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L'arbre à
palabre
Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
CONTRIBUTION D’UN CENTRAFRICAIN A L’ETRANGER
AU DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF :
CREER LES CONDITIONS DE LA JUSTICE, DE LA
PROSPERITE
ET DE LA PAIX
Par M.
Jean-Pierre
Redjekra
Jean-Pierre
REDJEKRA
Cayenne, le 14 décembre 2008
Personnel de direction et d’Encadrement
Guyane française
Chevalier de la reconnaissance centrafricaine
Cher(e)
compatriote,
Je m’adresse à vous tous en ce moment historique de la vie de notre pays
et de notre peuple meurtri. J’ai la conviction comme beaucoup d’entre
vous que notre nation est éternelle. Les aléas de notre destinée
collective de ces dernières années, nous ont fait douter, sans entamer
notre fierté d’appartenir à cet endroit de la terre.
J’ai l’intime conviction que nous avons les ressources intellectuelles,
spirituelles, technologiques, économiques, toute chose nous permettant
de transformer radicalement notre société, pour la conduire vers la
justice, la prospérité et la paix. J’ai confiance dans les gens de mon
pays mais également dans la culture centrafricaine. Nous avons la
capacité d’innover, nous sommes un peuple débordant de générosité, de
solidarité, mais également d’humour et d’hospitalité pour les étrangers,
même en temps de crise.
En ce moment d’introspection collective, j’appelle tous mes compatriotes
à mobiliser ce qu’ils savent faire, leurs réseaux divers, pour faire
bouger les lignes politiques vers un patriotisme renouvelé. Politique
signifie encore aujourd’hui pour nos compatriotes : fourberie,
malhonnêteté, clanisme, détournement de pouvoirs à des fins
personnelles, abandon des populations de l’intérieur, carriérisme…Après
ce DPI nous devons tous, enrichir par nos divers savoirs faire, les
domaines de la vie nationale qui en ont tant besoin ! Les activités
économiques qu’il faut diversifier ne manquent pas, les missions
sociales pour accompagner les plus faibles n’ont pas toujours les bras
nécessaires, des moyens et de véritables leaders désintéressés, capables
de les mener à bien. Notre culture devrait enfin permettre une
expression qui anticipe les changements indispensables.
Je n’appartiens à aucun parti politique. Je ne recherche pas un
strapontin ministériel ou autre. Je suis un citoyen libre qui est lié «
ombilicalement » à son pays, et par les liens sacrés du sang à sa
famille. J’essaye tous les jours à travers mon abnégation au travail, à
faire honneur à mon pays, la République Centrafricaine. Je le répète, il
nous faut être les plus nombreux possible à entrer en résistance contre
la descente aux enfers de notre peuple et le déclin de notre pays. Il
nous faut notamment du courage pour ne pas être habité par la haine en
acceptant le pardon que notre frère nous demande publiquement, sans pour
autant versé dans la complaisance et l’apologie, voire la banalisation
de l’impunité. Vous comprendrez qu’il faut privilégier les voies de la
paix et de la démocratie en créant les conditions préalables que sont la
justice et la prospérité économique.
J’aurai voulu être des vôtres. J’aurai aimé dire un certain nombre de
choses, en regardant droit dans les yeux, toutes celles et ceux qui ont
eu le privilège de détenir une parcelle de pouvoir. Ce sera cette fois
par le biais de cet écrit ici et maintenant. Voici de très humbles
propositions, pour sortir du processus cumulatif de régression national.
Elles sont les suivantes :
1 – propositions d’ordre politique, moral et
institutionnel
- Adopter le principe du renoncement au recours à la force armée
et à la violence armée pour se maintenir ou pour conquérir le pouvoir.
Formaliser un écrit dans lequel tous acteurs majeurs de la vie politique
nationale s’engagent à ce renoncement. Si cette proposition majeure
n’est pas actée, le DPI n’aura été qu’une occasion manquée ! De nombreux
centrafricains attendent principalement de cette rencontre les
conditions de la paix civile. Les gens en ont marre d’être vos chaires à
canon, vos otages! En favorisant les conditions de la paix et de la
concorde nationale, dans les discours et dans les actes, vous rendrez à
la politique toute la considération qu’elle mérite.
