L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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Nécessité de doter la RCA d'un Plan Stratégique de Développement
 

Par Constant Rodrigue Serafe Porokondo

 

Mes chers compatriotes,

En 2010, nous irons aux urnes pour élire notre Président. L'avenir de notre pays est entre nos mains. Elire c'est choisir. Choisir c'est sélectionner une solution parmi tant d'autres en se basant sur des critères. Dans le cas de l'élection de 2010, les critères sont les attributs (l'avenir dans les domaines de la santé, l'éducation, l'agriculture, .) de notre pays. Nos hommes politiques doivent nous présenter leur programme afin de nous permettre de voter notre futur président sur un programme, et éviter que beaucoup de nos concitoyens qui ne veulent pas voter sur fond de fanatisme ne se délaissent de l'avenir de leur pays. Il ne s'agit pas de présenter aux centrafricains des textes remplis de discours sur les différents thèmes mais de présenter un vrai programme crédible et cohérent, car nous ne leur demandons pas de décrocher la lune mais d'être plutôt pragmatique.

Mes chers compatriotes, loin des querelles politiciennes j'aimerais partager avec vous ce que je pense, en tant que citoyen centrafricain de l'avenir de mon pays car nous sommes tous préoccupés par le développement de notre pays. Aujourd'hui, les centrafricains n'ont aucune visibilité à moyen ou à long terme sur l'avenir de leur pays. Je pense que nous devons sortir du bricolage de développement et opter pour un développement efficace. Je plaide pour l'élaboration d'un vrai Plan Stratégique de Développement de notre pays. L'élaboration de ce plan doit être une réalisation nationale. J'entends par réalisation nationale, l'apport de toutes composantes de la nation (l'opposition politique, les organismes économiques, le gouvernement, les partenaires financiers, les partenaires sociaux, .). Ce plan doit intégrer tous les secteurs d'activités : il s'agira d'une planification macroscopique qui devra nous permettre d'avoir une idée sur l'avenir de notre pays. C'est un travail qui c!
onsistera à définir les différents portefeuilles de projets et les hiérarchiser. Je souhaite que ce plan soit établi sur une durée moyenne de 25 ans. Cette durée est juste à titre indicatif; la durée ne pourra être estimée qu'après définition des travaux, l'estimation de leur durée respective ainsi que leur jalonnement. Je tiens à préciser que tous les futurs chefs d'état et de gouvernement de notre pays devront se soumettre au Plan Stratégique de Développement. Dans ce qui suit, je veux vous donner une idée de ce que je pense de ce plan.

Les projets permanents

Nous sommes tous d'accord que la santé et l'éducation sont deux facteurs incontournables de développement, et que la valorisation de l'agriculture est une action capitale pour le développement de notre pays. Je propose que la Santé, l'Education, et le secteur bancaire se voient rattachés des Projets Permanents dans ce Plan Stratégique de Développement. Une grande importance doit aussi être accordée au secteur bancaire. Le projet concernant le développement du secteur financier sans oublier la réforme institutions financières de l'état doit être lancé dès le début de ce vaste programme.

Je me base sur le lancement de chaque projet pour définir les priorités. Par exemple, je pense que le projet concernant l'agriculture (Priorité 3) devra débuter quelques années après le lancement de celui des transports (Priorité 1) ; ils se dérouleront ensuite parallèlement.

Priorité 1 : Initialisation du Plan Stratégique de Développement par la construction de réseaux routiers efficaces.

Il faut tout d'abord développer les infrastructures de transports, car du transport dépendent la Santé, l'Education, l'Agriculture, l'Industrie, .
Nous savons tous que la RCA est principalement composée de très petites villes et de villages éloignés les uns des autres. L'approvisionnement des hôpitaux en médicaments et matériels médicaux et produits de soins personnels est un véritable casse-tête pour le ministère de la santé et les ONG. Beaucoup de localités se trouvent à des dizaines, voire des centaines de kilomètres des hôpitaux relativement mieux équipés. A cause de cette situation, beaucoup de nos compatriotes ne peuvent pas avoir accès à certains soins médicaux, ce qui les conduit le plus souvent au cimetière. Cette situation est aussi un vrai catalyseur du processus d'augmentation du taux de mortalité.

