|
L'arbre à
palabre
Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
LAURENT GBAGBO VS FRANÇOIS BOZIZÉ : DEUX POIDS, DEUX MESURES DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE ?
Par le
Pr. Begong Bodoli
BETINA
Comme il est
troublant de constater que les réactions de la Communauté
Internationale, en matière de l’inobservance des règles électorales,
sont proportionnelles au degré de l’insoumission ou de la soumission du
protagoniste à cette Communauté Internationale !
Comme il est choquant de constater que la Communauté Internationale peut
être excessivement regardante sur l’observance du processus et des
opérations électoraux, lorsque le protagoniste est un insoumis à l’ordre
néolibéral, et cruellement malvoyant lorsque celui-ci est un soumis à ce
même ordre néolibéral !
Comme il est décontenançant de constater que les cris d’un peuple dirigé
par un pouvoir insoumis à l’ordre néolibéral sont hyperboliquement
audibles par la Communauté Internationale tandis que ceux d’un peuple
opprimé par un pouvoir soumis à cet ordre restent insolemment inaudibles
par cette Communauté Internationale !
Voilà bientôt trois mois (le 28 novembre 2010) que le deuxième tour de
l’élection présidentielle de Côte-d’Ivoire a eu lieu. A peine les
résultats donnés (le 06 décembre 2010), un déchaînement inouï de tirs
groupés de la Communauté Internationale s’est focalisé sur le candidat
Laurent Gbagbo, faisant de lui un pestiféré de la démocratie. D’aucuns
enjoignant même aux présidents africains de faire le « sale boulot» en
allant le « dégager » et lui lançant ultimatums sur ultimatums ! Et ce
déchaînement acharné n’a pas encore faibli…
Voici à peine un mois (le 23 janvier 2011) que des élections
législatives et présidentielle ont eu lieu en République centrafricaine.
Après les résultats provisoires donnés par la CEI ( le 28 janvier 2011),
donnant le candidat François Bozizé vainqueur dès le premier tour avec
plus de 66% des voix, la majorité de cette Communauté Internationale est
devenue subitement malvoyante, malentendante et surtout muette. Depuis
le 12 février 2011, la Cour constitutionnelle, haute instance
juridictionnelle de la République centrafricaine, vient de confirmer «
l’élection » du général François Bozizé dès le premier tour avec plus de
64% des voix. Et à l’heure où nous sommes en train de tracer ces lignes,
nous n’avons pas encore entendu s’élever une seule voix de la Communauté
Internationale ! La Communauté Internationale trouve normal que le
président de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I), le Révérend
Pasteur Joseph Binguimalet, soit un proche du candidat François Bozizé !
La Communauté Internationale trouve normal que le président de la Cour
constitutionnelle, monsieur Marcel Malonga, soit non seulement du même
village que le candidat François Bozizé, mais encore son frère ! Mais
pourquoi reproche-t-elle à monsieur Laurent Gbagbo d’avoir comme proche
monsieur Paul Yao N’Dré à la tête du Conseil constitutionnel ivoirien ?
Monsieur Laurent Gbagbo est-il moins élégant aux yeux de la Communauté
Internationale, parce qu’il porte des chemises en pagnes africains et
défend l’indépendance et la souveraineté de la Côte-d’Ivoire et François
Bozizé plus charmant, pour avoir troqué, depuis son coup d’Etat de mars
2003, son treillis de général contre le costume occidental et avoir fait
de l’indépendance et la souveraineté de la République centrafricaine les
derniers de ses soucis ?
Il y a des attitudes coupables par rapport à la démocratie. Et la
Communauté Internationale, Etats-Unis, France, en tête, l’ONU, l’UE,
ensuite, doivent veiller à ce que l’exigence de l’application des règles
de la démocratie soit aseptisée. La démocratie étant le pouvoir du
peuple par le peuple, la Communauté Internationale ne doit pas choisir
les dirigeants, au détriment des peuples, en fonction de leur belle
coiffe ou de leurs beaux costumes. Et, à travers ces lignes, nous
voulons simplement et humblement faire voir, à la Communauté
Internationale, ainsi qu’à tous les peuples opprimés de Côte-d’Ivoire,
de Centrafrique, d’Afrique et du monde ce comportement à deux vitesses.