- Mettre en place un Conseil National de Transition Républicaine et
Démocratique. Il sera l’organe de régulation des institutions
politiques chargé de veiller à l’applicabilité des mesures du DPI et
notamment d’apurer tout blocage qui viendrait à apparaître. Ses
décisions qui seront en principe à l’unanimité devraient être
exécutoires. Sa composition sera 1/5éme pouvoir en place, 1/5éme groupes
rebelles armés, 1/5éme opposition démocratique, 1/5éme représentants de
la communauté internationale et sous régionale, et 1/5éme représentants
de la société civile et des victimes des violences militaro-politiques
(des femmes centrafricaines et – ou des jeunes non affiliées aux partis
politiques). La présidence de cet organe supra législatif et supra
exécutif sera attribuée à une femme centrafricaine dont l’indépendance
et le courage seront reconnus par le DPI.
- Imprescriptibilité des crimes de sang et des crimes financiers
commis après le DPI. L’adoption d’une organisation judiciaire
immédiatement fonctionnelle et dont l’indépendance doit être affirmée
avec la plus grande force. La valeur de la vie et des droits
fondamentaux de chaque centrafricaine et de chaque centrafricain est un
objectif majeur du DPI sur toute l’étendue du territoire. Il faut faire
cesser immédiatement le cycle de violences dont les plus faibles d’entre
nous pâtissent le plus. La loi et la justice sont des impératifs
catégoriques si nous voulons vivre dans une société civilisée « zo kwè
zo ». Je pense aussi aux juridictions financières compétentes pour le
contrôle des comptes des collectivités territoriales, des entreprises
publiques ou privées d’intérêt général, des administrations publiques et
des pouvoirs publics. Elles sont les garants de la bonne gestion des
ressources publiques, tout en étant aptes en principe à l’évaluation des
politiques publiques. Aucun crime, aucune indélicatesse financière ne
doit échapper à la vigilance des juges, ou de toute autorité en charge
des procédures financières. La presse dans le respect de la déontologie
est appelée à participer activement à cet élan de « salubrité financière
publique ».
2 – propositions d’ordre économique et financière
- Nationalisation des ressources stratégiques (exploitation et
exploration, prospection) même si la gestion devrait emprunter les modes
du droit privé et de l’entreprise avec un pouvoir de contrôle renforcé à
la fois du parlement (dans une émanation paritaire majorité et
opposition, à laquelle serait joint des personnalités de la société
civile), et de la justice, la Cour des comptes. Les ressources dégagées
seraient affectées aux politiques d’éducation, de santé, d’emploi et
d’infrastructures. Des Etats d’Afrique de l’ouest ont mobilisé des
ressources privées en contrepartie desquelles ils ont accordé des droits
d’exploration et de prospection, pourquoi n’en ferions nous pas de même
?
- Défiscalisation et détaxation des investissements pour
accélérer et créer « un choc important d’initiatives ». Je crois à une
politique immobilière sans précédent qui permettrait la stimulation de
l’activité et de la création d’emplois.
- Engagement budgétaire à hauteur de 35 à 40% pour donner un sérieux
coup de fouet aux services publics d’éducation et de santé. Ce sont les
investissements pour l’avenir.
- Politique de grands travaux d’infrastructures : quels sont les
chantiers en cours dont il faudrait accélérer le démarrage ?
- les conditions économiques internationales sont favorables à la
relance de politiques agricoles vivrières volontaristes. Nous
devrions nous engouffrer dans cette voie qui correspond aux besoins
alimentaires de notre peuple. Nous pouvons également envisager
d’exporter sur les marchés extérieurs de la sous région et plus loin. Il
faut réconcilier les compatriotes au travail de la terre, sans démagogie
! Plus aucun centrafricain ne doit être confronté à la faim. C’est à
notre portée en 2 ans !
- Il faut élargir les pouvoirs de contrôle parlementaire et de la
société civile sur l’exercice de notre souveraineté sur nos ressources
stratégiques : le bois, les mines…
3 – contexte international actuel et positionnement
souhaitable de la R.C.A
- la diplomatie du développement doit se traduire en réalité
concrète. Les difficultés économiques et financières de l’Europe et des
Etats-Unis devraient nous inciter à nous tourner davantage vers la
Chine, l’Inde et les pays du golfe. Il s’agit d’un cycle qui va encore
durer, il nous faut nous insérer dans les dynamiques géostratégiques
actuelles. Rendez vous bien compte que le DPI se réunit dans un haut
lieu de la République fruit de la coopération avec la Corée !
