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L'arbre à
palabre
Tribune de réflexion
REACTIONS A CETTE
TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
L’UNION SACREE AUTOUR DU NOM DU PRESIDENT FONDATEUR
par
Adil
Toumani
Le Rassemblement Démocratique Centrafricain crée en février 1986 par le
Général André Kolingba, est un parti dont la vision est de rassembler
tous les centrafricains dans un but de promouvoir la démocratie et le
développement de la RCA, en mettant l’homme centrafricain au centre de
ce développement. L’héritage politique du général Kolingba est
considérable en République Centrafricaine : la mise en œuvre d’une
démocratie pluraliste et l’organisation des élections libres et
transparentes. Des réformes importantes ont été menées dans le domaine
de la santé, de l’hydrocarbure, de l’hydraulique, de la jeunesse, sport
art et culture, de l’agriculture, de l’élevage, de l’éducation et de
l’enseignement supérieur, les travaux publics et bâtiments, des
télécommunications, des eaux forêts chasses pêches et tourisme. Dans ses
nombreux discours, le président fondateur a toujours insisté sur les
notions de l’unité et de la paix. Lors de ses obsèques, les
centrafricaines et les centrafricains lui ont d’ailleurs témoigné leur
reconnaissance.
Homme de paix, le président fondateur, dans sa grande sagesse a su
fédérer tous les centrafricains dans sa lutte pour le développement de
la République Centrafricaine. Il a crée le RDC, un parti qui croit
profondément à l’égalité et la fraternité entre les centrafricains. La
consolidation de la paix et la recherche de l’unité ont été au cœur des
différents programmes du RDC. Le général a construit son électorat et
son programme autour de la Fraternité-Travail-Progrès. La mise en place
d’une structure cohérente, efficace et compétente a permis au RDC de
s’implanter dans toutes les régions de la RCA. Les sympathisants et les
militants étaient très appliqués et très investis dans la vie du
mouvement à cause d’une bonne structure organisationnelle de l’époque et
de l’amour que leur témoignait le président fondateur. Ils se sont
reconnus dans le slogan « SO ZO LA » qui place l’Homme au centre d’un
vaste programme politique en allant chercher ce qui le valorise et le
rend responsabilise dans son propre développement. Le président
fondateur, certains cadres et responsables du RDC de l’époque,
véritables républicains et démocrates convaincus, œuvraient
inlassablement à l’édification d’une société juste, libre et ouverte,
fondée sur l’unité, la paix, l’égalité, la démocratie, la fraternité, le
travail, le progrès et la justice, indépendamment des origines raciales,
culturelles, linguistiques, philosophiques ou religieuse et ethniques
des sympathisants et des militants du Rassemblement Démocratique
Centrafricain. La compétence comme arme de lutte contre la pauvreté
dominait le débat au sein de la communauté Rdciste. Nombreux
intellectuels de notre pays ont servi le RDC et nonobstant quelques
crises internes, chaque cadre et responsable du RDC militait tout
d’abord pour sortir la RCA de son ensemble du marasme économique.
Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, le RDC était partout représenté dans
le pays : les fédérations, les sous-fédérations, les sections et les
cellules se mobilisaient autour des thèmes de la Fraternité, du Travail,
du Progrès afin de préserver l’unité dans notre pays. Les différents
secrétaires généraux qui se sont succédés à la tête du RDC étaient issus
de différentes ethnies qui composent le peuple la RCA. Nous pouvons
citer Jean Paul Ngoupandé, Daniel Langandi, Idris Salao, Laurent Gomina
Pampali, Joseph Mabingui, Pierre Sammy Mackfoy, Pierre Lakouetene,
Pascal Koyamene. Ceci démontre bien que le RDC est un parti qui
rassemble tous les centrafricains.
Aujourd’hui, nous constatons que le parti est entrain de traverser une
crise sans président. Après le décès du président fondateur, le parti se
trouve à un tournant majeur de son histoire.
Nous assistons tout d’abord à un retour de nombreux ex cadres du parti.
Ils avaient abandonner le navire en pleine tempête pour poursuivre des
ambitions personnelles. Ils reviennent aujourd’hui pour tenter de
prendre le contrôle du parti. Nous savons qu’ils font partie de
nombreuses personnalités véreuses, avides de gains faciles qui ne
soucient que de leur intérêt, je me demande à qui peut-on se fier ? Il
est vraiment regrettable de constater le retour de ces personnalités.
Ensuite, des jeunes loups qui essaient de profiter de la situation pour
se faire un nom. Ce qui en soit n’est pas une mauvaise chose.
Mais nous constatons tout simplement que pour certains, le sens de
l’honneur n’existe quasiment pas. « L’honneur, ce sentiment qui fait que
l’on veut conserver l’estime de soi même et des autres » est occulté par
une frange de la jeunesse du RDC. C’est ainsi que l’on assiste à des
déclarations honteuses, démagogiques et minables, qui tendent à
déstabilisées le parti. Outre leur arrogance, les jeunes petits hommes
verts, poussés par la volonté de servir l’adversaire dans le but de se
voir confiés la gestion d’un ministère, n’hésitent pas à prendre des
décisions suicidaires par rapport à la vie du parti. Des marionnettes ?
