L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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Comparaison n’est pas raison
 

Par Fernand Paul Sadam

 

Dans mes tentatives de compréhension intellectuelle du comportement des Centrafricains et des phénomènes sociaux qui secouent notre pays, il m’arrive souvent de me poser la question de savoir, si réellement nous voulons sortir notre pays de son imbroglio politique, économique et social catastrophique. Parce que, dans notre façon de penser et surtout d’agir, tout porte à croire, que nous nous complaisons de vivre dans ce désordre érigé en ordre. D’ajustements en ajustements, de fausses promesses en fausses promesses, ainsi va la destinée du pays de nos ancêtres. Celles ou ceux qui osent dénoncer les errements de nos femmes et hommes politiques sont soumis(es) à des menaces d’intimidation.

Tout le monde sait, voit, mais se résigne dans un mutisme coupable à cause de la terreur aveugle édifiée en mode d’organisation sociale dans ce pays virtuellement riche, doté de plusieurs atouts naturels, disposant des femmes et des hommes aux compétences et talents confirmés, mais qui bizarrement se trouve en queue de peloton, qui plus est, figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Tel se présente le paradoxe centrafricain.

De prime abord, qu’on se le dise, nous avons les dirigeants que nous méritons, à force de faire confiance sur le plan politique à des gens qui mentent comme des arracheurs de dents, nous ne pouvons que nous attendre à de pareils comportements d’irresponsables. Au lieu d’accepter l’affront d’aller à l’assemblée nationale et dire ses quatre vérités à ceux qui se cachent derrières leurs immunités à géométrie variable, le premier ministre a préféré jeter l’éponge. Il a ses raisons que nous ignorons et nous les respectons. Un jour, il faudrait qu’un homme politique de poigne puisse mettre les députés devant leurs responsabilités. Au lieu de jouer aux marionnettes du Prince qui les manipulent comme bon lui semble. Certains ne savent même pas pourquoi ils sont là…Pour preuve, leur amateurisme dans le traitement de certains dossiers stratégiques qui requiert un conseil avisé d’experts ou de techniciens en la matière plaide en leur défaveur. La politique est un art qui s’apprend, on ne s’improvise pas politicien du jour au lendemain. Pour se lancer dans une carrière politique, on doit être animé du sens supérieur de l’Etat ; le tout fondé sur de fortes convictions idéologiques spécifiques dans la gestion de la chose publique. Or, l’attelage concocté au lendemain des élections présidentielles de 2005, n’augurait en rien à de nouveaux changements dans la pratique parlementaire et gouvernementale pour répondre aux attentes légitimes des réformes auxquelles le peuple centrafricain avait droit. Nous étions parmi les quelques rares Centrafricaines et Centrafricains lucides à cette période post électorale à condamner de vive voix, ceux qui avaient vendu leur âme par pur égocentrisme…

Pour bâtir une société viable, il faudrait que les règles du jeu soient définies clairement et appliquées avec rigueur. Nous avons une loi fondamentale qui doit nous servir de canevas, malheureusement, elle est foulée du pied sans que ceux qui sont censés la protéger puissent dénoncer cette forfaiture. L’opposition démocratique s’est faite remarquer par un silence complice lors des exactions faites aux populations du Nord et du Nord-Ouest, il en est de même lors de l’invasion de certaines villes du Nord-est du pays. Actuellement, avec à l’horizon le soi disant «Dialogue inclusif» de dupes, l’opposition tente de faire sa réapparition. Elle va encore se compromettre dans un gouvernement d’union nationale comme par le passé en se justifiant de vouloir sauvegarder la paix. Et à l’approche des élections, elle va se désolidariser du pouvoir et dénoncer le bilan auquel elle-même a participé activement à concocter ou elle l’a subi docilement.