- Quelles implications de la diaspora centrafricaine dans la
promotion économique, le processus de changement de mentalités, les
transferts des savoirs faire et de technologies ? Nous savons tous
combien les diasporas chinoises, malienne, sénégalaises, juives et
libanaises pour ne citer que celles là, sont les moteurs de croissance
économique dans les pays d’origine. La notre n’a jamais pu jouer
collectivement un rôle positif dans la vie de la nation. Il faut
favoriser un retour ou des investissements autres que politiciens de
notre diaspora. Dans ce processus, il y a urgence de procéder avec la
plus grande transparence.
- L’élection de Barack OBAMA à la tête de l’exécutif du pays le plus
puissant du monde ne peut nous laisser indifférent. Il s’agit pour notre
diplomatie d’étudier les opportunités que cette situation nouvelle
pourrait engendrer pour nous. L’axe du multilatéralisme dans les
relations politiques et économiques internationales me semble nous
concerner directement. Le préalable est que nous soyons en mesure d’être
inventif pour monter des projets pour nos populations : santé,
éducation, infrastructures, énergie, transports, sécurité. Nous avons
une diaspora de qualité aux USA, et surtout un nombre croissant de
cadres centrafricains qui travaillent dans le système des nations unies.
Les uns et les autres sont tenus ce moment de l’histoire de notre pays
de réfléchir, de proposer et d’accompagner directement ou indirectement
des projets. Il nous faudra utiliser toutes les ressources du système
multilatéral ! C’est à vous d’en installer les conditions politiques et
administratives, la confiance et l’efficacité !
- Je crois pour ma part m’investir dès mi juin 2009, dans l’élaboration
d’un programme éducatif à vocation de formation professionnelle
ambitieux, dans sa partie conceptuelle et financière, complètes pour
notre jeunesse. Je souhaite ne pas rencontrer d’obstacle dans cette
démarche de réinvestissement professionnelle et patriotique.
- Je propose enfin que le DPI se déplace symboliquement, selon
des modalités à définir sur l’un des sites où notre peuple est en
errance, pour se rendre compte des conséquences des affrontements
fratricides. Témoigner à cette occasion de la volonté de faire la paix,
de rétablir la justice et d’assumer la réhabilitation de l’éthique et de
la responsabilité politique. Vous graverez ainsi dans le marbre de
l’histoire, tout le respect dû au peuple centrafricain dans son
expression la plus ordinaire. Votre pardon sollicité sera à la fois
sincère et mérité.
Je voudrais rendre hommage pour terminer aux défunts Alphonse BLAGUE
ancien Recteur de l’Université de Bangui et Luc DIAMBAYE pasteur et
ancien directeur du Centre Protestant pour la Jeunesse, ainsi qu’à ma
regrettée mère Juliette BEBE épouse REDJEKRA qui m’ont appris à aimer
mon pays !
Fraternelles et patriotiques salutations à tous ! Vive la renaissance et
vive le peuple !…
Réactions à cette tribune
Francis
Kopaye
(17/12/2008)
: Cher Jean Pierre,
J'ai lu avec grande attention vos constats posés ainsi que vos
propositions faites quant à la nécessité de faire converger toutes les
énergies essentielles à la mise en chantier de la reconstruction de
notre pays.
Le Dialogue Politique en cours aujourd'hui - malgré certaines réticences
quoi que justifiées - est un premier pas vers la reconstruction de la
Centrafrique. Il est à mon avis impossible, vous conviendrez avec moi,
de penser le développement sans concevoir et river les conditions
maximales de sécurité et de paix. L'investissement économique de nos
amis étrangers ou même de nos compatriotes ne se ferait que si le climat
sécuritaire s'y prête.
J'ai toujours défendu l'idée que la diaspora centrafricaine a les moyens
et l'énergie nécessaire pour changer les choses dans notre pays. Ce qui
manque aujourd'hui, au-delà des questions sécuritaires, est une réelle
volonté politique. J'ai fait un ensemble de propositions, au lendemain
de la création du Ministère Délégué au Guichet Unique, allant dans le
sens d'adjoindre aux missions de ce département, une autre mission,
celle de mobiliser les centrafricains de l'étranger susceptibles
d'investir au pays.
Contre les avis d'aucun, je pense que la diaspora centrafricaine, comme
d'autres, constitue une force économique non négligeable.
Nécessité d'une volonté politique certes, mais il est aussi de notre
responsabilité de nous constituer en organe pour proposer un projet
collectif, répondant aux réalités et aux besoins du développement
économique et social dans notre Centrafrique. Comme d'autres communautés
(malienne, ivoirienne) Bangui sera disposé à nous écouter et à se
laisser convaincre que si nous adoptions un schéma commun, efficace et
cohérent.