Fallait-il attendre que Zine el Abedine Ben Ali soit poussé par le
peuple tunisien hors de la Tunisie avant de découvrir qu’il était
dictateur ? Fallait-il attendre qu’Hosni Moubarack soit déposé par le
peuple égyptien avant de reconnaître que son régime était dictatorial ?
Aujourd’hui, nous sommes dans
cette ère numérique où un simple SMS vaut autant, voire plus, que les
armes de destructions massives. Il ne faut pas attendre que le peuple
centrafricain pousse, les mains nues, le général François Bozizé hors du
quadrilatère centrafricain avant de venir lui manifester une hypocrite
sympathie. Comme ce fut le cas contre Laurent Gbagbo, c’est maintenant
que le peuple centrafricain veut que la Communauté Internationale fasse
savoir au général François Bozizé qu’il vient d’exécuter son énième coup
d’Etat. Que ceux qui ont dit sans état d’âme « Gbagbo dégage ! » disent
aujourd’hui sans nuance « Bozizé dégage ! » au général de Centrafrique.
Sans cela, le peuple centrafricain considèrera qu’entre le peuple
ivoirien et le peuple centrafricain, mais surtout, entre le candidat
Laurent Gbagbo et le candidat François Bozizé la Communauté
Internationale a pratiqué le DEUX POIDS, DEUX MESURES. Voyons comment :
RETROSPECTIVES
1) Laurent Gbagbo arrive au pouvoir en 2000 à la suite d’une élection
présidentielle démocratique, alors que le général Bozizé y arrive en
2003 à la suite d’un coup d’État contre un pouvoir démocratiquement élu,
avec la bienveillance de l’ancienne puissance coloniale qui, au lieu
d’intervenir directement comme elle l’avait fait en 1979 contre
l’empereur Bokassa, utilise une puissance étrangère voisine, à qui elle
fait sous-traiter cette sale besogne, en mettant à la disposition du
général putschiste hommes et armes. Auparavant, tous les préparatifs
avaient été faits à Gonesse (Val-d’Oise). Dans sa première déclaration,
le général Bozizé promet de « nettoyer la maison » et de ne pas se
présenter à l’élection présidentielle qui suivra la transition. Il ne
tiendra pas sa parole d’officier !
2) Laurent Gbagbo connaît une courte période de paix (2000-2002). Il en
est de même pour François Bozizé (2003-2005).
3) En 2002 une tentative de coup d’État faillit emporter Laurent Gbagbo.
En 2005, le général Bozizé organise l’élection présidentielle qu’il «
gagne », grâce à la bénédiction de la Communauté Internationale qui ne
lui tient pas rigueur de n’avoir pas tenu parole.
4) Suite au coup d’État manqué contre Laurent Gbagbo, les auteurs
s’organisent en rébellion. Suite à la parole non tenue et aux multiples
fraudes notées lors de l’élection présidentielle de 2005, les compagnons
d’armes du général Bozizé l’abandonnent et se transforment en groupes
rebelles.