Cette manœuvre politique n’est pas digne de futurs gouvernants. Pour qu’il y ait une vraie alternance démocratique, il est souhaitable de laisser les vainqueurs des élections boire leur vin jusqu’à la lie ; s’ils ont tenus leurs engagements ou promesses faites à leurs électeurs, ils seront sanctionnés positivement, dans le cas contraire, ils le seront négativement. En revanche, l’opposition doit doubler de vigilance pour que le jeu démocratique ne soit pas vicié et que toutes les institutions de contre-pouvoir puissent jouer leur partition correctement et que chaque organe de contrôle et de régulation puisse assumer sa responsabilité avec efficacité. Au lieu de comparer, les régimes successifs et par pure masturbation intellectuelle se dire qu’à l’époque de tel régime les choses étaient meilleures ou pires qu’aujourd’hui. Nous devons être objectifs et justes dans nos analyses. Or, si l’on s’en tient au bilan de tous ces régimes successifs les choses n’ont fait qu’aller de mal en pis et la tendance n’est pas prête à s’inverser de sitôt, si nous ne nous prenons pas sérieusement en main. Nous sommes en partie responsables de nos turpitudes. Donc, suivez mon regard…

Les dernières nouvelles nous donnent froid au dos ; comment est ce possible que des personnalités auxquelles le peuple a délégué ses pouvoirs de représentation puissent se compromettre à tel point ? Quant-il s’agit des entorses aux droits de l’homme, des exactions flagrantes qui font honte à la nation toute entière, des manquements aux respects des textes constitutionnels, nos « honorables » députés sont aux abonnés absents. Par contre, si c’est pour qu’ils soient instrumentalisés pour pousser les chefs de gouvernement à démissionner (Mr Mandaba sous l’ère Patassé et aujourd’hui Mr Doté); ils savent qu’ils détiennent une arme qui s’appelle motion de censure. Or, quand le chef de l’Etat n’en fait qu’à sa tête, l’armada des textes qui en principe devait lui faire savoir qu’il n’est pas un monarque n’est pas brandi pour le calmer dans ses déviances. C’est là qu’on ne vous comprend pas chers « honorables » parce que vous nous démontrez à satiété, non seulement votre partialité criante, mais surtout votre asservissement maladif…Et nous sommes en droit de nous demander, quand viendra un jour la dissolution de l’assemblée nationale pour manquement au devoir dévolu ?

Pour parler trivialement, vous avez finalement eu la peau du premier ministre, croyez-vous sincèrement que cela va résoudre le problème du manque d’initiative à la création de richesses dans notre pays ? Chers(es) mesdames et messieurs détentrices et détenteurs du pouvoir en Centrafrique, mettez un peu votre orgueil et votre fierté de côté et essayez de communiquer sincèrement avec le peuple. Ce dernier n’est pas si idiot que vous le pensez, il vous comprendra si vous optiez pour un train de vie dénué de tout signe extérieur de richesse… Vous dites aux gens que les caisses de l’Etat sont vides, mais vos proches et vous vivez dans l’abondance à l’abri du besoin ; comment voulez-vous que votre voisine ou voisin qui est fonctionnaire et qui habite juste à quelques encablures de chez vous, mais qui tire le diable par la queue, puisse croire à vos propos démagogiques ? Faites une répartition équitable des maigres recettes fiscales à votre disposition, afin d’apporter à une majorité de citoyens le bien-être. Encouragez un grand nombre de vos concitoyens à entreprendre dans le secteur privé et garantissez leur la sérénité de la régulation dans ledit.

Parce que tant que nous ne maîtriserons pas la possibilité de créer nos propres sources de revenus grâce à une bonne politique agricole, d’élevage de bovins, de porcins, de caprins et de volailles dignes de se nom pour satisfaire l’autosuffisance alimentaire de notre population. On changera autant de fois qu’on voudra de Présidents ou de Premier ministres rien ne changera ; si nous même nous ne savons pas où nous voulons aller et quels sont les moyens dont nous disposons pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Le problème du paradoxe centrafricain n’est pas que conjoncturel, il est structurel et complexe. Nous devons le traiter dans sa globalité pour pouvoir un jour y parvenir et cela requiert un peu plus de sérieux dans la gestion de la chose publique. Or, le laxisme, l’impunité, la corruption ont ôté dans nos esprits aliénés tout sens de service public désintéressé.