Certains villages centrafricains ont des locaux scolaires mais sont privés d'instruction à cause d'un manque injuste d'enseignants car ces derniers refusent souvent de servir certains établissements à cause de leur isolement. Certains enfants courageux parcourent des dizaines de kilomètres à pied pour chercher à apprendre à lire et à écrire, d'autres enfants qui ne peuvent supporter cette peine n'osent pas mettre les pieds dans une salle de classe faisant ainsi grimper le taux d'analphabétisme.

Le développement efficace de l'agriculture passe par la construction de routes praticables. Il faut savoir que la RCA dispose de 9302 Km de réseaux routiers principaux et que seulement 692 Km sont « revêtus ». C'est un grand handicap pour le développement de l'agriculture : handicap pour approvisionnement des matériels de production, handicap aussi pour l'écoulement des produits agricoles. A l'heure actuelle, la RCA ne peut pas séduire des investisseurs par son agriculture parce qu'elle ne garantit aucun moyen (mode de transport) logistique en ce sens : qui dit faiblesse logistique dit non respect de délai, manque de confiance sur la qualité des produits à leur destination, .

Sur le plan logistique, l'industrie suit le même schéma que l'agriculture.

Les exemples ci-dessus m'ont conduit à déduire que les routes sont une fondation d'un développement durable car à mon avis il nous faut une bonne base pour le développement. Pour arriver à construire ces routes nous aurons besoin de ressources financières et humaines. S'agissant des ressources humaines, il nous faudra des techniciens et des ingénieurs. Chers compatriotes, il faut lutter contre le gaspillage ; cette lutte doit aussi passer par l'exploitation optimale de certaines ressources de l'état qui sont aujourd'hui sous-utilisées, pour ne pas dire inutilisées. Par exemple, dans le cadre du Plan Stratégique de Développement, je propose que l'ancien lycée scientifique Cécile DIGO (situé à Kembé) soit transformé à moyen ou à long en une Ecole Supérieure de Tavaux Publics. Il faudra bien sûr rénover les locaux afin de les adapter à la nouvelle vocation de l'établissement. L'établissement aura pour vocation de fournir à notre pays les ressources dans le domaine des travaux p!
ublics, de l'assainissement, . Cette reconversion doit aussi se faire de manière graduelle. Se doter d'une école qui forme des cadres dans ces domaines, j'y crois. Tout est possible, l'exemple de l'ISDR est encourageant ; c'est grâce aux autorités de l'époque qui avaient fait preuve de courage en misant sur la formation, véritable levier de développement que la RCA dispose aujourd'hui de cet institut.

Priorité 2 : Le développement du secteur énergétique

Le secteur énergétique doit être un défi important de la stratégie de développement économique et social de notre pays. A mon avis le secteur énergétique constitue un facteur déterminant dans le processus de développement de notre pays.
Bien que la « Charte des investissements de la RCA » soit intéressante, la RCA n'offre pas aujourd'hui un cadre adéquat à l'installation d'entreprises (de services ou industrielles). Cette situation se consolide par le manque d'énergie nécessaire pour alimenter les entreprises. Le taux d'accès à l'électricité est de 3 %. La vétusté des installations et les délestages dus au manque de financement dans le secteur énergétique est un problème qui fait du secteur énergétique l'un des maillons faibles de la chaîne de développement de la RCA. C'est pourquoi, je trouve que le secteur énergétique doit être inscrit comme la deuxième priorité dans le cadre du Plan Stratégique de Développement.

Priorité 3 : Le développement de l'agriculture par le système de micro-financement.