5) Des négociations s’engagent entre les rebelles ivoiriens et Laurent
Gbagbo, donnant lieu à une série d’Accords : 1) Accord de Marcoussis
(France, 2003) ; 2) Accords de Prétoria (Afrique du sud, 2005) ; Accord
de Ouagadougou (Burkina Faso, 2007). Les rapports de force sont tels
entre les rebelles et leurs « tuteurs » d’un côté, et Laurent Gbagbo de
l’autre, que celui-ci en sort affaibli. Du reste, le Président Gbagbo
n’a pas manqué de déclarer publiquement que l’ancien Président français,
Jacques Chirac, l’empêchait de dormir. Côté centrafricain, des
négociations s’engagent également entre François Bozizé, l’opposition
démocratique réunie au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN)
et les rebelles. Elles débouchent sur les Accords de Libreville (Gabon,
2006) et l’organisation du Dialogue Politique Inclusif (DPI) en 2008 à
Bangui. Fort de ses soutiens, le général François Bozizé torpille non
seulement tous les Accords, mais également toutes les résolutions issues du DPI qui avaient pourtant un caractère contraignant. D’ailleurs,
comment pouvait-il en être autrement lorsque le même Jacques Chirac
ainsi que son successeur, Nicolas Sarkozy, sentant vaciller le siège de
leur protégé face à l’avancée des rebelles qui se trouvaient à une
centaine de kilomètres de la capitale, Bangui, n’ont pas hésité à
envoyer les légionnaires basés au Gabon et au Tchad les bombarder,
semant des morts innombrables parmi la population civile ? Suite à cette
intervention militaire directe française, le général Bozizé sort
naturellement renforcé. Il n’est donc pas surprenant qu’il transforme le
ballon d’essai en un ballon de compétition. Ce qui arriva…
DES PROCESSUS ELECTORAUX
Le contexte dans lequel nous écrivons ces lignes ne nous permet pas
d’établir de manière exhaustive les processus électoraux dans les deux
pays : la Côte-d’Ivoire et la République centrafricaine. Mais qu’il nous
soit permis de relever certains points décisifs qui nous ont conduits
aux résultats catastrophiques que nous connaissons.
a) CÔTE-D’IVOIRE :
A priori, hormis un certain retard, le processus électoral a été observé
de manière généralement consensuelle et rigoureuse. Entre autres aspects
on peut noter : les audiences foraines, le recensement de la population,
le fichier électoral, les cartes d’identité nationale, la Commission
Électorale Indépendante (CEI), les cartes d’électeurs, etc. Tout semble
avoir marché de manière équitable. Au point que, même les deux instances
fondamentales dudit processus (la CEI et le Conseil constitutionnel) ont
eu respectivement un président répondant à la coloration politique de
chaque camp. Mieux, la CEI est majoritairement de l’opposition (sur les
31 membres qui la composent, 20 sont de l’opposition et seulement 11 du
pouvoir). Enfin, un hic dans ce processus électoral, sur lequel la
Communauté Internationale a fermé les yeux, et devant lequel le camp
Gbagbo a été peut-être impuissant : le désarmement des rebelles et la
réunification du pays. Et, de notre point de vue, c’est ce dernier hic qui a précipité toute l’organisation électorale dans le
précipice. S’il n’y avait pas les exactions des rebelles dénoncées par
le camp Gbagbo dans les zones nord, lesquelles avaient entraîné
l’introduction d’un recours auprès du Conseil constitutionnel causant
l’annulation du scrutin par celui-ci dans cette partie, les résultats
auraient été moins objets à contestations.
b) CENTRAFRIQUE
Le processus électoral démarre dès le départ de façon chaotique. Et
pourtant, au sortir du Dialogue Politique Inclusif (DPI), un Comité de
Suivi des recommandations du DPI fut mis sur pied afin de gérer de
manière consensuelle les différends. En vain. Le président de la
Commission Électorale Indépendante (CEI) à peine créée, le pasteur
Joseph Binguimalet, montre les couleurs. L’opposition réunie au sein du
Collectif des Forces du Changement (CFC) suspend dès le 13 janvier 2010
« sa participation aux travaux de la CEI pour protester contre la
partialité de son président Joseph Binguimalet, la violation du code
électoral relativement aux quotas et à la composition des différentes
entités, à la mise en place frauduleuse des Comités locaux et l’opacité
dans la gestion des finances de la CEI». Dès lors, le ton étant donné et
la détermination du pasteur Binguimalet ne faiblissant pas, le
fonctionnement de la CEI était vicié. Par exemple, où a-t-on vu un
président de la CEI destituer son vice-président parce que sa tête ne
lui plaisait pas, alors que celui-ci était le représentant d’une entité
politique? Il s’en suivra une série de violations du Code électoral sur
toute la ligne : 1- listes électorales manuscrites, alors qu’elles
devaient être informatisées ; 2- cartes d’électeurs, même chose ; 3-
bulletins de vote, fabriqués en dehors de la CEI ; 4- urnes prêtées par
un pays africain, dont la gestion est exclusivement assurée par la garde
présidentielle, échappant en grande partie au contrôle de la CEI. Pire
encore, les listes électorales sont affichées la veille du scrutin !