Optimiste comme je suis, je crois encore que tout n’est pas perdu, simplement nous vous demandons de vous faire du mal, franchement mal lors de votre rencontre du « dialogue inclusif » pour qu’il ne soit pas qu’un rendez-vous de dupes en plus. Prouvez nous le contraire en faisant preuve de maturité et de sincérité. Insultez-vous, dites-vous les vérités en face, les yeux dans les yeux, crevez vos abcès si ceux-là peuvent vous soulager, mais ne nous soumettez plus à une éventuelle énième rébellion prélude à un énième dialogue ; parce que, toutes choses égales par ailleurs, les mêmes causes entraînant les mêmes effets, les aigris de cette rencontre ne changeront pas la formule qui selon eux gagne vaille que vaille.

Pour ne pas jouer à l’oiseau de mauvais augure, le plus souvent le florilège des mouvements sociaux annonce des lendemains incertains et beaucoup de régimes se sont laissés prendre les pieds dans le tapis en commettant une et une seule erreur fatale ; celle de ne pas être réactif à temps. Il ne suffit pas seulement de dire que les revendications salariales sont légitimes pour calmer les esprits et de dormir sur vos lauriers tout en aménageant le confort financier de vos pairs au pouvoir au détriment de la majorité qui voit leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil ; fonctionnaires, retraités, etc.

Un fusible vient de sauter, mais le ver est déjà dans le fruit, ne vous faites pas d’illusion avec l’espoir d’une accalmie avec le prochain gouvernement, si de réels changements de personnalités n’interviennent pas dans ce dernier et que vous choisissez les chaises musicales ou à un repli stratégique en prélude de 2010. La suite des évènements ne sera pas carnavalesque. Parce que les convives viendront masqués et là, bonjour les coups tordus et les entourloupes. Et cela donnera plus de grain à moudre à la population et aux syndicats qui durciront leur position.

A force de jouer aux apprentis sorciers en vous privant de communiquer dans la transparence, le vent de vos tromperies vous emportera tous tôt ou tard. Quant on pilote à vue, vite fait on peut arriver sur un impact mural et là patatras !!! Un jour ils se diront "si on avait su", ils se souviendront que beaucoup de compatriotes avaient tiré la sonnette d'alarme, mais qu'à l'époque, ils ne voulaient rien savoir.…

Fernand Paul Sadam
 

 

Réactions à cette tribune

Nalé Toua (21/01/2008) : J'ai toujours pensé et dit: quand on veut aider son frère ou sa sœur à avancer, il faut commencer d'abord par lui dire la vérité. Pourvu que chaque enfant de Centrafrique ait compris et fais siennes les critiques et analyses objectives du compatriote Fernand Paul Sadam.
Je pense même qu'il est plus que temps que les braves filles et fils de Centrafrique, dignes de ce nom, prennent les choses en main. Les constats sont là. Fernand a tout dit, donc inutile de revenir sur ce qui a déjà été dit. Ma question est par conséquent celle-ci : Allons-nous éternellement nous contenter de critiquer, ou faut-il passer à l'action ?
Nous sommes à moins de deux ans de nouvelles élections en Centrafrique. Il est plus que temps de nous unir au sein d'une coalition démocratique et nous jeter dans les brancards dans le but de redorer les blasons de notre pays. Ceux qui nous ont gouverné depuis l'indépendance jusqu'à ce jour ont montré leur limite. Ils ont peut-être fait de leur mieux, mais le résultat est là, alors....

Elvis Fanny Preston De Matima (22/01/2008) : je suis content de mes compatriotes. Ils sont mal dans leurs âmes, compte tenu de la situation qui nous préoccupe tous aujourd'hui (la descente en enfer de la RCA ). Je ne dirais pas à l'aube de l'indépendance mais après la chute de l'empire, c'est mon point de vue. Revenons à ce qui a été dit par Fernand et si les participants de ce dialogue ne cherchent pas leur part du gâteau, il faut se dire la Vérité en face et cracher dans la soupe démocratiquement parlant et non plus la Dictatocratie qui sert a terrifier, élimination physique des Femmes et Hommes politiques qui croient à la démocratie, et dans tous ces arguments avancés ci-dessus je retiens une chose qu'a dit le compatriote Nalé Toua c'est "L'action". Engageons-nous, il n'y aura pas de changement sans "sacrifices". Le changement en RCA ne peut que se faire que par ses Filles et Fils. NB :N'attendez plus l'armée, ni les puissances extérieures et la France pour un véritable "Changement". Si les Urnes nous mentent il y a la table ronde, dans le cas contraire il y aura la Rue et nos Casseroles. Vive le peuple Centrafricain. Unité-Dignité-Travail.