Aujourd'hui, nos investissements au pays se limitent en grande partie
aux aides ou «subventions» apportées à nos familles. Ces démarches sont,
à mon sens, une preuve certaine d'aider, via nos familles, l'économie de
la Centrafrique. Mais il me semble important dès maintenant de créer une
organisation capable de drainer, de mobiliser nos capitaux vers le pays
et de rendre effectifs et efficaces nos investissements. A ce propos,
j'ai sollicité une audience auprès du Ministre Délégué au Guichet Unique
(issu de la diaspora) afin de lui faire cette proposition.
Une fois de plus, je reste persuadé que cette convergence et ce besoin
d'ouvrer ensemble pour la reconstruction de notre pays sont de la
responsabilité de tous ceux qui appartiennent à la nation
centrafricaine. Ne laissons pas à nos politiques la responsabilité
entière du chantier centrafricain. Profitons donc des assises de ce
Forum national pour enfin reconstruire ensemble notre Centrafrique.
Je tiens à vous remercier de vos apports qui mettent davantage en
perspective la nécessité d'un projet collectif et citoyen pour la
Centrafrique.
Patriotiques salutations
Eric Ghislain
Erédoupé
(19/01/2012)
: Mon frère J. P. REDJEKRA, Bonjour !
Juste te dire que je viens de lire tes idées formalisées par écrit pour
l'information, l'éducation et la culture du citoyen (gouvernés et
gouvernants) en ce qui concerne l'arbre de palabre qui touche les points
des conditions de la justice ce qui interpelle ma conscience de réagir
en te jetant des fleurs quand bien même ma réaction est bel et bien
tardive. En fait, à lire tes présentes idées cela semblent innovatrices
pour la destiné des institutions républicaines de notre pays. En fait du
point de vue théorie et pratique cela semble le plus souvent difficile
du point de vue applicabilité mais exige toujours la présence des
intellectuels de ta pointure qui sont vaccinés pour comprendre en
apportant leur contribution à l'œuvre pour le bien du citoyen. C'est une
tâche toujours difficile lorsque les gouvernants eux mêmes plongent déjà
le pays vers un tournant où le népotisme, clanisme, la complaisance, le
banditisme financier (malversation) etc. est déjà une source difficile à
maîtriser et en enrayer entre les mains de ces bourreaux au sein d'une
république lorsqu'ils occupent tous en puissance les départements
ministériels clés. Ce qui rend difficile les tâches de la justice
lorsque l'un de ces bourreaux, ou qu'un de leurs amis appartiennent à
leur club. C'est pourquoi l'impunité dans un état reste tjrs source de
virus qui est difficile à l'isoler parce qu'il suffit d'avoir un
parapluie dans le club de ces vautours de la république pour que la
justice soit inefficace quelque soit l'efficacité de sa machine car les
tous les rouages sont complètement amortis à cause de la présence
occulte de ses affamés qui sont au sommet ou dans la coulisse de l'ETAT
lorsque tout le monde conjugue que le verbe manger pour son propre
intérêt avec sa famille biologique et non l'intérêt du peuple. Le peuple
se voit toujours écarter de tout qu'après avoir faciliter la main forte
pour l'élection de son gouvernant ou représentant. Une fois ceux-ci
(gouvernant ou représentant) arrivés au sommet de la république, le
peuple n'a point d'importance puisqu'il ne joue qu'un rôle consultatif
et électif pour le compte et le besoin de leur gouvernant ou
représentant. je suis toujours persuadé que vous êtes compté parmi les
dauphins d'une République du point de vue de votre capacité
technocratique mais ce serait mieux confronter vos savoirs faire et
savoir être à la réalité du pays en étant ou en faisant partie des
acteurs actifs qui pouvant rendre le fonctionnement de la chose publique
de manière améliorée car vous disposez des moyens efficaces de part
votre formation en droit et expérience car c'est mieux d'associer
l'écrit aux actes par le biais d'une transformation radicale de la
mentalité avec l'instauration d'une culture démocratique à la gestion de
la chose publique.
Débat intéressant pour la construction d'un état démocratique avec
l'insertion de la bonne gouvernance dans le cadre démocratique et
civique du peuple du point de vue de sa présence dans cité et aussi de
son rôle dans la gestion de la chose publique.
Restant toujours à votre disposition pour d'autres thèmes constructifs
dans le cadre des institutions démocratiques et souveraines.
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