L'agriculture centrafricaine se fait avec les mêmes outils qu'il y a 2000 ans, ce qui limite la production. Le transport des produits à travers notre pays se révèle très difficile par manque de moyens adéquats et manque de routes goudronnées. Les agriculteurs parcourent des dizaines de kilomètres à pied, portant sur la tête leurs propres produits pour les stocker à la maison ou les vendre. C'est cette pénibilité qui handicape l'agriculture que je veux qu'on combatte par la construction de vraies routes et non des routes bricolées.

Pour un développement agricole efficace qui réponde aux exigences des centrafricains, il faudrait développer les coopératives et le système de micro-financement. D'autre part, il faudrait aider les agriculteurs à maintenir le taux de disponibilité de leurs outils de production à un niveau élevé. Cette question de disponibilité dépend à mon avis de la disponibilité des pièces de rechange des outils de production, et la capacité technique des agents locaux. S'agissant de la capacité technique des agents locaux, il faudra penser aussi à former des techniciens en mécanique agricole. Je sais que nous avons des professeurs de mécanique au lycée technique et que l'état pourra former certains dans la spécialité mécanique agricole en les envoyant faire des stages à l'étranger afin de préparer le lycée technique à former des techniciens en mécanique agricole capable de garantir un entretien adéquat des moyens de production. Nous avons la chance d'avoir un institut qui a bien fait ses !
preuves : l'ISDR ; il faudrait moderniser cette école qui forme aujourd'hui des techniciens et des ingénieurs d'agriculture.

L'élevage va de pair avec l'agriculture.

Priorité 4 : l'industrie

A mon avis, la question du développement industriel doit être pensée en même temps que celle de l'agriculture afin d'exploiter les interactions existant entre ces deux secteurs. En effet, que l'on veuille ou non, la RCA a besoin aussi de s'industrialiser afin de diversifier ses productions et devenir moins dépendante vis-à-vis de l'extérieur. L'objectif est double : premièrement, réduire d'importation et le flux financier sortant; deuxièmement augmenter l'exportation et le flux financier entrant.

Les moyens de vivre de la population urbaine dépendront inévitablement de la croissance de l'emploi suscitée par les micro-entreprises. Il faut que les mesures intéressant les micro-entreprises se concentrent en premier lieu sur les micro-financements. Il faudrait que les centrafricains aient des crédits pour les investissements dans les équipements fixes. C'est l'une des raisons pour laquelle j'ai inscrit le projet sur le développement du secteur bancaire et financier dans la liste des projets permanents. La RCA pourra aussi se doter de grandes entreprises (industrie ou service).

Suivi du Plan Stratégique de Développement

Une équipe de suivi du projet, composée de certaines composantes de notre pays devra aussi être constituée. La diaspora devra aussi avoir des représentants dans cette équipe.

Je ne me permets pas de vous donner les détails de ce que je pense de ce Plan Stratégique de Développement car dans ce message, je n'ai fait que définir certains lots de travaux à réaliser.

J'aimerais que les candidats à la présidence nous présentent des programmes clairs avec des projets bien définis et surtout bien articulés.


Vive la Centrafrique.

 

Réactions à cette tribune

Brice Ngalita (02/10/2009) : J'adhère parfaitement à cette idée, cadet.
Félicitations pour cette bonne analyse et surtout pour cette géniale proposition.

A plus.

Aubin Ngama (02/10/2009) : Salut à tous c'est vrai que nos dirigeants ne pensent pas à ces choses; Gui A KOTA VENE NA YA TI A DISCOURS, il est temps que nous prenions en main l'avenir de notre pays par l'élection qui va bientôt commencer. En faisant un bon choix. La R.C.A n'a pas de bonne infrastructure routière, il y a beaucoup de choses à dire, mais il vaut mieux que chacun décide sur l'avenir de ce pays, nous voulons le développement, merci!!!!!

Marc Ignabodé (03/10/2009) : Oui frangin, le pays a besoin des visionnaires à la tête de l'État.
Courage!!!

