatriotes ont des idées, des
propositions et ne l’ont jamais exprimé ? Que de demander des actions
palpables, ce qui est bien. Il convient aussi de reconnaître à ceux qui
expriment des idées, une certaine volonté d’action. Cela n’est pas
difficile pourtant.
Quelles sont les propositions émises ? Celles de demander au
gouvernement de s’atteler à trouver parmi les nombreuses potentialités
de la RCA un domaine économique mamelle de son développement, et de
financer la formation de l’homme centrafricain dans des domaines
scientifiques, techniques et de la santé. Où est le mal dans cette
proposition ? Quel centrafricain ne sera pas fier, si un acte pareil a
été posé ? Où est l’honneur du centrafricain lorsque, en dépit de ses
ressources naturelles, les différents gouvernements n’arrivent à les
harmoniser pour l’intérêt unique de la population ? Le dire est-il
synonyme de grands discours vains ? C’est une vérité qu’il faut que nous
nous en imprégnions pour essayer de faire de ce pays une grande nation,
ce qui ne passera que par l’entremise de la formation de l’Homme
centrafricain.
Avant de terminer, il y a une chose que semble oublier les uns et les
autres. La main d’œuvre centrafricaine est sous-qualifiée. Pour mettre
en place des usines, des entreprises dans certains domaines, le
personnel qualifié fera défaut en Centrafrique. Et aussi pour des
créations massives d’entreprises, il est utile d’avoir un environnement
sain où la justice sera garantie, où la lutte contre la corruption ne
sera pas un vain mot, où la sécurité ne sera pas seulement pour une
certaine catégorie de personnes. Ces choses énumérées ne s’inscrivent
pas dans une logique pessimiste. Ils doivent servir à nous aider à
orienter l’essentiel de notre énergie, c’est-à-dire bâtir un Etat fort,
stable, prospère. Cet Etat sera la superstructure digne de piloter les
différentes infrastructures que les uns et les autres mettront en place
par les investissements de la diaspora.
Il ne faut pas se verser dans les jugements hâtifs, genre il faut aller
investir si tel n’est le cas, il faut se garder de faire des
propositions. Je pense qu’un certain nombre de compatriotes
réfléchissent aux voies et moyens pour agir efficacement dans le pays.
Et si cela n’est encore effectif, il n’est conseillé d’émettre un
jugement définitif sur eux, car sachez-le : nos jugements nous jugent.
D’ailleurs qui peut se targuer de mettre en ligne ce qu’il a en projet ?
Est-ce même sensé de demander cela ? Et rien ne sert de courir, il nous
est utile aujourd’hui de bien organiser ce que nous voulons faire de
peur de nous retrouver avec le résultat de nos parents.
Ayez confiance en l’avenir et ayez confiance en l’autre qui commence à
se manifester sans rien demander en contrepartie.
Singuila mingui.
Nalé
Toua
(24/11/2007) : Caresser dans le sens du poil est bien
"franciscain". Sauf qu'au bout c'est l'immobilisme et le contemplatif.
La réitération de mon soutien à la position du frère Baudouin est ici
sans ambiguïté, car dans un monde où l'hypocrisie est devenue monnaie
courante, dire le fond de sa pensée en public et de manière aussi
tranchante relève presque de l'héroïsme.
Nous devons avoir le courage de dire à nos compatriotes qu'ils parlent
trop et agissent peu. Le frère Baudouin en parlant du "bla-bla-bla" sait
de quoi il parle. Car c'est un homme de terrain. C'est donc l'expérience
de terrain qui l'amène à ce constat. Il suffit pour s'en rendre compte
de voir la liste de ceux qui se sont inscrits pour soutenir le projet
SOLIDEC. A observer cette liste on pourra se demander mais pourquoi ce
projet peine à décoller. C'est sans connaître nos compatriotes.
Les beaux parleurs pullulent dans notre société. J'ai parfois la
faiblesse d'esprit de croire que la réalité nous échappe et que c'est un
problème d'expériences professionnelles. Il y a certes beaucoup
d'étudiants qui réagissent sur ce site. Certains ont l'air d'avoir bien
appris leur cours. Félicitations ! Sauf qu'à l'école on n'enseigne pas
tout parce que certaines choses ne peuvent y être enseignées. Et donc ce
n'est qu'à travers une expérience de terrain que l'on peut se faire une
idée exacte de la situation, et ainsi éviter de se faire rouler dans la
farine par les beaux parleurs et flatteurs de bas instincts.