Brigitte Madozein (22/01/2008) : Fernand, j'apprécie ton analyse sur la situation dans notre pays. Le compatriote Nale a posé une question pertinente. Se contenter de critiquer ou passer à l'action, je crois que passer à l'action est à portée de tous les Centrafricains quels que soient leurs niveaux d'études ou de connaissances. Chacun peut apporter un remède au mal qui nous ronge où qu'il se trouve, il suffit de le vouloir si nous aimons vraiment notre pays le Centrafrique.

Vianey Koyabe (22/01/2008) : Eh oui mon cher SADAM, aussi "soft" et véridiques que furent vos analyses, l'espoir de notre nation et de notre peuple résident dans l'appropriation de la sagesse, et la vie de la sagesse.
De plus en plus, les Centrafricains comprennent et rejettent les jeux de dupes, les manipulations politiciennes. Mais après le rejet, viendra forcement le refus. Nous savons tous où le vent nous emmène, mais notre problème reste l'anticipation sur la direction dans laquelle ce vent nous conduit.
Si seulement, si seulement!!!!!!!!!!

Fernand Paul Sadam (22/01/2008) : Chers compatriotes, j'ai pris acte de vos remarques diverses et variées, sachez d'avance que dans toutes mes interventions j'essaye d'attirer l'attention de ceux qui nous gouvernent sur la mal gouvernance qui est à l'origine de tous nos maux. Je n'ai jamais critiqué pour critiquer, si vous lisez mes différents chroniques sur les sites centrafricains, j'ai toujours fait des propositions pour résorber certains de nos problèmes, je ne prétends pas détenir la science infuse, mais à mon modeste niveau j'essaye de faire des propositions afin que celles et ceux qui nous gouvernent puissent en faire siennes ces idées. Parce que je me dis que, ça ne sert à rien d'avoir des idées et de les garder jalousement pour soi... J'aime mon pays et je veux qu'il progresse dans le concert des nations. C'est pourquoi, je me décarcasse pour dénoncer, non seulement les dysfonctionnements qui ont cours dans notre administration, mais aussi le comportement de nos gouvernants qui nous prennent pour des imbéciles.
L'action il est vrai semble être la solution, mais qu'on nous laisse la possibilité de faire nos preuves. Malheureusement, le mauvais usage de certaines notions culturelles font que nos grands-parents et nos grand-frères ( il est vrai, je ne suis pas si jeune que ça) croient que sommes toujours des enfants qui ne peuvent pas supporter les charges de certaines fonctions. Et pourtant un adage dit que "la valeur n'attend point le nombre des années". Il y a des jeunes Centrafricaines et Centrafricains valeureux qui, en dépit de leurs talents ne peuvent les mettre au service de notre pays. A qui la faute? Nous n'allons pas tous prendre des armes, là n'est pas la solution. A mon humble avis, l'une des solution digne de ce nom, revient à la conformité et ce dans la légalité. Il nous faudrait être rigoureux dans l'application des textes qui régissent le bon fonctionnement d'un régime démocratique; respecter les libertés fondamentales, mettre en place des organes de contrôle indépendants du pouvoir exécutif, instituer des organes de contre-pouvoir efficaces et veiller à ce que la séparation entre le pouvoir exécutif, judiciaire et législatif ne soit pas qu'une façade etc. Je l'ai dit et j'insiste sur ce point le problème centrafricain n'est pas que conjoncturel, il est structurel et complexe, personne d'autre que nous, ne viendra résoudre ces problèmes à notre place. Il faudrait qu'on se mette honnêtement et sérieusement au travail pour juguler tous les goulots d'étranglements qui empêchent notre cher et beau pays de progresser comme cela devait se faire normalement.
Ce ne sont que des bouteilles bourrées de messages patriotiques que nous essayons d'autres compatriotes et moi de jeter à la mer des idées, à chacun dans son domaine de prendre conscience de ce qu'il doit faire. Merci.