Alexia (03/10/2009) : Bonjour,

Ci-dessous le lien du ministère du Plan de la RCA. A mon avis nous n'allons pas inventer la roue une nouvelle fois! le travail effectué par les cadres de ce ministère "DSRP" Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté est somme toute bien plus élaboré que nos quelques lignes d'analyse.
La grande difficulté en RCA demeure la volonté de nos présidents à appliquer le travail élaboré par les cadres compétents qui sont au pays et ailleurs.
J'invite tout le monde à consulter le site du Min du Plan centrafricain.
Mbi bara ala.
http://www.minplan-rca.org/dsrp

Brice Ngalita (03/10/2009) : Ma chère Alexia,
Je crois que vous n'avez pas compris le message.
Le travail du ministère du plan vise la réduction de la pauvreté et non un "développement durable" comme nous propose le cadet Serafe.

Le plan du ministère du plan est établi sur quelle durée ? Avez vous le calendrier de réalisation de ce plan ?

J'ai fait un tour sur le site du ministère du plan, mais je n'ai rien vu.

Max Deto (03/10/2009) : Bonjour Alexia,

Vous êtes peut-être une employée du ministère du plan. Je pense que vous n'avez pas bien saisi le pourquoi de cette tribune.
Pouvez-vous nous donner les noms des projets inscrits dans le plan du ministère ? Quel est leur ordre d'exécution ? Je pense qu'on ne parle pas de la même chose.
Sachez que nous, on veut du concret. Je pense que Constant Rodrigue est concret dans ce qu'il nous a présenté.
Tant pis pour ce qui se sentent choqués par le concret. On veut du concret pour bien développer la RCA.

A plus.

Narcisse Steve Bissefi (05/10/2009) : il est temps que les Centrafricains ouvrent grandement les yeux pour voir les réalités du monde extérieur, afin de faire un choix judicieux. C'est pas l'Europe ni l'Asie et encore moins les Usa qui viendront apporter la solution à leur problème, il est aussi important pour la classe politique centrafricaine d'accepter les critiques du peuple pour corriger les failles, il faudrait que nous mettions dans notre tête que le stade de résolution des problèmes par la force est fini! car tout ce qu'elle fait est de produire plus de violence. L'éducation, l'électricité, la santé, les routes, la sécurité, la création d'emplois et l'eau sont les points que les candidats au pouvoir doivent prendre comme leur chemin d'or pour le bonheur du peuple centrafricain.

Yves Nguengo-Baliakado (06/10/2009) : Bonsoir,

Chère sœur Alexia, il faut bien comprendre que nous autres, sommes opposés à la logique de "la pensée unique". Si c'est pour nous faire l'apologie des cadres du ministère du plan, c'est ailleurs.

NBONY

Serge Bini (06/10/2009) : Salut,
C'est une très bonne analyse et bien structurée.
Vu qu'on est enclavé (ce qui n'est pas la panacée à tous nos maux) il faudra bien commencer par relier nos différentes régions par un bon réseau routier mais aussi nos pays voisins. C'est aussi important d'adhérer à tout cela le facteur humain. Car le développement passe d'abord par la conscience et une volonté de la part du peuple.
Je pense que des organismes comme CEMAC, EU, PNUD,... doivent avoir une copie de ce "Plan Stratégique de Développement". Et pourquoi pas dealer avec la CHINE pour ça ! C'est-à-dire proposer un marché gagnant gagnant contre ce plan stratégique de développement en contre partie, l'exploitation de nos certaines richesses. Après tout, c'est la mondialisation, il n'y a pas que la France.