Certains électeurs n’ont pu retrouver leur nom que le jour même du
scrutin, rendant ainsi toute lisibilité et toute contestation ou
correction impossibles. Le boulevard pour des fraudes massives était
tracé ! Il est à noter que contrairement au consensus qui a prévalu dans
le processus électoral ivoirien, en Centrafrique, tout s’est fait de
manière unilatérale par le tandem Bozizé-Binguimalet, au grand désarroi
de l’opposition, y compris de l’opposition armée.
DES SCRUTINS
Les scrutins se sont déroulés dans les deux pays dans presque les mêmes
conditions. On peut même affirmer que la régularité du scrutin en
Côte-d’Ivoire a été plus plausible dans les zones pacifiées, étant donné
qu’on n’a pas noté de façon ostentatoire l’implication de
l’administration et des forces de défense et de sécurité en faveur d’un
candidat. N’eût été l’interférence des rebelles dans les zones qu’ils
contrôlent source de litiges aujourd’hui, les élections en Côte-d’Ivoire
auraient été exemplaires. Il est important de retenir dès à présent que
c’est parce qu’il y a eu irruption des rebelles dans les opérations de
vote dans certains départements du nord que les votes dans lesdits
départements ont été annulés par le Conseil constitutionnel.
Cependant, en Centrafrique, c’est l’administration et les forces de
défense et de sécurité qui ont organisé le chaos au profit du candidat
François Bozizé. Énumérons juste quelques cas pour étayer nos propos :
1- de nombreuses omissions sur les listes électorales ; 2-absences de
listes électorales et utilisation de cahiers d’écoliers ; 3- absence de
procès-verbaux dans les bureaux de vote ; 4- bureaux de vote parallèles
ou fictifs installés aux domiciles de certains candidats ; 5- plusieurs
bureaux de vote portant le même nom sur la liste officielle ; 6-
représentants des candidats de l’opposition chassés des bureaux de vote
et centres de dépouillement par des militaires ; 7- annulations de
centres de vote jugés favorables aux candidats de l’opposition, etc.,
etc. La liste est longue.
Au vu des irrégularités susmentionnées (qui ne sont pas exhaustives) il
est clair que le terrain était préparé pour des fraudes grossières et
des résultats qui, pour qui connaît la géographie électorale de la
République centrafricaine, sont ridicules en tous points de vue. En
effet, sur les 16 préfectures que compte la RCA, plus les
arrondissements de Bangui et le vote des Centrafricains de l’extérieur,
le candidat Bozizé sort premier dans 14 préfectures, plus Bangui et
l’extérieur, soit 16 sur 18 départements électoraux ! A part deux
préfectures ayant été concédées à l’ancien président Ange Félix Patassé,
tous les autres candidats se sont vu relégués aux oubliettes comme s’ils
sortaient de nulle part. La soif de la fraude était si grande chez le
candidat Bozizé et ceux qui l’ont exécutée sur le terrain qu’ils se sont
rendus volontairement inintelligents. En effet, comme l’a révélé RFI,
qu’il est difficile de soupçonner de connivence avec les candidats de
l’opposition, dans!
sa livraison du samedi 05 février 2011 « Sur les 4 618 bureaux de vote
installés à travers tout le pays, la Commission électorale indique dans
son tableau récapitulatif avoir compilé les résultats de 3 356 bureaux.
1 262 bureaux de vote n’ont donc pas été comptabilisés, ce qui peut
représenter entre 400 et 500 000 voix ». De son côté, dans son
communiqué du 25 janvier 2011, la mission d’observation de la
Francophonie relève : « Le processus électoral a cependant été émaillé
de difficultés et dysfonctionnements de tous ordres […] La mission a
ainsi noté que la confection et l’affichage des listes électorales,
l’établissement ainsi que la délivrance des cartes d’électeur ont
constitué la source majeure des dysfonctionnements techniques relevés
lors du déroulement des scrutins du 23 janvier 2011 ». Il est à noter
que l’ONU et l’UE n’auraient pas envoyé d’observateurs, comme si elles
savaient les carottes de la fraude cuites et qu’elles ne trouvaient pas
nécessaire de se mettre dans une situation embarrassante comme en
Côte-d’Ivoire. Et si la représentante de l’UE a fait une déclaration
alambiquée relative à ces élections, du côté de l’ONU on constate que
les bouches sont restées cousues depuis la proclamation des résultats
provisoires, puis des résultats définitifs, ce qui équivaut à encourager
Bozizé dans l’exécution de sa basse besogne.