Nalé Toua (25/01/2008) : Pas de panique, SADAM. Suis l'exemple de ton homonyme irakien. Il est entré pour toujours dans l'histoire.
Les propositions et analyses que tu fais sont partagées de tous, mais malheureusement il n'y a rien qui bouge. Il faut donc bien tenter d'autre chose. Si les bras et les jambes se contentaient juste d'écouter les discours oratoires du cerveau sans réagir, il est fort à parier que cela ne changerait en rien l'état des choses.
Si j'ai une remarque à faire à nos intellectuels centrafricains, c'est qu'ils parlent trop et agissent peu. Ils se contentent souvent de parler et attendent que d'autres fassent le sale besogne à leur place. Et une fois le terrain nettoyé, ils veulent qu'on les laisse s'installer. Non, soyons sérieux!
Face à des individus d'une mauvaise volonté manifeste, il faut bien une solution appropriée!!
"QUI VIS PACEM PARA BELLUM" disaient les latins.

Fernand Paul Sadam (26/01/2008) : cher compatriote Nalé Toua,
Il y a des choses inimaginables qui se passent dans notre pays. Pour que les choses puissent avancer, il faudrait qu'on fasse appel à toutes les compétences et à tous les talents sans distinction d'appartenance à telle ou telle région ou encore ethnie. Je ne suis pas le premier ni le dernier à le dire. Il ne faut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Je lis et écoute certaines personnalités décrier des pratiques qu'à l'époque où elles étaient au pouvoir, ne cherchaient même pas à améliorer. Or, si elles avaient mis en place toutes les garanties pouvant assurer le bon fonctionnement d'une société démocratique dans un état de droit. Elles n'auraient pas à sauter dans les premiers avions pour s'exiler à l'étranger. Les droits de chacune d'elles seraient préserver et ceux qui ont des comptes à rendre le feront selon une procédure prévue par la loi, loin de toutes les manœuvres politiciennes ou de tout ce qui a trait à l'arbitraire. Si on veut avoir une société calme et apaisée, il faudrait éviter de créer des conditions de frustration et d'humiliation des uns au profit des autres... Nous connaissons tous la fin, mais après on se demande pourquoi la population se comporte comme des babouins en excursion dans un champ de maïs ou d'arachides?
Les connaissances que nous essayons d'approfondir à l'étranger ne sont que la continuité des fondamentaux acquis dans les établissements scolaires centrafricains, qui malgré les carences en moyens didactiques nous assurent une bonne formation. je profite au passage pour adresser toutes mes félicitations à l'ancien directeur de la radio Centrafrique et toute son équipe pour le travail abattu qui nous permet aujourd'hui de recevoir en différé via internet les journaux et certaines émissions de notre station nationale. Pour revenir à nos moutons, par exemple; dans le cadre de ma formation pour l'obtention de mon Master en administration des entreprises en 2003, j'ai écris à plusieurs entreprises publiques et privées de la place au pays pour me donner la possibilité de faire mon stage là-bas, pour chacune d'elle j'avais des esquisses de propositions à fournir afin d'améliorer les choses. Parce qu'un manager consciencieux ne peut pas comprendre pourquoi des sociétés para étatiques et des établissements publics en situation de quasi monopole puissent être dans un tel état de déliquescence. Je vous assure Mr Nalé Toua, aucun n'a daigné me répondre pour me dire qu'ils avaient accusé réception de mon courrier, mais qu'ils regrettaient de ne pouvoir y donner une suite favorable à ma demande, aucun...
Un autre cas d'espèce; j'ai dans le cadre de la restructuration urbaine de l'un des arrondissements de Bangui fait une proposition; schéma à l'appui avec explication des retombées sociales, économiques et environnementales etc. je l'ai envoyé au premier citoyen de la ville de Bangui en lettre recommandée avec accusé de réception, plusieurs mois avant mon séjour au pays. En 2006, quand j'étais sur place, j'ai sollicité une audience auprès du Maire, en laissant toutes mes coordonnées au niveau de son service de protocole pour avoir un entretien direct avec lui, pour lui expliquer de vive voix les tenants et les aboutissants de ce projet. Ils n'ont pas cherché à me contacter. Quand bien même que je pouvais passer autrement pour le voir; parce ce que certaines personnes voulaient jouer le rôle d'interface pour me faciliter la tâche. J'ai refusé, parce que j'ai horreur des passe-droits. On a beau me répéter que "c'est le pays", mais jamais je n'accepterai ces pratiques d'un autre temps. Alors, mon frère comment voulez vous qu'on puisse aller de l'avant quand vous êtes confrontés à toutes ces fins de non recevoir multiformes et de nature différentes? Il croient tous que nous ne cherchons qu'à ravir leur place.
Je leur recommande seulement de faire bon usage de nos propositions, parce que ce sont eux qui sont confrontés aux réalités du terrain. Pour le moment, en ce qui me concerne, je ne suis qu'un idéologue selon l'acception d'Alexis De Tocqueville.
J'ai foi en la jeunesse centrafricaine et je me permets d'espérer qu'elle saura relever le défi du sous-développement de notre pays, quand le moment viendra.
Reçois mes fraternelles salutations.