Simon Mbarga (07/10/2009) : Bonjour,
Je tiens particulièrement à remercier et féliciter Rodrigue Constant pour l'effort consenti pour partager avec la communauté ce qu'il pense en tant que citoyen centrafricain.
Pour ma part, je suis satisfait de cette analyse, pour une fois vous avez constaté il n'a pas fait mention des ressources minérales dans les pistes qu'il a évoquées même si celle-ci contribueraient à un développement. Pour développer un pays il faut la volonté, l'audace, et la cohésion ce qui a toujours manqué aux Centrafricains.
Mon constat est que son projet se situe sur du long terme. Certes nous en avons besoin mais il faut savoir que notre pays est actuellement comparable à un véhicule en panne au bord de la route en quête de mains valides pour l'aider à démarrer c'est pourquoi nous avons aussi besoin du court terme. Dans cet ordre d'idée, le DSRP se situe dans la même lignée du travail de Rodrigue, à titre d'exemple le premier piler du DSRP évoque les questions de sécurité d'aucun n'ignore le développement passe aussi par la sécurité à l'intérieur du pays (c'est sur ce plan et bien d'autre que je vois les choses). Le DSRP à lui seul ne suffit pas d'asseoir un développement durable tout comme les pistes évoquées par Constant, les deux idées se complètent, nous devrons à tout prix tenir compte des réalités actuelles pour établir notre stratégie si notre pays n'est pas en sécurité il nous sera impossible de le développer.

Charly Bonna (08/10/2009) : Bonjour à tous !!
Rodrigue ça fait bien un bout de temps que je n'ai eu de tes nouvelles, mais je suis très heureux de te lire ici, et de voir que ta préoccupation majeure est celle de tous les Centrafricains, de nous jeunes de ce pays qui ne voulions plus que nos enfants connaissent la misère de voir leur pays classé sur les dernières places de l'indice de développement humain. QUE NOS VŒUX ET NOS SOUHAITS SOIENT CEUX DE NOS HOMMES POLITIQUES POUR QU'ENFIN NOTRE PAYS LA RCA AIT UN AVENIR MEILLEUR

Constant Rodrigue Serafe Porokondo (08/10/2009) : Bonjour à tous les compatriotes et amis de la RCA,

Mon cher Simon MBARGA, dans ce que j'ai présenté, voici une phrase qui vient de moi : « Je ne me permets pas de vous donner les détails de ce que je pense de ce Plan Stratégique de Développement car dans ce message, je n'ai fait que définir certains lots de travaux à réaliser. »
Voici ce qui vient d'Alexia qui a envoyé tout le monde sur le site du ministère du plan : « A mon avis nous n'allons pas inventer la roue une nouvelle fois! le travail effectué par les cadres de ce ministère "DSRP" Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté est somme toute bien plus élaboré que nos quelques lignes d'analyse. »

Je tiens à préciser que pour ma part, je connaissais le site du ministère du plan avant le message d'Alexia, car en travaillant sur un projet qui concernait la RCA, j'avais contacté le ministère du plan pour obtenir quelques informations.

En écrivant ce texte (cette tribune), je pensais aussi à la sécurité et d'autres éléments qui constituent l'environnement économique de notre pays; car je sais que la sécurité est un facteur qui influence les investissements, et que pour cette raison elle est généralement prise comme facteur dans les évaluations de risques.

Pour moi, le DSDR peut être une partie du Plan Stratégique de Développement. Je considère que le DSDR n'est pas un projet, mais plutôt une amélioration continue de système.

Tout le monde sait que nous devrons à tout prix tenir compte des réalités actuelles pour établir notre stratégie et que si notre pays n'est pas en sécurité il nous sera impossible de le développer. Mais je pense qu'il est aussi important de rappeler à nos hommes politiques qu'une fois arrivés au pouvoir, ils ne doivent pas se contenter d'avoir une vision à court terme de la gestion du pays et privilégier le pillage des caisses de l'état.

Depuis la fin des années soixante-dix, aucun progrès n'a été constaté en RCA pourtant il y avait la sécurité dans les années quatre-vingts. Je ne minimise pas la sécurité mais j'essaie de mettre en évidence l'inefficacité de nos dirigeants. La gestion de l'ENERCA est l'image parfaite de la gestion de la RCA. On sait que cette société a toujours été dirigée par des hommes politiques, véritables pompes à fric, qui ne pensaient qu'à se remplir les poches au détriment de l'investissement dans des moyens de production, et à qui il ne fallait pas parler de maintenance. La conséquence de cette gestion à court terme pour vider au fur et à mesure les caisses, les centrafricains le vivent au quotidien.