QUESTIONS :
1) Au regard de tout ce qui précède, est-il décent de la part de la
Communauté Internationale de faire de Laurent Gbagbo un démon et de
François Bozizé un ange de la démocratie ?
2) Cela fera bientôt un mois que les résultats provisoires à la
soviétique ont été donnés, donnant Bozizé gagnant au premier tour :
qu’attend cette Communauté Internationale pour établir l’équilibre et
l’équité en demandant à Bozizé de « dégager » et en demandant à la
Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) d’aller
le déloger ?
3) Est-ce normal que la Communauté Internationale n’applique les règles
et l’éthique de la démocratie qu’à l’aune des intérêts inavoués ?
CONCLUSION
Il apparaît nettement dans l’étude comparée que nous venons de faire des
deux élections (Côte-d’Ivoire et Centrafrique) que les cheminements sont
semblables, même s’ils sont opposés : d’un côté, des rebelles oints par
la Communauté Internationale et un président démocratiquement élu mais
vomi par cette Communauté Internationale ; de l’autre, un général
ex-rebelle versatile oint par la Communauté Internationale et une
opposition démocratique abandonnée par cette même Communauté
Internationale.
Il apparaît aussi nettement dans l’examen des deux cas que les peuples
d’Afrique, voire du monde, doivent prendre leur destin en mains et ne
pas compter sur la Communauté Internationale ; que chaque fois que la
Communauté Internationale soutient une partie dans un conflit, ce
soutien est louche ; il contient les germes d’une aliénation des
dirigeants au détriment des peuples.
Il apparaît enfin nettement que comme il est impossible que la
Communauté Internationale soit aveugle, sourde ou muette dans sa
totalité, il y a forcément deux poids, deux mesures. Que le fait qu’il y
ait haro de la Communauté Internationale sur Laurent Gbagbo et
acclamation de François Bozizé de la part de cette même Communauté
Internationale est injuste, inéquitable et choquant.
Il ne faut pas que ce qui s’est passé en Palestine avec la victoire non
acceptée du HAMAS se répète en Côte-d’Ivoire ou en Centrafrique.
Pour tous ces motifs, et pour que chacun gagne ou perde dans la dignité,
la justice et l’équité, nous recommandons la reprise de tous les
processus électoraux en Côte-d’Ivoire et en Centrafrique. Dans tout le
processus électoral ivoirien, Laurent Gbagbo a été floué. Il a été
minorisé et contraint à accepter l’inacceptable : pourquoi la Communauté
Internationale ne s’est pas donné la peine de désarmer les rebelles,
point essentiel des accords, et source des contestations électorales
d’aujourd’hui ? De même, dans tout le processus électoral centrafricain,
l’opposition a été flouée : aucun accord n’a été respecté par Bozizé. Ni
même les résolutions du Dialogue politique Inclusif (DPI). Par
conséquent, nous considérons que François Bozizé devient une épine aux
pieds de la Communauté Internationale. Les cas Gbagbo et Bozizé
deviennent de fait des cas d’école. Une pédagogie n’est valable que
lorsqu’elle est appliquée de manière indifférente, partout. Par
conséquent, il devient outrageusement indécent, voire écoeurant, de s’acharner sur Laurent Gbagbo
: plus de DEUX POIDS, DEUX MESURES, s’il vous plaît !
Saint-Louis, le 20 août 2011
Pr. Bégong-Bodoli BETINA
Écrivain/ Maître de Conférences
Université Gaston Berger
Saint-Louis, Sénégal
Réactions à cette tribune
Réagir à
cette tribune : (si votre
message est long, rédigez le avec word, notepad, wordpad,... puis faites
un copier/coller ou adressez-le en pièce jointe à
webmaster@sozowala.com )
©
sozowala.com. droits réservés.
|