Pour revenir à nous, Centros de la diaspora, "docteurs en critiques
gouvernementaux », qu'avons-nous fait de concret en Centrafrique pour
influencer nos gouvernants et peser dans les prises de décisions ? Notre
incapacité à nous unir et élaborer un projet concret est patente. Dire
qu'on ne peut concevoir sans l'aide du gouvernement est à mes yeux
inadmissible. On reconnaît les gens talentueux par leur génie d'innover
même dans des conditions critiques. On chante tout le temps que les
conditions ne sont pas réunies au pays pour entreprendre, et pourtant
les Sénégalais, Camerounais, Béninois, Maliens, Libanais, pour ne citer
que ceux-là, s'enrichissent jour et nuit en Centrafrique ! Le Liban, que
je sache, est en guerre depuis un quart de siècle ! Et pourtant partout
dans le monde les Libanais se sont installés et enrichis. Si les Centros
de la diaspora étaient riches, il ne fait pas de doute que l'on pourra
changer le cours des choses en Centrafrique. Mais hélas...
Réveillons-nous chers compatriotes, l'avenir de notre pays est entre nos
mains.
Patriotiquement...
Francis
Kopaye
(25/11/2007) : Chers compatriotes,
Je regrette les tournures que prennent souvent certaines interventions
sur ce site. Ce site est un outil nous permettant d'établir un contact
virtuel, confronter nos points de vue, analyser et proposer des
solutions susceptibles d'aider à la résolution des problèmes
centrafricains, me semble-t-il.
Grande est ma déception de voir que nous retombons à chaque fois dans
des querelles intestines. Nous nous posons la question sur les causes de
l'immobilisme, de manque d'engagement de chacun. Mais nous n'avons
jamais posé la question sur notre manque de cohésion et de solidarité.
Nous citons très souvent en exemple les africains de l'ouest
(Burkinabés, Ivoiriens, Sénégalais, Maliens.), ils ont en commun quelque
chose de primordial dans un processus de développement : la solidarité.
L'objectif de l'exercice auquel nous nous adonnons sur ce site n'est
pas, à mon avis, d'être de connivence avec tel ou tel compatriote, de
comparer les interventions ou les actions de l'un ou de l'autre
intervenant. Le but de l'exercice n'est pas non plus de targuer, de
juger, de mépriser nos compatriotes, de culpabiliser nos gouvernants
etc.
Je regrette profondément le pessimisme, l'orgueil, la brutalité de
certains propos tenus par certains intervenants. J'ai du mal à percevoir
la plus value de telles interventions. L'héroïsme n'est pas dans de
telles attitudes, les héros ce sont nos frères et sœurs qui meurent sous
les balles et de faim dans le Nord de notre pays.
Ce qui est urgent pour nous et pour notre pays c'est la concertation,
l'acceptation de l'autre afin d'amorcer le développement. Aucun
développement ne peut se concevoir sans concertation, sans union ni sans
paix entre les peuples d'où qu'ils soient.
Si nous voulons agir pour notre pays, alors faisons-le dans le respect
de nos différences : les étudions, les paysans, les chômeurs, les
travailleurs chacun à son mot à dire, chacun à sa pierre à apporter à
l'édifice. L'excellence se trouve dans la réunion, la conjugaison des
talents.
Il ne s'agit pas d'attendre de l'aide de notre Etat mais de bénéficier
de son encouragement, de son encadrement. Les autres pays précédemment
cités en exemple ont la confiance, l'encouragement et l'aval de leur
gouvernement respectif. Nous pouvons bien sûr concevoir sans le
gouvernement mais nous ne pouvons agir sans lui. Concevoir sans le
gouvernement, c'est d'ailleurs ce que chacun fait déjà à travers chaque
intervention et proposition sur SOZOWALA.
Nous gaspillons notre énergie à nous critiquer mutuellement, à chercher
la moindre faille dans les propos de l'autre. Comment voulez-vous
accorder une place importante à la prise de conscience, aux analyses,
aux propositions ainsi qu'à l'action collective et/ou individuelle ?
Dans chaque société il existe des « penseurs » et des « faiseurs ». Que
ceux qui peuvent concevoir le fassent et ceux qui peuvent agir le
fassent !!!