Je pense qu'il faut que nos dirigeants prennent consciences du passé, de la gravité de la situation actuelle pour préparer l'avenir de la RCA en bâtissant un Plan Stratégique de Développement pour qu'ensemble le pouvoir et l'opposition puissent se donner une ligne de conduite.

Vive la Centrafrique

Simon Mbarga (08/10/2009) : Bonjour, Rodrigue, j'ai bien compris qu'il y avait des réserves dans ce que vous avez énuméré. Je ne voulais pas trop rentrer dans les polémiques de Alexia qui tentait de balayer d'une main ce que vous avez énoncé en évoquant le DSRP, j'ai tenté d'expliquer que le DSRP seul est insuffisant et ce que vous avez dit se situe dans la même lignée. Quant au reste je partage le même avis que vous. Je crois qu'il est du devoir de la jeune génération de s'imposer dans les débats pour ne pas toujours laisser ces politiques qui sont parfois en pénurie d'idée pour asseoir une vraie politique de développement décider à notre place. Mon idée est de peser sur la campagne qui aura lieu en imposant un pacte de bonne gouvernance (modèle Hulot: pacte écologique) à tous ceux qui se présenteront aux élections de 2010.

Constant Rodrigue Serafe Porokondo (09/10/2009) : Bonjour à tous.
Bonjour Simon MBARGA, je suis tout à fait d'accord avec toi avec l'idée du pacte de bonne gouvernance. C'est aussi dans ce sens que j'évoque l'idée du Plan Stratégique de Développement. Tu as bien fait raison de prendre l'exemple du pacte écologique; car de la même manière que le grenelle de l'environnement vise à créer les conditions favorables à l'émergence en faveur de l'environnement, le Plan Stratégique de Développement visera aussi à créer les conditions favorables au développement de notre pays.
Je ne voulais pas répondre moi-même à Alexia, mais je pense que certains compatriotes lui ont répondu en disant qu'elle n'avait pas compris le pourquoi de cette tribune. Je pense que tu as bien compris le message : l'idée est de peser sur la campagne qui aura lieu en imposant un pacte de bonne gouvernance.
Il ne s'agit pas de faire la politique, mais c'est de rappeler aux politiciens leurs mauvaises pratiques (gestion à court terme des affaires de l'état); car ils sont entrain de mettre en danger la vie des générations à venir.
C'est pour cela que je disais dans mon précédent message :"Je pense qu'il faut que nos dirigeants prennent consciences du passé, de la gravité de la situation actuelle pour préparer l'avenir de la RCA en bâtissant un Plan Stratégique de Développement pour qu'ensemble le pouvoir et l'opposition puissent se donner une ligne de conduite."

Vive la Centrafrique

Octave Guérengbo (09/10/2009) : C'est une analyse qui tient la route et dont certains en manque d'inspirations devraient s'en paître. Félicitation pour de travail profond même si il n'est présenté que partiellement. Le pays a besoin de citoyen qui voient un peu plus loin que le fond de leur poche. Comme je l'ai toujours pensé, notre pays peut compter sur la nouvelle génération (nationaux et diaspora), car nous en avons assez de toujours figurer parmi les derniers. Et ce changement commence par de nouvelles visions profondes et réfléchies que nous pourrons nous partager dans de telles occasions. Merci à tous. Et vive la République Centrafricaine.