Nalé Toua (30/01/2008) : Bonjour Fernand, bonjour à tous.
Fernand, une fois encore j'abonde dans ton sens et j'ajouterais même que j'ai vécu la même chose que toi et dans les même conditions (stage de mastère spécialisé (bac+6) en management industriel).
Cependant je dois dire, pour ne pas toujours jeter la pierre dans le jardin des autres, que nous manquons, nous de la diaspora, un peu d'organisation. C'est pourquoi je reste persuadé qu'avec un minimum d'organisation et de discipline nous pouvons éviter ces tristes situations auxquelles nous sommes régulièrement confrontés. Je me dis parfois que nous ne nous rendons toujours pas compte de ce que nous demandons à nos compatriotes restés au pays. Loin de moi l'idée de défendre qui que ce soit. Car rien ne va vraiment au pays, si ce n'est que de timides progrès qu'on peut noter ça et là. Non, je veux simplement attirer l'attention des compatriotes de la diaspora sur la nécessité de s'organiser pour mieux contribuer au développement de notre pays sur tous les plans. C'est un travail d'équipe qu'il nous faut nécessairement privilégier. L'individualisme ne mène pas loin. L'union fait la force, disent les sages. Prenons l'exemple des compatriotes de la diaspora de bonne volonté qui rentrent au pays dans le but de participer activement au développement de ce dernier. Combien reviennent déçus et du coup gagnés par le pessimisme ?
La politique du changement, c'est qu'il nous faut d'abord initier et mettre en place en Centrafrique. Et c'est un travail d'équipe.
Mes respects à vous tous.

Fernand Paul Sadam (30/01/2008) : Bonjour Mr Nale Toua,
J'espère que tes vœux qui sont également les miens soient exaucés par un grand nombre de compatriotes. Nous ne devons pas baisser les bras, pour cela tu peux compter sur moi. Je travaille avec d'autres centrafricaines et centrafricains pour réaliser des initiatives concrètes pour notre pays. Il est vrai, il y a un retard à l'allumage, mais ne dit on pas que "qui va doucement va sûrement?" et "mieux vaut tard que jamais?".
Je crois en l'avenir de ce pays et je t'assure que les mentalités sont en train d'évoluer, certes, mollement mais dans le bon sens. Ne perdons pas d'espoir. Qui vivra verra.
Fraternelles salutations.

Bertrand Simplice Ouloufi (01/02/2008) : très cher frère Paul Sadam, hier je t'ai envoyé un petit mot, mais aujourd'hui j'ai pris mon temps de te lire. Puis les réactions de mes compatriotes NALE TOUA, Brigitte et Fanny. Tout ce que je peux te dire, il est temps que les nouvelles autorités prennent les choses en main. Tu as tout dit. Agissons. Ne laissons plus notre beau et riche pays sombrer dans le KO.
Je crois qu'un jour la jeunesse centrafricaine se lèvera et dira NON. Mes salutation fraternelles.

Fernand Paul Sadam (01/02/2008) : Bonjour Mr Bertrand Simplice Ouloufi,
Tu as raison, mais laisse moi te dire que, quelles que soit les stratégies mises en place pour empêcher les valeureux fils et filles de notre pays d'agir et de s'exprimer librement dans la légalité. Le moment viendra où la nature fera son œuvre et les générations à venir, conscientes de leur mission combleront ce retard accumulé depuis des décennies. Merci.

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