Si nous voulons avoir le crédit, la confiance ainsi que le respect de
nos dirigeants, nous devons faire preuve de maturité, de concertation,
d'union.
Arrêtons de « tirer la couverture à soi », regardons tous dans une même
direction, celle du développement de notre pays afin que règne la paix
parmi la nation toute entière.
Cette intervention est un sentiment de ras le bol. Arrêtons de nous
ériger en donneurs de leçons, en « docteurs critiques gouvernementaux »
!!
Je demeure, pour ma part, convaincu que les volontés existent, la prise
de conscience est là, l'amorce du développement tant attendu est au
rendez-vous !!!
Unissons-nous filles et fils de Centrafrique. Bâtissons l'avenir de
notre patrie dans la concertation et l'action.
Ce site est visité, à ma connaissance, par beaucoup d'étrangers
s'intéressant à notre pays, par pitié relevons le niveau du débat et
démontrons notre préoccupation collective !!! Que l'intérêt collectif
prenne le pas sur l'individuel.
Pardonnez la qualité de cette intervention. Mais j'ai souhaité exprimer
avec fermeté et honnêteté mon ressenti.
Patriotiques salutations !!!
Nalé
Toua
(26/11/2007) : Bla-bla-bla, et encore bla-bla-bla, comme dira
l'autre.
Chaque fois qu'on met le doigt là où ça fait mal, afin que nos
compatriotes prennent conscience du danger de notre immobilisme, il y a
toujours des griots qui surgissent de la pénombre pour distraire la
galerie avec leur rhétorique devenue désormais légendaire.
Chers compatriotes, ne dit on pas « Qui aime bien, châtie bien » ! Nous
devons avoir le courage de rejeter les « caresses dans le sens du poil »
car elles ne servent en réalité que la cause de ceux qui les donnent.
Engraisser pour mieux engloutir, c'est ni plus ni moins le but visé de
ces «praticiens».
Vous vous souvenez sans doute que le président français, Nicolas
Sarkozy, avait parlé en son temps de la « rupture avec une France
paternaliste », sous-entendu, hypocrite. Eh bien, moi je vous parlerais
de la « rupture avec l'Afrique des griots », ceux-là qui vous endorment
au quotidien avec des discours enjôleurs.
A chaque problème, une solution adaptée!!! Regardons donc la réalité en
face et agissons en conséquence.
Merci par avance de votre compréhension, et sincères salutations.
Youssoufa
Silla
(28/11/2007) : Bonjours chers ami(e)s
Pour votre gouverne et pour enrichir le débat, je vous renvoie au site
officiel créé spécialement par le gouvernement pour la Table Ronde. Vous
allez mesurer par vous même l'étendue du travail abattu par la partie
nationale pour convaincre les partenaires à Bruxelles. Personne de la
diaspora ou de l'intérieur du pays n'a le monopole de la pensée. Chacun
apporte sa pierre à l'édifice. A chacun son tour, le votre viendra.
Bravo aux techniciens des différents départements techniques qui ont
travaillé sans relâche pendant plus de deux ans pour produire ces
documents techniques de haute facture qui ont convaincu les partenaires.
Ils ont utilisé des approches innovatrices telle que la programmation
axée sur les résultats, le Cadre des Dépenses à Moyen Terme (CDMT),
l'approche participative, les enquêtes ménages rapides de type QUIB pour
caractériser la pauvreté, les sondages et autres techniques qui ont
permis de mesurer le degré de satisfaction des populations de la qualité
des services publics, etc... En fin de compte ces travaux ont permis
d'investiguer et de proposer des stratégies appropriées au cas
centrafricain. Il faut encourager cette jeune génération de
fonctionnaires qui se battent comme des lions dans un contexte de
travail et de salaire difficile. Grâce à leur sacrifice, le pays a
franchi beaucoup d'étapes en très peu de temps. Pour finir voici
l'adresse du site de la Table Ronde :
http://www.car-round-table.net/documents
Vous aurez les documents en français et et anglais.
Merci
Youssoufa
Silla
(28/11/2007) : Avant que je n'oublie, sachez également qu'avant la
Table Ronde, le pays a organisé également en juin 2007 toujours à
Bruxelles une réunion de concertation de ses partenaires sur sa
stratégie de reconstruction. Voici l'adresse du site du Gouvernement à
ce sujet. Vous pourrez mesurer la qualité du travail accompli.
Merci
http://www.car-conference.net/documents
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