Cyrille Gounfio Herlin (09/10/2009) : Bonjour chers compatriotes !
Juste pour apprécier à sa juste valeur le travail accompli par notre frère Constant Rodrigue Serafe Porokondo sur la nécessité de doter la RCA d'un plan stratégique de développement. Un travail qui possède un fond d'actualité non négligeable. Et en même temps revenir sur l'attaque inutile de notre frère Brice Ngalita a l'égard de notre sœur Alexia.
La préoccupation dont nous débattons ici est un fond d'objectivité sur les établissements humains dans notre pays. Les établissements humains qui sont à la fois la façon d'améliorer le développement social, économique et physique, et l'indicateur par lequel la qualité de ce développement est mesurée .Ils jouent un rôle central dans la politique économique et sociale et dans la gestion des interactions entre l'environnement bâti et le milieu naturel.
Ce concept met en exergue une politique de développement durable possible que grâce à une gestion rationnelle et réfléchie de tous les aspects des établissements humains sans nuire aux systèmes vitaux de la planète et sans mettre aussi en danger les intérêts des générations futures.
Le Centrafrique devra de mon humble avis pour une solution idoine à l'amélioration de nos établissements humains prendre en compte les points suivants :
-Le processus de partenariat et de participation communautaire ;
-L'identification de mécanismes appropriés de financement de l'habitat et de l'urbanisation ;
-L'encouragement d'une gestion foncière et urbaine constructible et durable ;
-L'implication des espaces urbains dans la lutte contre la pauvreté et la misère ;
-La prise en compte des groupes vulnérables ;
-La préservation de l'environnement ;
-Œuvrer pour une corrélation entre la réussite des projets de réhabilitation urbaine et l'ensemble des conditions sociales, économiques et culturelles, qui lui sont favorables sur tous les plans de la vie sociale ;

Qui dit développement dit forcement aussi la réduction de la pauvreté comme stratégie d'accomplissement des multiples objectifs de développement. C'est la ou Alexia a tout a fait raison.
Car ce qui est au centre de cette préoccupation est notre population centrafricaine qui est toucher par une paupérisation .C'est ainsi que notre sœur Alexia a tout simplement essayer de nous orienter vers le travail déjà accompli par notre Ministère de plan. Vraiment chose qu'elle n'a pas tort. Le problème est que notre frère Constant Rodrigue c'était un peu réserver ou a manquer de faire l'état des pensées ou de synergie en faveur des actions pour le développement durable au sein de notre Nation Centrafricaine. Comme par exemple le DSRP, le programme politique de l'actuel premier ministre. J'en passe qui pourra pu être des éléments contribuable à ce travail. Et j'en précise en passant que le DSRP a une vision ,des orientations stratégiques et un cadre macroéconomique et budgétaire et qui dit budget dit aussi planification pour répondre a votre préoccupation sur le temps d'exécution du DSRP. C'est pourquoi il me serait aussi nettement souhaitable de reconnaitre le travail qui est entrain d'être fait sur place au pays par le gouvernement actuel comme une approche stratégique de la résolution du problème poser par les conditions des établissements humains en RCA. Pendant son discours programme a la Nation le Premier ministre a pu faire des constats qui se traduisent par des multiples interrogations suivantes ; je cite : « De même, la croissance et le développement économique seraient un leurre si l'on ne place pas l'homme au centre de toutes les stratégies car, le but ultime de l'action gouvernementale est de contribuer à l'épanouissement complet de la personne humaine.
C'est pour cela que l'un des grands axes du programme de mon Gouvernement sera consacré à la création des conditions pour que chaque Centrafricaine et chaque Centrafricain, puisse accéder de manière équitable à un paquet minimum de services essentiels.
Du reste, ces services sont indispensables pour accroître la productivité du travail.
En effet, quelle performance pourrait avoir un individu malade qui ne peut se faire soigner ?
Comment moderniser l'économie en l'absence d'une éducation de qualité ?
Comment survivre sans l'eau potable et un logement décent ?
Que peut-on faire de durable en l'absence de sécurité ?
Autant de services dont la fourniture dépend largement de l'action de l'Etat »
Cette préoccupation du Premier ministre chef du gouvernement se rencontre à notre préoccupation de ce débat qui était de faire une dépendance entre une politique des établissements humains, une stratégie de développement et la bataille pour l'ordre économique nouveau.
Nous ne devons pas aussi manquer à l'esprit que notre apport sur cette toile devrait aussi tenir compte des initiatives gouvernementales et autres.
Je vous remercie

Anselme Kobelembi (09/02/2010) : c'est bien la proposition concernant le lycée scientifique. Mais nous les ressortissants de cet école nous ne partageons pas cet avis. C'est une école qui a formé beaucoup de cadres en médecine, en magistrature, et autres. Il y a une vaste étendue de terre à Kembé.