D’autres se lancent dans une campagne pour des primaires pour lesquelles
l’organe suprême du parti ne s’est par encore prononcé. Le congrès qui
devrait lancer les grandes orientations du parti ne s’est pas encore
réuni, et voilà que les vautours et les guignols se précipitent pour
jouer les troubles fêtes. Tout un chacun qui connaît l’histoire de ces
jeunes loups sait qu’ils veulent user de méthodes machiavéliques pour
s’accaparer du parti. On sait que l’engagement est à demi teinte et la
propension à retourner leur veste est impressionnante.
Enfin, le bureau national doit reprendre les choses. Il revient au
bureau national de recadrer tout le monde afin de redynamiser le parti.
Le bureau national a le devoir de préserver l’unité du parti, et d’avoir
le courage de dire non aux opportunistes de tout bord. Il doit veiller
sur des sujets stratégiques comme les élections à ce que le RDC puisse
avoir un discours unique et cohérent. Il doit rester très ferme sur ces
questions, imposer à ceux qui ont des intérêts personnels et égoïstes à
quitter le parti. Il doit être sans concession pour défendre l’intérêt
collectif du parti. Les cadres et les responsables du parti devront
faire un effort particulier, ce qui suppose de leur part une prise de
position intelligente et sage afin de garantir l’unité du parti et
redonner confiance et foi aux militants. Les déclarations intempestives
et courtisanes ne doivent pas être admises au sein du parti. Pour
réhabiliter la politique, le RDC a besoin des femmes et d’hommes libres,
compétents érudits et intelligents, des femmes et des hommes qui ont un
sens d’honneur et de dignité pour dévier tous les pièges que les
adversaires politiques n’hésiteront pas à dresser sur sa route. « Tout
pouvoir sans contrôle rend fou ».
Pour ce faire, priorité doit aujourd’hui être donnée à l’organisation du
congrès. L’organisation du congrès nécessite des moyens financiers et
doit donc mobiliser l’ensemble des militants. Nous devrons œuvrer pour
la mise en place d’un comité d’organisation du congrès. Ce congrès doit
se tenir le plus rapidement afin de fixer la ligne politique du parti au
moins jusqu’aux élections du mois de janvier 2011, ainsi que la
désignation d’un secrétaire national. La question de la participation du
RDC aux différentes élections de l’an prochain sera clairement débattue.
C’est pour cette raison, que nous souhaitions que tous les efforts
soient orientés vers l’organisation de ce congrès. Le RDC doit retrouver
une vraie capacité de mobilisation, un travail de sensibilisation auprès
de chaque militants doit être effectué. Chaque militant doit honorer ses
engagements financiers vis-à-vis du parti. C’est l’occasion de témoigner
notre soutien et notre reconnaissance au défunt président. Il est temps
que les militants participent activement à la vie du parti.
Pour ma part, le RDC doit participer aux élections du mois de janvier à
condition de désigner lors du congrès un homme ou une femme capable et
digne de revendiquer le grand idéal laissé par grand K, de construire et
d’imaginer un grand projet de société. Un homme ou une femme de
conviction, profondément sincère dans ses engagements pour mener le
combat. Un homme de dialogue capable de restaurer l’unité de notre pays
mis à mal par les régimes qui ont succédé au RDC. Un homme qui pourra
recueillir le plus grand consensus au-delà même de son parti.
Ensuite, il ne suffit pas d’avoir un candidat qui soit un homme d’Etat
ou une femme populaire pour rassembler le parti, le RDC a besoin aussi
d’un projet clair et cohérent pour aller aux élections. Être un grand
parti, c’est être capable de construire ensemble un projet de société
viable et en phase avec l’évolution de notre société et du monde. A ce
sujet, il est évident qu’à deux mois des élections, il sera très
difficile de bâtir un tel projet.
Néanmoins, les militants pourraient prendre la parole lors du congrès et
décider de présenter un candidat ou non aux élections présidentielles de
2011. Je propose toutefois un mini-projet axé sur une reforme l’unité de
notre peuple, la sécurité à l’intérieure et aux frontières de notre
pays, une reforme et une refonte générale de nos institutions,
l’éducation et la santé, la formation, la recherche et l’innovation.
Je souhaite que les uns et les autres mettent en veilleuse leurs
velléités présidentielles pour aider le parti à se reconstruire. L’enjeu
principal c’est la reconstruction de ce parti. C’est un parti qui appelé
à gouverner, donc un parti responsable, évitons pour des questions
d’ambitions personnelles ou pour des intérêts égoïstes, voir pire, pour
la distribution des portes feuilles ministériels, solliciter le vote des
militants en faveur d’un parti adverse. C’est totalement ubuesque et
farfelu. C’est l’organe suprême du parti qui doit décider de la ligne
politique ou de la conduite du parti ou des consignes de vote au moment
des élections. Être responsable, c’est aussi respecter son parti et es
consignes qui vont avec. Les linges sales se lavent en famille.
Dans l’épreuve, les cadres, militants et sympathisants doivent démontrer
qu’ils sont capables de se redresser, de faire face au fatalisme, au
cynisme, à l’indifférence et se laisser convaincre que l’idéal proposé
par le général est toujours d’actualité.
Militantes et militants, de toutes conditions, de toutes origines et de
toutes ethnies, nous avons l’opportunité d’écrire ensemble et dans la
continuité, une nouvelle page de l’histoire du RDC. Rassemblons nos
efforts, unissons-nous pour proposer une politique noble et saine aux
centrafricains.
Ensemble, relevons l’esprit de solidarité, d’unité, de paix qui a
toujours caractérisé notre parti.
Adil Toumani
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