Youssoufa Silla (17/03/2010) : J'ai lu avec beaucoup d'intérêts vos échanges sur la mise en place d'un Plan Stratégique de Développement pour la RCA. Ce qui en soi est une bonne initiative pour le pays, en ce sens qu'il va lui éviter une navigation à vue ou plutôt une gestion à court terme. Souvenez vous qu'il y a encore quelques années, le pays (c'est le seul du monde) avait en tout pour tout comme comme programme économique et financier "le seul paiement à terme échu des salaires à quelques 20 000 fonctionnaires et agents de l'Etat". Depuis lors les choses ont changées et le pays s'est doté d'un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) qui couvre une période de 3 ans (2008-2010). Ce qui est un progrès par rapport à la situation précédente. Surtout que la mise en œuvre de cette stratégie est globalement satisfaisante (il n'y a qu'à voir les retombées sur la situation économique et financière du pays). Alors, le pays pense maintenant se doter d'une stratégie sur une longue période (environ 25 ans). Pour cela, il y a plusieurs approches :
1) Elaborer un nouveau DSRP dit DSRP de seconde génération qui couvrira certainement une période plus longue que le premier (environ 5 ans). Il sera la suite logique du premier DSRP (ce dernier sera évalué cette année).
2) réaliser "une étude prospective RCA 2025" comme ce qui est fait dans d'autres pays comme la Cote d'Ivoire, le Ghana, etc.. Les Termes de Référence de cette étude sont déjà élaborés. Cette projection à long terme à l'avantage d'avoir une vision sur un horizon plus lointain et une cohérence et un meilleur suivi des politiques et programmes afin d'évaluer leur impact (changement) sur les conditions de vie des populations. Mais comme tout programme à long terme, plus on s'éloigne de l'horizon immédiat, plus les objectifs et mesures sont flous et difficilement quantifiable et mesurable. Il est aussi difficile d'obtenir des financements des partenaires pour des horizons trop lointaines. L'une des solutions est d'utiliser cette projection dans le temps comme cadre global d'intervention qui fixe le cap et la vision mais pour son opérationnalisation le saucissonner en plusieurs stratégies de cinq ou trois ans afin de le mettre en œuvre d'une manière aisée et surtout obtenir le financement. Ce qui revient à la première option qui est d'élaborer des DSRP de cinq ou trois ans sur une longue période. Comme vous le voyer les deux approches se recoupent.
3) S'appuyer sur les engagements internationales auxquels la RCA à souscrit. Exemple: les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). son horizon est fixé à 2015. Pour les huit objectifs des OMDs, quantifiés les besoins pour les atteindre à l'horizon 2015. Pour cela, un modèle d'évaluation des besoins pour l'atteinte des OMDs en 2015 a été développé par le PNUD et la RCA a déjà fait cet exercice. Ce qui lui a permis de quantifier ces besoins au jour d'aujourd'hui dans les différents secteurs des OMDs en vue d'atteindre les indicateurs de référence fixés pour 2015. A partir de ce besoin, le pays a pu déterminer pour chaque secteur des OMDs, la stratégie à mettre en œuvre en terme de capacités, d'infrastructures, de mobilisation des ressources, de plaidoyer, etc... Ici aussi, le pays peut saucissonner la stratégie en deux pour avoir une bonne lisibilité. En clair, même si le pays élabore une stratégie de développement à long terme (ce qui est une bonne chose), pour des questions d'opérationnalité et de mobilisation de ressources, il ne pourra pas faire l'économie de son saucissonnage en plusieurs parties. c'est une nécessité de gestion et de partenariat avec les principaux partenaires qui sont nos financiers.
Merci

 

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